Sans aucun doute le meilleur joueur des Sénateurs samedi soir contre le Canadien, Craig Anderson ne pouvait contre les frappes du vétéran Andreï Markov qui l'a battu deux fois.

«Notre objectif n'a jamais changé»

Les Sénateurs d'Ottawa pourraient retrouver le Canadien de Montréal sur leur chemin. C'est vrai. On peut facilement concevoir un scénario dans lequel les deux clubs rivaux de la 417/40 se retrouveraient, dans environ un mois, en deuxième ronde des séries éliminatoires.
Le cas échéant, les Montréalais jouiraient forcément d'un certain avantage psychologique. Ils viennent quand même de balayer les honneurs d'une mini-série de trois parties en huit jours face aux gars de la capitale.
Andreï Markov a été le héros du match numéro trois, samedi, au Centre Bell. Il a marqué deux des trois buts de son équipe, dans un match remporté 3-1.
L'avantage au Canadien en séries ? La théorie est rejetée du revers de la main par Kyle Turris.
«Non. Je ne crois pas. Nous voulions remporter ces trois matches, mais nous visons d'abord et surtout une participation aux séries éliminatoires. Nous voulons juste nous donner une chance d'atteindre les séries pour ensuite y connaître du succès», a dit le seul membre du trio de leadership des Sénateurs qui s'est présenté devant les journalistes après la rencontre.
Gaffe de Karlsson
Le capitaine Erik Karlsson a choisi d'éviter le vestiaire, les calepins et les caméras. Il s'en voulait peut-être d'avoir commis la gigantesque bourde qui a permis au Tricolore de marquer son troisième but.
Il a pratiquement donné la rondelle au vétéran Andreï Markov, alors qu'il se trouvait seul dans l'enclave. Ce dernier n'a pas eu trop de mal à battre Craig Anderson d'un puissant lancer pour inscrire son deuxième but de la soirée.
«Avec tout ce qu'Erik nous a donné depuis le début de la saison, nous pouvons facilement lui pardonner cette erreur», a plaidé l'entraîneur-chef Guy Boucher durant sa conférence de presse d'après-match.
Boucher, sinon, a tenu un discours similaire à celui de Turris.
«Cette série de trois parties contre le Canadien n'était pas pour nous un avant-goût des séries. Notre objectif n'a jamais changé. Nous voulons simplement atteindre les séries. Certaines personnes ont voulu exagérer l'importance de ces rencontres. Pas nous», a-t-il déclaré d'entrée de jeu.
Des reporters sont revenus à la charge quelques minutes plus tard. Il n'a pas bronché.
«Même si vous me posez la même question de cinq façons différentes, je ne vais pas changer ma réponse. Notre approche ne change pas. Nous abordons un adversaire à la fois, une journée à la fois.»
Unités spéciales
La victoire du week-end permet au Tricolore de s'accrocher au premier rang de la section Atlantique.
L'équipe qui remportera le championnat de section bénéficierait de l'avantage de la glace, dans le cadre d'une éventuelle série Ottawa-Montréal.
«Le Canadien nous a quand même prouvé qu'il est numéro un pour une raison, commente Guy Boucher. Ça fait plusieurs années que cette équipe fait partie des aspirants. Nous faisons simplement partie de la course. Nous n'allons pas changer de cap parce que certaines personnes veulent qu'on change de cap.»
Les Sénateurs ont quand même quitté le Centre Bell en se disant qu'ils s'en étaient mieux tirés que la dernière fois. Le dimanche 19 mars, ils avaient été complètement dominés par leurs hôtes. Six jours plus tard, le duel fut plus serré.
Le revers a un peu gâché la soirée de Craig Anderson. Ce dernier disputait son 500e match en carrière dans la LNH. «Pas grave. Je pourrai toujours me racheter dans ma 600e partie», a déclaré le gardien de but de 35 ans qui écoulera la dernière année de son contrat en 2017-18.
Crosby choisit de ne pas répondre à Melnyk
Sidney Crosby (87)
Eugene Melnyk voudrait que Sidney Crosby soit suspendu pour 10 matches, au moins.
À Pittsburgh, le meilleur hockeyeur sur la planète a été mis au courant des propos du propriétaire des Sénateurs. Il choisit maintenant de ne pas y répondre.
« Je vais juste l'ignorer. Vous le connaissez tous. Vous savez combien il aime écouter le son de sa propre voix. Je préfère l'ignorer. C'est une histoire vieille de quatre jours », a-t-il déclaré lorsqu'on lui a mis des micros sous le nez, dimanche matin.
Crosby admet cependant qu'on devrait s'attaquer davantage au fléau des coups de bâton illégaux dans la LNH. « Ce sont des jeux qui surviennent souvent dans le cadre d'un match. Avec ce qui s'est produit dans le cas de Méthot, on se rend bien compte qu'un gars peut se blesser sérieusement si on l'atteint au mauvais endroit. »
Méthot, sans surprise, n'a pas joué samedi soir à Montréal. La direction des Sénateurs n'a pas donné de ses nouvelles.
Au Centre Bell, en son absence, les joueurs de soutien Mark Borowiecki, Fredrik Claesson et Chris Wideman ont tous joué près de 15 minutes.
« Tu ne remplaces pas un défenseur de ton top-4. Tu ne peux simplement pas le remplacer. Claesson nous a beaucoup aidés cette saison. Il va prendre une partie des minutes. Nous allons certainement en demander davantage à Erik Karlsson, Dion Phaneuf et Cody Ceci. Nous ne pouvons quand même pas demander à Claesson de prendre toutes les minutes de Méthot, même s'il nous a démontré qu'il peut nous aider à gagner cette année », commente Guy Boucher.