Jean-Gabriel Pageau est le «guerrier ultime» de Guy Boucher.

Pageau fait presque oublier Turris

DENVER - Quand Kyle Turris est sur le carreau, on dirait que Jean-Gabriel Pageau est toujours prêt à combler son absence.
Le centre gatinois des Sénateurs d'Ottawa l'a encore montré jeudi soir à Glendale alors qu'il a marqué un but pour un troisième match consécutif, en plus d'amasser une passe sur le but égalisateur d'Erik Karlsson. Lui et son fidèle partenaire Tom Pyatt ont aussi amorcé la prolongation à trois contre trois contre les Coyotes et ils étaient donc sur la patinoire avec le capitaine quand il a marqué le but décisif du gain de 3-2 des visiteurs contre les Coyotes de l'Arizona.
« On fait face à beaucoup d'adversité présentement avec tous nos blessés, mais on en a eu toute l'année. On sait ce qu'on a à faire pour compenser. Présentement, on a un bon momentum. Ça va bien pour ma ligne, mais aussi pour toute l'équipe, on pousse dans la bonne direction pour aller chercher les deux points chaque soir », a raconté Pageau après le match à Glendale, deuxième de suite raté par Turris en raison d'une blessure à un doigt.
Pageau, on s'en souviendra, avait hérité du rôle de premier centre de Turris en deuxième moitié de saison l'an passé, pivotant un trio très productif entre Zack Smith et Mark Stone. Il avait terminé la campagne avec 19 buts - dont 7 en désavantage numérique - et 24 passes pour 43 points, autant de sommets personnels.
Cette saison, il est rendu à 9 buts (aucun en DN) et 17 passes pour 26 points. Son différentiel de plus-10 est encore excellent, alors qu'il avait fini à plus-17 l'an passé.
« C'est toujours le fun de contribuer en attaque, mais ce n'est pas mon rôle principal. Quand tu as un rôle défensif et que tu le remplis bien, ça peut mener à des chances en attaque. J'ai eu de l'aide sur des mises au jeu et les défenseurs ont bien déplacé la rondelle pour obtenir un bon tir et je n'ai eu qu'à sauter sur le retour (pour son but jeudi) », dit celui qui gagne en plus 55,46 % de ses mises au jeu, une amélioration de plus de 3 % par rapport à la saison 2015-2016.
Marque de confiance
Avec Pyatt et Mike Hoffman sur l'autre aile de ce temps-ci, son rôle principal est d'affronter les meilleurs trios adverses, soir après soir. Dans le cadre de cette mission, l'entraîneur-chef Guy Boucher lui demande la plupart du temps de commencer les parties, autant à domicile - quand il peut effectuer le choix de ses éléments partants en dernier - qu'à l'étranger.
« C'est toujours le fun de commencer des matches. Je ne sais pas si c'est une superstition de l'entraîneur vu qu'on gagne des matches récemment en faisant ça. Il pourrait commencer n'importe quelle ligne, on a tous la même volonté d'aller chercher un gros premier shift. Je prends ça comme une belle marque de confiance qu'il me mette en premier comme ça match après match, on ne veut pas le décevoir », a confié Pageau, qui a commencé quatre des cinq matches de la série de victoires des siens (le trio de Derick Brassard avait commencé le match contre l'Avalanche la semaine dernière).
Vérification faîte auprès de Boucher, ce n'est aucunement une question de superstition.
« C'est tout le temps lui qui joue contre la première ligne de l'adversaire et sur la route, j'espère qu'il (l'entraîneur adverse) fasse commencer son premier trio. Je le vois tout de suite s'il veut matcher. S'il met sa première quand je le mets (Pageau) en partant, c'est parfait. S'il ne la met pas, c'est parce qu'il sait que je veux (le trio de Pageau) contre celui-ci et là, j'essaie de changer mes lignes après », a-t-il expliqué.
« Guerrier ultime »
Boucher a mentionné à plusieurs reprises au fil de la saison à quel point son petit centre qui a un nouveau point de suture près de la bouche l'impressionne. Il en a remis après le match de jeudi contre les Coyotes.
« Pageau, c'est le guerrier ultime. Il fait tout pour nous. Dans un match où on avait plusieurs gars qui n'avaient pas de jambes, il en avait plein. Il paie le prix pour aller au filet sur nos deux buts (en temps réglementaire), il bloque des tirs en désavantage numérique. Un gars de sa taille qui fait tout ça au niveau de la LNH, c'est hallucinant. Mais on a plusieurs gars comme lui dans notre équipe qui sont devenus des experts dans certaines phases du jeu et ils s'inspirent les uns les autres. Il est un de ces gars-là », affirme Boucher.
Karlsson, encore lui
 
Erik Karlsson
En comptant le but gagnant en prolongation du gain de 3-2 des Sénateurs jeudi soir en Arizona, Erik Karlsson s'est approprié encore plus de records d'équipe. Le défenseur étoile a d'abord réussi son quatrième but décisif lors des prolongations de saison régulière, ce qui lui permet de dépasser Chris Phillips (3) au premier rang à ce chapitre chez les défenseurs.
C'était aussi son 22e but gagnant en carrière, une autre marque d'équipe pour un défenseur alors que Wade Redden en avait 21. Ses deux buts et une passe lui ont permis de franchir le plateau des 60 points pour la cinquième fois de sa carrière, et il est rendu à 178 tirs bloqués, un sommet dans la LNH qui est trois de plus que son total de l'an dernier, qui était un sommet en carrière.
«C'est incroyable de le voir aller, je ne vois personne de meilleur que lui, a dit Guy Boucher à son sujet après le match à Glendale. Il avait autant d'énergie à la fin d'un deuxième match en deux soirs que lors de sa première présence (mercredi). C'est inspirant pour ses coéquipiers de le voir aller, il est de l'or en barre dans tous les aspects du jeu.»