Nick Paul s’est taillé un poste à temps plein avec les Sénateurs d’Ottawa.

Nick Paul restera à Ottawa

La sortie avec ses parents au Red Lobster devra attendre. Nick Paul a un truc plus urgent à son agenda depuis le dernier match.

Les Sénateurs venaient de gagner 3-2 quand l’entraîneur-chef D.J. Smith lui a annoncé devant tous les joueurs de se dénicher un logement à Ottawa. Que son séjour à l’hôtel était terminé. Qu’il allait passer la saison dans la capitale.

« Je ne m’attendais pas à ça. On venait de remporter un match. Puis l’an dernier, j’avais passé deux mois à Ottawa avant d’être cédé aux mineures », a rappelé l’attaquant âgé de 24 ans.

Paul est devenu émotif dans le vestiaire en apprenant la nouvelle. Tous ses coéquipiers l’ont félicité, sachant à quel point son parcours vers la LNH a été difficile.

« Ce fut un bon feeling. Ça faisait longtemps que j’attendais de recevoir une pareille nouvelle. »

Paul dispute sa cinquième saison dans l’organisation des Sénateurs. Il était considéré un bel espoir quand les Sénateurs l’avaient acquis des Stars de Dallas en retour de Jason Spezza en 2014.

Le gros ailier de 6’3’’ et 219 livres avait déçu les années précédentes lorsque l’équipe le rappelait des mineures. La direction l’avait écorché aussi au passage depuis 2015.

Puis à la fin du dernier camp d’entraînement, Ottawa l’a cédé à Belleville une fois de plus.

« Je suis sûr qu’il se demandait alors s’il jouerait un autre match dans la ligue nationale », a reconnu Smith, qui était tout aussi ému que Paul jeudi soir.

Le coach a vécu le jeu de la navette entre la Ligue américaine et la LNH durant sa carrière professionnelle. Il se réjouissait de voir le joueur natif de Mississauga se tailler enfin une place à temps plein.

« Des fois, ça prend plus de temps que d’autres pour se forger une identité », a noté Smith.

Nick Paul tenait un discours similaire.

« J’ai essayé de jouer comme divers types de joueurs lors de mes premières années », a-t-il reconnu.

Finalement, Paul est redevenu l’attaquant qu’il était dans les rangs juniors à North Bay.

« Il se comporte maintenant sur la glace comme le joueur que j’ai connu à l’époque quand je coachais dans la LHO, quand il avait 18 et 19 ans. Il travaille fort lors de chaque présence. Il complique la vie aux équipes adverses. »

Paul a récolté un sixième point en 10 parties depuis son rappel quand il a préparé le but gagnant de Jean-Gabriel Pageau, jeudi, en prolongation. Il a gagné sa bataille le long de la bande, créant du même coup un revirement en zone offensive.

Signe à quel point les choses ont changé pour lui ?

L’entraîneur l’a envoyé sur la glace à trois contre trois. Le même entraîneur qui lui fait même confiance pour prendre des mises en jeu.

Paul partage la tâche avec Pageau. Les deux complètent le premier trio en compagnie de Connor Brown.

Un trio qui affronte les meilleurs joueurs adverses lorsque les Sénateurs évoluent à domicile comme ce fut le cas jeudi contre les Kings.

Et dire que Nick Paul a déjà été soumis au ballottage dans le passé. « Quand tu fais tes premiers pas dans cette ligue comme recrue, tu penses que tu vas jouer pour toujours, que toutes les équipes te veulent, a rappelé D.J. Smith. Plus tu vieillis et que tu te retrouves au ballottage et que personne ne te réclame, tu réalises que toutes les équipes ne veulent plus rien savoir de toi. Il n’y a aucune garantie à ce niveau. »

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Ron Hainsey

HAINSEY TIENT LE COUP À SA 17E SAISON

Il n’est peut-être pas le joueur le plus volubile devant un calepin de notes ou un micro chez les Sénateurs, mais Ron Hainsey s’avère durable sur la glace et encore efficace.

Le défenseur âgé de 38 ans a disputé les 15 parties des siens depuis le début de l’année. Il a disputé 80 matches ou plus cinq fois lors des six dernières saisons.

Ça ne surprendra pas l’entraîneur-chef D.J. Smith qui l’a côtoyé lors des deux années précédentes chez les Maple Leafs de Toronto. C’est lui qui a convaincu le directeur général Pierre Dorion de mettre sous contrat Hainsey durant l’été.

«Ron conserve la même routine, gagne ou perd, bon match ou pas. Il se pointe chaque jour à l’entraînement. Il ne demande jamais un congé», a souligné Smith, vendredi, après la séance matinale de l’équipe.

«Il aime patiner. Je crois qu’il réalise qu’à son âge, il doit patiner encore plus à l’entraînement afin de mieux patiner en partie. Selon moi, il comprend mieux comment jouer que lors de ses premières années lorsqu’il était un défenseur à caractère offensif. Il est maintenant un joueur défensif. Je crois que nos jeunes défenseurs apprennent en l’observant. Ron ne patine peut-être plus aussi bien qu’auparavant, mais il est toujours bien positionné sur la glace. C’est pourquoi il possède un différentiel plus ou moins dans le positif.»

Vérification faite, Hainsey montre fiche de +2.

L’assistant capitaine s’apprête à affronter une de ses nombreuses anciennes équipes dans la LNH. La Caroline a été le cinquième de ses huit arrêts jusqu’ici après Montréal, Columbus, Atlanta, Winnipeg, Pittsburgh, Toronto et maintenant Ottawa.

On aurait aimé lui jaser de ses quatre saisons chez les Hurricanes de 2013 à 2016, mais Hainsey s’est défilé. Au moins, le vétéran de 17 saisons prend le temps de discuter avec l’instructeur-chef.

Smith le consulte souvent. C’était le cas encore vendredi à la fin de l’entraînement. Les deux hommes étaient en grande discussion près du banc des joueurs.

«Je l’ai côtoyé à Toronto. Nous avons sensiblement le même âge», a raconté Smith, 42 ans.

«Il connaît cette ligue et il sait ce que je considère le mieux pour cette équipe. Il ne prendra jamais la sortie facile. Il ne se gênera pas pour dire qu’on doit s’entraîner plus fort. Il a joué plus de 1000 matches en plus de gagner la coupe Stanley. Je communique avec lui sur une base régulière.»