Depuis le retour de Jean-Gabriel Pageau (44), le taux d’efficacité en infériorité numérique des Sénateurs a grimpé significativement.

Pageau, l’ingrédient secret du désavantage numérique ?

Dans les 12 derniers matches, les Sénateurs ont été obligés de se défendre à court d’un homme à 24 occasions. Ils ont alloué seulement trois buts.

Vingt-et-une réussites en 24 tentatives. Selon un calcul savant, ça leur confère un taux de succès de 87,5 %.

L’équipe qui domine la LNH depuis le début de la saison, les Coyotes de l’Arizona, se situe à 84,8 %.

Depuis 12 matches, ça va très bien.

Jean-Gabriel Pageau a joué 12 matches, jusqu’ici, cette saison.

Il n’y a pas de hasards.

Les Sénateurs n’ont pas commencé à s’améliorer en infériorité numérique lorsque le centre gatinois est revenu au jeu, le 6 janvier.

« Les choses ont commencé à s’améliorer le 14 novembre dernier, affirme Guy Boucher. Ce jour-là, nous avons changé notre façon de travailler. Nous n’avons pas eu le choix de nous adapter, parce que nous avons compris que nos défenseurs n’étaient pas capables de remplir les missions qui leur étaient confiées en début d’année. »

Sans se perdre dans les détails, Boucher ajoute que les Sénateurs essayaient d’imiter les Coyotes, cet automne. « Le concept n’était donc pas mauvais, puisqu’ils dominent la ligue. Nous n’avions tout simplement pas les bons joueurs. Quand nous avons fini par comprendre que notre brigade défensive n’était pas prête pour cela, nous avons apporté les modifications qui étaient nécessaires. »

Si on ne considère que les matches présentés depuis le 14 novembre, les Sénateurs présentent le septième meilleur taux d’efficacité de toute la LNH, selon leur entraîneur.

Un spécialiste

Boucher reconnaît cependant la valeur de Pageau.

« Encore une fois, c’est une question d’effectifs. Quand on peut ajouter à notre formation un spécialiste, un gars qui excelle dans une situation particulière, ça ne peut qu’aider. »

« L’ajout de Pageau nous aide à cinq contre cinq, aussi. Un gars comme Mark Stone a plus d’énergie à dépenser à forces égales, quand nous ne sommes pas obligés de le surtaxer lors des unités spéciales. »

Pageau a mis un terme à une séquence de 10 parties sans point, plus tôt cette semaine. Il a récolté deux points, mercredi, dans le revers contre les Maple Leafs de Toronto.

Son trio n’a pas produit, jeudi. Il a quand même généré quelques belles occasions en zone d’attaque contre les Ducks.

Boucher a choisi de réunir un trio qui avait connu un certain succès, l’an dernier. Avec Zack Smith et Magnus Pääjarvi, Pageau s’est vite retrouvé dans une zone de confort.

« J’ai toujours pensé qu’il fallait d’abord se préoccuper de sa défensive, dit-il. Les joueurs qui se comportent bien, défensivement, finissent presque tout le temps par obtenir de belles opportunités à l’attaque. Ma priorité ne change jamais. Pour moi, la défensive passe avant tout. Mon trio a fait preuve de patience. Ça commence à rapporter. »

Le polyvalent centre refuse de s’enfler la tête avec le succès remporté dans les unités spéciales. « Le meilleur joueur de n’importe quelle équipe, en infériorité numérique, c’est le gardien. Il faut donner à nos gardiens ce qui leur revient », dit-il.

Le succès en infériorité numérique, cependant...

« C’est capital ! Ça vous casse les jambes, quand l’attaque massive adverse marque un but une fois sur deux... »

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JEAN-CHRISTOPHE BEAUDIN CROIT QU'IL PEUT PRODUIRE AU PLUS HAUT NIVEAU

« Il se passe beaucoup de choses dans ma tête, en ce moment », reconnaît, d’entrée de jeu, Jean-Christophe Beaudin.

Le nouvel espoir québécois des Sénateurs a vécu une semaine mouvementée. Il a d’abord été impliqué dans la première transaction de sa jeune carrière. L’Avalanche du Colorado l’a sacrifié dans le but de mettre la main sur le vétéran des ligues mineures Max McCormick.

« On m’a téléphoné mardi soir pour m’apprendre que j’étais échangé. Je devais prendre l’avion le lendemain matin, à cinq heures. J’ai été obligé de ramasser mes affaires en soirée, sans avoir la chance de saluer les gars à l’aréna. »

À défaut de pouvoir saluer ses amis du Colorado, Beaudin a pu revoir ses proches du Québec. Il a joué son premier match avec les Senators de Belleville sur la patinoire de la Place Bell, vendredi soir. 

Son ancienne équipe, les Eagles, évoluait dans l’Association Ouest de la Ligue américaine. Elle ne devait pas passer par Laval, cette saison. « C’est cool d’avoir cette opportunité de revoir mes proches », reconnaît le jeune homme qui a grandi sur la Rive-Sud de Montréal, à Saint-Bruno-de-Montarville. « Ce sera cool d’avoir une belle opportunité à Belleville », ajoute-t-il.

Dans la LHJMQ, avec les Huskies de Rouyn-Noranda, Beaudin a connu deux saisons de 30 buts et 80 points. Il n’est pas nécessairement facile de produire au même niveaux chez les pros. Beaudin a brillé dans la Ligue East Coast où il a produit à un rythme de près d’un point par match. 

Dans la Ligue américaine, en tant qu’espoir de l’Avalanche, il a inscrit huit buts en 76 rencontres.

« Je veux retrouver la game que j’avais dans le junior, dit-il. Je veux reproduire ça dans le pro. Je sais que je peux continuer de produire, offensivement, tout en étant responsable défensivement. Je joue au centre, je suis conscient de mes responsabilités. Je peux être efficace dans les trois zones », de compléter celui qui pivotait le troisième trio des B-Sens, face au Rocket.