Curtis Lazar a la chance de prendre un nouveau départ dans la LNH avec les Flames de Calgary.

Nouveau départ pour Lazar

En ce vendredi 13, Curtis Lazar a eu l’occasion de revenir hanter son ancien club comme un véritable Jason dans les films d’horreur.

L’ancien premier choix des Sénateurs, échangé le 1er mars dernier contre un choix de deuxième ronde qui est devenu Alex Formenton, avait été relégué à la galerie de presse lors du match précédent des Flames de Calgary à Los Angeles mercredi afin de faire place dans l’alignement pour Jaromir Jagr, mais il a réintégré la formation de retentissante façon alors que son entraîneur Glen Gulutzan a décidé de le placer à l’aile droite de son premier trio, aux côtés de l’ex-67 Sean Monahan et de Johnny Gaudreau.

Il salivait évidemment à l’idée d’occuper un rôle important sur un trio à caractère offensif, ce qu’il avait toujours souhaité quand il était à Ottawa sauf que cette chance ne lui avait pas été offerte trop souvent, et il n’avait pas été capable d’en profiter lorsque ce fut le cas.

« Pour moi, rien ne change. Je pense que j’ai joué deux parties solides depuis le début de la saison régulière. Je dois jouer à ma façon, comme un lapin Energizer qui n’arrête jamais toute la soirée », a lancé Lazar quand il a été entouré de journalistes à son retour au vestiaire après l’entraînement matinal des siens vendredi.

« C’est certain que j’ai un historique à Ottawa, c’est là que j’ai commencé ma carrière. Mais il y a deux points de classement à l’enjeu et c’est un match comme les autres. Quand la rondelle va être mise au jeu, tous les paris sont fermés, je vais jouer pour gagner... Certes que d’un point de vue personnel, la motivation est très élevée ce soir. C’est un peu bizarre d’arriver à l’aréna et de savoir que les gens de mon ancienne organisation sont là, j’y ai encore plusieurs amis », a ajouté celui qui a porté un auto-collant rendant hommage à l’ancien dg Bryan Murray sur son casque vendredi soir, « l’homme qui m’a donné mon départ dans la LNH ».

Membre des Sénateurs à 19 ans, Lazar avait vu sa saison dernière commencer plutôt mal alors qu’il a raté tout le camp d’entraînement en raison d’une mononucléose. Envoyé à Binghamton pour retrouver la forme, il n’y a joué que 13 parties où il n’a pas dominé (trois buts et une passe) avant d’être rappelé par le grand club. En 33 parties, il n’a récolté qu’une passe et il n’a jamais vraiment gagné la confiance de l’entraîneur-chef Guy Boucher, qui l’utilisait la plupart du temps sur un quatrième trio avec Chris Kelly et Chris Neil.

Le dg Pierre Dorion lui a donné une chance de relancer sa carrière en l’échangeant aux Flames, avec le défenseur des mineures Michael Kostka contre le choix de deuxième ronde et le défenseur Jyrki Jokipakka, qui n’aura fait que passer à Ottawa. Mais il n’avait joué que quatre parties avec eux en fin de saison (un but, deux passes) et seulement une en séries. « Quand j’ai été échangé, j’ai vu ça comme un nouveau départ pour moi et je veux en profiter », dit-il.

Gulutzan cherche cependant à lui permettre de reprendre tranquillement confiance en ses moyens en ce début de campagne, après un camp d’entraînement assez ordinaire.

« On sait ce qu’on va obtenir avec lui, il va foncer au filet et il va faire de l’échec avant, ce qui aide ces deux gars-là (Monahan et Gaudreau). On espère certainement qu’il va avoir un peu d’énergie supplémentaire en jouant contre son ancienne équipe, mais il doit d’abord et avant tout jouer à sa façon », a commenté Gulutzan.

Le jeune homme de 22 ans n’a pas perdu son sourire habituel et il est devenu presque plus large quand on lui demande de parler de l’arrivée de Jagr à Calgary, lui qui est assis à deux casiers de sa place dans le vestiaire.

« C’est très cool qu’il soit ici. On peut voir de près son éthique de travail, jour après jour. C’est pour ça qu’il joue encore à son âge (45 ans). C’est une vraie légende du hockey, un ambassadeur du sport. De pouvoir être à ses côtés, de lui poser des questions à l’occasion et de juste regarder tout ce qu’il fait, c’est pas mal cool», a-t-il raconté.

En Floride, Jagr organisait à l’occasion des sessions d’entraînement supplémentaires de fin de soirée sur la glace auxquelles étaient conviés certains de ses jeunes coéquipiers. « Ce n’est pas encore arrivé, mais il nous a dit de garder nos téléphones allumés tard en soirée au cas où il voudrait faire un tour sur la glace. Je vais être sur le stand-by, personne ne va dire non à Jagr », a-t-il ajouté.

EN BREF

Kelly à Edmonton ?

Les Flames ont donné un grand coup la semaine dernière en mettant sous Jaromir Jagr sous contrat. Leurs grands rivaux albertains, les Oilers, se prépareraient eux aussi à ajouter un vétéran aguerri à leur formation, mais il n’aurait pas le même impact : l’ancien Sénateur Chris Kelly, qui s’entraînait jusqu’à tout récemment avec les Ravens de Carleton, serait sur le point de signer un contrat avec le club dirigé par son ancien dg à Boston, Peter Chiarelli. Le centre de quatrième trio était revenu avec les Sénateurs l’an dernier et avait joué tous les 82 matches en saison régulière, avant de n’en jouer que deux en séries. Il n’a pas trouvé preneur cet été comme agent libre.

Jagr impressionne

En revenant dans la LNH à 45 ans, Jaromir Jagr impressionne bien du monde. Lui, il n’a pas été impressionné par son premier match à Los Angeles. «Je ne trouve pas que j’ai bien joué, je m’attendais à mieux que ça. Le conditionnement est une partie de ça, mais je n’ai pas joué pendant six mois et le synchronisme n’est pas là. Je n’ai même pas participé à une séance de jeu simulé», a-t-il dit avant son premier match local comme membre des Flames. L’ancien Olympique Martin Gélinas, un entraîneur adjoint avec les Flames, n’en revient pas de diriger cet ancien adversaire qui n’est que deux ans plus jeune que lui. «C’est spécial pour nos jeunes joueurs et aussi pour le personnel d’entraîneurs. Si on peut avoir le Jagr que l’on s’attend de voir, il va aider notre équipe. En espérant qu’il va être capable de trouver sa game», a confié Gélinas.

Phaneuf à la maison

Un passage des Sénateurs en Alberta est toujours spécial pour Dion Phaneuf, qui a commencé sa carrière dans la LNH avec les Flames et qui a grandi à Edmonton. «Pour moi, c’est spécial de venir ici. Dès qu’on arrive à l’aéroport, le chemin pour aller en ville ramène de bons souvenirs... Aller à Edmonton est spécial aussi, avec ma famille et mes amis qui m’attendent», a-t-il indiqué. Lors de la journée de congé de mercredi à Vancouver, il est allé pêcher avec Nate Thompson et Alex Formenton. «C’est un jeune de 18 ans qui a mérité sa place dans l’équipe. On est sur la route et tu veux qu’il se sente à l’aise autant que possible. À mon premier camp ici, Jarome Iginla et Robyn Regher m’ont appelé à l’hôtel pour me demander si je voulais aller jouer au golf avec eux. Je n’ai jamais oublié ça et j’essaie de le rendre», a-t-il raconté.