Jean-Gabriel Pageau a subi une déchirure du tendon d’Achille de la jambe droite au premier jour du camp d’entraînement. Sa convalescence a duré quatre mois et trois semaines.

Pageau: «Les pires moments de ma carrière»

Jean-Gabriel Pageau a déjà fait preuve de persévérance, au début de sa carrière, quand il a passé trois années à faire la navette entre Ottawa et Binghamton avant d’enfin trouver sa place dans la Ligue nationale de hockey.

Ce n’était rien, semble-t-il.

Le centre gatinois a trouvé bien plus longs les quatre mois loin de la patinoire, cet automne.

« Je pense que j’ai vécu les pires moments de toute ma carrière », a-t-il lancé d’emblée au représentant du Droit, cette semaine.

Il venait d’apprendre qu’il sera le représentant des Sénateurs au scrutin du trophée Bill-Masterton.

Ce trophée, on le sait, est remis annuellement à un joueur de la LNH qui a fait preuve de persévérance.

Pageau a été choisi par les journalistes d’Ottawa qui sont membres de la Professional Hockey Writers Association.

On connaît bien l’histoire. Au premier jour du camp d’entraînement, alors qu’il se soumettait aux tests mesurant sa condition physique, Pageau a subi une déchirure du tendon d’Achille de la jambe droite.

Quand on lui a dit qu’il devrait rater plusieurs mois de travail, il a fait ce que les joueurs de hockey normalement constitués font toujours. Il a gardé la tête haute et il a juré qu’il allait se retrousser les manches dans le but de revenir plus fort.

C’était un peu de la frime.

Jean-Gabriel Pageau a subi une déchirure du tendon d’Achille de la jambe droite au premier jour du camp d’entraînement. Sa convalescence a duré quatre mois et trois semaines.

« Les premières journées ont été les pires, raconte-t-il aujourd’hui. La première semaine a été particulièrement éprouvante, mentalement. J’ai trouvé ça dur, quand j’ai vraiment compris que je ne pourrais pas entreprendre la saison avec le reste de l’équipe. »

« Certains matins, je n’avais pas vraiment envie de sortir du lit. Les progrès tardaient à se manifester. Une chance que j’étais entouré de gens positifs qui me poussaient dans le derrière, à ce moment-là. »

Vérification faite, Pageau a effectivement eu besoin de son entourage pour se mettre en marche.

« J’avais le cœur brisé pour lui au début de l’année », dit son grand ami Cody Ceci.

« C’était terrible pour tout le monde », dit pour sa part l’entraîneur-chef intérimaire Marc Crawford.

« Je me souviens de l’expression dans le visage de Guy Boucher quand la nouvelle est tombée. Nous formions déjà une équipe fragile. Le fait de perdre un joueur de l’importance de Jean-Gabriel, en plus... C’était terrible. »

Pageau remercie les membres l’équipe médicale des Sénateurs, qui l’ont aidé à se remettre sur pied en quatre mois. Il remercie son épouse pour le soutien durant les moments où il avait le moral dans les talons.

Tout cet épisode est derrière lui, maintenant.

Comme Krupp

« Je me souviens d’un seul autre joueur, dans toute ma carrière, qui a réussi à se remettre aussi rapidement d’une blessure comme celle-là, raconte Crawford. En 1995, dans le premier match de notre saison au Colorado, Uwe Krupp a subi une déchirure d’un tendon d’Achille. Il est revenu au jeu avec six matches à jouer à la saison régulière. Il a été le meilleur défenseur de l’Avalanche durant les séries où nous avons éventuellement remporté la coupe Stanley. »

« Il faut rendre hommage à Jean-Gabriel. La charge de travail était colossale. Il n’a pas reculé. Il n’a pas raté son retour au jeu », ajoute-t-il, au sujet du joueur qui a inscrit 10 points en 33 parties.

Les journalistes d’Ottawa ont aussi considéré les candidatures de Zack Smith et d’Anders Nilsson.