«La LNH, c'était un rêve d'enfance, mais je m'étais fait dire assez souvent que c'était impossible», de dire Alex Burrows.

Parti de très loin

Quand il a endossé son chandail numéro 14 aux couleurs des Sénateurs d'Ottawa pour la première fois jeudi soir, Alexandre Burrows est certes devenu le premier joueur de l'histoire de l'équipe à le faire en ayant joué au niveau bantam A pendant son hockey mineur.
L'attaquant acquis des Canucks de Vancouver a eu un parcours assez particulier chez les professionnels, il en a été question cette semaine avec son ancien entraîneur dans la Ligue américaine, Alain Vigneault, qui l'a dirigé à sa sortie de la ligue East Coast.
Mais Burrows est parti d'encore bien plus loin pour atteindre la LNH et réaliser son rêve de « p'tit gars » qu'il pensait bien devoir abandonner quand il était au milieu de l'adolescence et qu'il mesurait environ 5' 8'' et pesait peut-être 150 livres tout mouillé.
« À 17 ans, je jouais au hockey midget AA avec mes chums et les études étaient importantes pour moi. La LNH, c'était un rêve d'enfance, mais je m'étais fait dire assez souvent que c'était impossible, alors je pratiquais beaucoup d'autres sports. Je jouais beaucoup au tennis, au soccer, puis au hockey... Avant ça, j'avais joué bantam A parce que je faisais du tennis de compétition à longueur d'année, jouant à l'intérieur. Je suis le plus grand fan de tennis. Mais à 17 ans, j'ai eu une pas pire saison midget AA et j'ai été repêché en septième ronde du junior AAA par les Condors de La Prairie. Je suis allé à leur camp en pensant que je ne ferais pas l'équipe, mais je l'ai finalement faite. L'équipe a déménagé à Kahnawake en cours de saison », s'est-il remémoré en entrevue avec Le Droit jeudi matin.
Le hockeyeur de 35 ans originaire de Pincourt, près de Vaudreuil-Dorion, n'a donc jamais joué au hockey midget AAA, comme la plupart des joueurs québécois évoluant dans le circuit Bettman. 
« Les clubs midget AAA ne regardent pas les joueurs du bantam A. De toute façon, dans ce temps-là, il aurait probablement fallu que j'aille jouer ailleurs et ça ne m'intéressait pas vraiment. Je ne pense pas que j'étais assez bon non plus. J'étais encore petit aussi, et dans le hockey mineur comme dans la LNH dans ce temps-là, les clubs cherchaient à développer les habiletés des gros joueurs, pas à prendre les petits et les développer dans le gymnase », a dit Burrows, qui aurait alors pu aboutir avec l'Intrépide de Gatineau, qui avait certains droits sur les hockeyeurs de la région de Châteauguay à l'époque.
C'est après sa bonne saison à Kahnawake (24 buts, 49 points et 223 minutes de punition en 53 parties) qu'il a été invité au camp des Cataractes de Shawinigan pour la saison de ses 19 ans. Burrows pense qu'il faisait environ 5' 10'' et 170 livres à ses débuts dans la LHJMQ, lui qui fait maintenant 6' 1'' et près de 200 livres.
« Quand je suis arrivé dans le junior majeur à 19 ans, c'était la première fois de ma vie que j'avais la chance de patiner tous les jours, avec des bonnes pratiques. Avant ça, c'était juste deux fois par semaine et je jouais dans la rue avec mes 'chums' le reste du temps. Je me suis développé vraiment sur le tard, et j'ai appris à jouer de la bonne manière une fois rendu à Shawinigan. Un système de jeu, je n'avais aucune idée de ce que c'était avant ça », a-t-il relaté.
Joueur intelligent
Son nouvel entraîneur Guy Boucher a justement souligné jeudi que Burrows, qu'il a inséré sur un trio avec Derick Brassard et Mark Stone pour amorcer son premier match, était un joueur « très intelligent, qui a connu plusieurs systèmes de jeu au courant de sa carrière et qui assimile ça très facilement ».
Burrows et les autres nouveaux venus ont eu droit à un cours accéléré de Boucher et ses adjoints concernant le système de jeu à leur arrivée dans la capitale. 
« J'ai eu quatre réunions (jeudi), c'est beaucoup d'informations à assimiler, mais par contre, ce n'est pas comme si je sortais du junior, j'ai vu souvent des systèmes de jeu semblables avec certaines modifications. Pour moi, c'est d'apprendre le système le plus rapidement possible et d'essayer d'avoir des réactions en une demi-seconde pour bien m'intégrer au groupe », a-t-il dit.
Les Sénateurs en bref
Jokipakka sera prêt
Acquis dans l'échange qui a envoyé Curtis Lazar à Calgary, Jyrki Jokipakka était à l'entraînement matinal des Sénateurs, formant une quatrième paire de défenseurs avec Fredrik Claesson. Guy Boucher a dit qu'il va avoir besoin de temps pour s'acclimater et qu'il ne sait pas quand il va l'utiliser étant donné que ses six premiers défenseurs sont bien identifiés.
«On m'a juste dit d'être prêt pour jouer en tout temps, de travailler fort lors des entraînements pour être prêt quand on va avoir besoin de moi... Je suis un défenseur à caractère défensif, je m'occupe de ma zone d'abord», a dit le nouveau venu, qui portera le numéro 23 endossé pour la dernière fois par Scott Gomez la saison dernière.
L'entraîneur-chef des Flames Glen Gulutzan a annoncé à Calgary jeudi que Lazar ne jouera pas le prochain match de sa nouvelle équipe, vendredi contre Detroit, le club voulant rebâtir sa confiance avant de le lancer dans la mêlée.
Turris blessé
Au cours de son point de presse après l'exercice matinal des Sénateurs jeudi, l'entraîneur-chef Guy Boucher a fait une confidence rarement entendue par un entraîneur dans la LNH : le centre Kyle Turris est présentement blessé à un doigt.
«Zack Smith devait jouer avec Brass (Derick Brassard) et (Mark) Stone, mais il va plutôt jouer avec Kyle parce qu'il ne peut pas prendre de mises au jeu», a-t-il avoué bien candidement. Alex Burrows a donc hérité de la place de choix aux côtés de Brassard et Stone, ce qui a repoussé la recrue Ryan Dzingel sur le troisième trio avec Jean-Gabriel Pageau et Tom Pyatt.
«Ce sont trois excellents patineurs, trois abeilles qui sont premiers sur la rondelle, ça devrait faire une bonne ligne», estimait Boucher.