L’arrivée de Brady Tkachuk est un des seuls événements heureux de l’année 2018 pour les Sénateurs.

Oublier 2018 au plus vite

Leur rocambolesque année 2018 ne peut pas finir assez vite pour les Sénateurs d’Ottawa.

Après une pause de Noël de quatre jours, les hommes de Guy Boucher vont retourner au travail jeudi, avec un entraînement qui leur permettra de retrouver leurs jambes s’ils ont abusé un peu des bonnes choses lors des derniers jours.

Par la suite, ils prendront le chemin de la région de New York pour affronter les Islanders vendredi soir à Brooklyn, avant de revenir au Centre Canadian Tire pour une dernière fois de l’année samedi avec un match revanche contre les Capitals de Washington, qui les ont blanchis 4-0 à leur dernière sortie avant le congé. Il ne leur restera ensuite qu’une dernière partie le 31 au soir à Columbus, ce qui veut dire qu’ils vont défoncer l’année 2019 dans les airs quelque part entre l’Ohio et la capitale nationale.

« Au retour, on veut continuer à progresser. Il y a certaines choses qui progressent d’une bonne manière, il y en a d’autres pour lesquelles nous connaissons des hauts et des bas. C’est ça la progression, ce n’est jamais une ligne droite, ce sont des hauts et des bas et à la fin, tu devrais pouvoir voir une progression. C’est comme ça au hockey comme dans la vie. Plusieurs de nos joueurs ont montré de bonnes choses, et je suis certain qu’ils vont en montrer d’autres jusqu’à la fin », a commenté l’entraîneur-chef Guy Boucher avant de partir en pause.

Les Sénateurs ne seront pas fâchés de tourner la dernière page du calendrier parce qu’il y a eu pas mal plus de bas que de hauts au cours des 12 derniers mois. Leurs partisans vivent de l’espoir que le prochain an de grâce ne pourra pas être pire que le dernier.

Pour ceux qui auraient oublié, récapitulons rapidement les 12 derniers mois : après une campagne désastreuse où ils ont présenté une fiche de 28-43-11, ratant les séries un an après avoir passé à un but près de participer à la finale de la coupe Stanley, le DG Pierre Dorion procède à une évaluation complète du personnel d’entraîneurs et il décide finalement de garder Boucher et ses adjoints en place pour la dernière année de leur contrat.

C’est le début d’une saison morte marquée par des accusations de cyberintimidation par l’épouse du capitaine Erik Karlsson envers la fiancée de son coéquipier Mike Hoffman, accusations qui n’ont jamais été prouvées en cour. Ce dernier est quand même échangé (à San Jose puis en Floride), Dorion affirmant que le vestiaire était « brisé ». Karlsson prendra le chemin de San Jose quelques semaines plus tard, le club étant incapable de négocier une prolongation de contrat avec sa super-vedette.

Comme si ce n’était pas suffisant, il y a eu l’épisode de l’adjoint de Dorion, Randy Lee, arrêté pour harcèlement à l’endroit du jeune chauffeur d’une navette d’hôtel à Buffalo, ce qui l’a amené à démissionner de son poste, lui qui a plaidé coupable à ces accusations la semaine dernière. Dans un autre véhicule, un Uber, sept joueurs des Sénateurs, dont la vedette Matt Duchene, ont été filmés en train de critiquer sévèrement le travail de l’entraîneur-adjoint Martin Raymond, un vidéo qui s’est retrouvé sur YouTube et qui a encore placé l’organisation dans l’embarras.

Et on ne s’étendra même pas ici sur les problèmes aux guichets de l’équipe et la saga du redéveloppement des plaines LeBreton, le projet caressé depuis quelques années pour bâtir un nouvel amphithéâtre au centre-ville s’écroulant avec une poursuite de 700 millions $ du propriétaire Eugene Melnyk et une contre-poursuite d’un milliard $ de son ancien partenaire John Ruddy.

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L'AVENIR PASSE PAR STONE ET DUCHENE

Il y a bien eu quelques bons coups au cours de cette année 2018 des Sénateurs, à commencer par la sélection de l’attaquant Brady Tkachuk avec le quatrième choix du dernier repêchage à Dallas. 

Le fils de Keith s’est imposé comme un joueur solide dès l’âge de 19 ans, se voulant un membre important du virage jeunesse amorcé par le club, qui compte aussi les recrues Colin White, Maxime Lajoie et Christian Jaros dans ses rangs, alors que le défenseur québécois Thomas Chabot s’impose à sa deuxième saison comme un digne dauphin de Karlsson avec sa production de 10 buts et 37 points.

Ces joueurs ont tous contribué à une attaque regaillardie, menée par ses piliers Mark Stone et Matt Duchene, ce qui n’empêche pas l’équipe d’avoir passé Noël au dernier rang de la division Atlantique, avec une fiche de 15-18-4, vu que le club a alloué le plus de buts (144) dans la LNH, ainsi que le plus de lancers vers un gardien Craig Anderson surmené.

Au début de 2019, les cas de ces deux potentiels joueurs autonomes sans compensation le 1er juillet prochain vont se retrouver encore plus sous les feux des projecteurs. Des négociations préliminaires ont été entamées avec Pat Brisson, l’agent de Duchene, tandis qu’officiellement, celles avec Stone ne peuvent débuter que le 1er janvier (idem pour un troisième agent libre potentiel, l’attaquant Ryan Dzingel).

Ça va coûter cher, probablement entre 8 et 9 M$ pour Duchene, encore plus pour Stone, qui devrait obtenir le « C » de capitaine en prime en cas d’entente. On parle de contrats à long terme, de sept ou huit ans.

Si aucune entente ne peut être négociée avec eux avant la date limite pour les transactions du 26 février prochain, Pierre Dorion devra probablement se résigner à échanger ses deux leaders, ce qui ne ferait que ralentir le processus de reconstruction de son organisation, tout en réduisant encore plus l’intérêt d’amateurs qui se font tirer l’oreille plus que jamais pour aller à Kanata depuis que le propriétaire Eugene Melnyk a brandi la menace de déménager l’équipe en décembre 2016.

À la fin de la saison 2018-2019, il y aura aussi bien des questions concernant l’avenir de Guy Boucher à la barre du club alors que son contrat arrivera à échéance en juin, tout comme celui de ses adjoints.