Bien que court, le retour au jeu de Chris Neil aura eu un impact important selon les joueurs, dont Kyle Turris.

Neil a inspiré Turris

Kyle Turris a joué du hockey inspiré samedi au Centre Canadian, couronné par son but en prolongation qui a procuré un important gain de 5-4 aux Sénateurs d'Ottawa.
Son inspiration dans cette victoire qui donne une avance de 3-2 à son équipe dans sa série demi-finale de l'Est contre les Rangers de New York avait un nom : Chris Neil.
Même si le robuste attaquant inséré dans l'alignement par l'entraîneur-chef Guy Boucher à la place de Ryan Dzingel n'a joué que 2:26 minutes, il a eu un certain impact en s'en prenant à Tanner Glass après sa charge à l'endroit de Dion Phaneuf en deuxième période, écopant d'une mineure qui annulait un avantage numérique annoncé en plus d'un 10 minutes d'inconduite. Il n'a pas rejoué par la suite.
« C'est la meilleure punition que j'ai vu quelqu'un prendre depuis longtemps. Même s'il n'a pas joué beaucoup, il a été un joueur important pour nous. Il nous a donné un boost », a souligné Turris, qui a obtenu neuf mises en échec et tenté autant de tirs dans ce match.
« J'ai su qu'il allait jouer (vendredi) et j'étais déjà excité... C'est un gars passionné qui donne l'exemple aux jeunes. Le fait qu'il ait la chance de revenir et faire une différence, on est très content pour lui », a renchéri Derick Brassard, auteur du but égalisateur qui a poussé le match en prolongation.
Boucher a comparé le retour de Neil à ceux de Clarke MacArthur et Craig Anderson pour l'inspiration offerte à ses coéquipiers, notant aussi que sa présence a amené ceux-ci à jouer de façon plus physique. « Pour faire un gâteau au chocolat, il faut mettre du chocolat dans ton gâteau. Si tu mets de la vanille, ça ne sera pas un gâteau au chocolat... Quand tu ajoutes de la vitesse, c'est contagieux. Quand tu ajoutes de la robustesse, c'est la même chose », a imagé Boucher. 
Disputant le 94e match en séries de sa carrière, égalant Wade Redden au troisième rang de l'histoire de l'équipe, Neil s'est fait modeste quant à son impact sur la rencontre en entrevue avec deux journalistes après coup, lui qui avait invité Glass à lâcher les gants dès le premier tiers, sans succès.
« C'était un de ces jeux où je savais qu'il y avait une punition appelée contre lui et j'ai juste continué pour aller le chercher, j'allais soit avoir une punition ou il allait lâcher les gants. Il joue bien pour eux, il n'a pas joué les deux premiers matches puis il est arrivé dans la série et il est efficace. Ça montre que des gars comme lui et moi ont encore leur place », a-t-il confié.
« Je n'essayais pas d'envoyer un message, le match se déroulait comme ça. J'avais regardé le (quatrième) match à New York et de le voir s'en prendre à "Turry" (Turris), je n'avais pas aimé ça. Si je suis sur la glace, il ne fait peut-être pas ça. Mais s'il le fait, je vais m'emparer d'un de leurs gars. Je vais faire ce qu'il faut pour protéger mes coéquipiers. Turris est notre centre numéro un, ce n'est pas un gros gars. Glass est un gros bonhomme, lui... Ce n'est pas comme si j'étais son couvreur, mais il m'a ouvert la porte en frappant Phaneuf très tard. Les gars ont bien réagi par la suite, on se tient bien ensemble et on joue les uns pour les autres », a ajouté Neil, qui a vu ses coéquipiers marquer deux buts rapides (ceux de Mike Hoffman et Tom Pyatt) pendant qu'il était au cachot.
Neil, qui n'avait joué qu'un match en deux mois et demi, a eu droit à une ovation de la foule quand il est rentré au banc après la fin de son inconduite, et ses coéquipiers se sont levés pour taper la bande avec leurs bâtons.
Il sera maintenant intéressant de voir si Boucher l'utilisera à nouveau à New York lors du sixième match, alors qu'il n'aura pas le dernier changement de trio.
Un très gros but de Brassard
Derick Brassard a fait honneur au surnom de « Big Game Brass » qui lui avait été affublé quand il jouait à New York samedi en marquant un gros, très gros but samedi.
Le centre gatinois des Sénateurs a poussé la partie en prolongation en comptant avec 1:26 à faire au temps réglementaire, frappant une rondelle au vol sur le retour de tir de Clarke MacArthur arrêté de la mitaine par Henrik Lundqvist. La rondelle a ensuite rebondi sur trois ou quatre joueurs des Rangers avant de franchir la ligne des buts.
Derick Brassard
« J'étais le dernier attaquant à rentrer dans la zone, ayant remplacé le gardien. Quand j'ai vu que MacArthur a pris un pas vers le milieu, je suis resté en retrait un peu. On parle des retours de Lundqvist, tout ce qui est haut est repoussé devant lui. J'ai été chanceux, j'ai frappé la balle... euh, la rondelle dans les airs et ça a dévié sur leurs deux défenseurs. On va le prendre, ça, c'est sur. On a montré du caractère », a-t-il raconté après le gain de 5-4 en prolongation de son équipe.
Ce faisant, les Sénateurs ont acculé son ancien club au dos du proverbial mur de l'élimination. Les Rangers n'ont pas le choix de gagner sur leur patinoire, où ils ont remporté deux gains convaincants la semaine dernière, pour forcer la tenue d'un septième match.
Brassard a aussi obtenu une passe sur le but de Tom Pyatt au deuxième tiers, son premier dans cette série, après qu'il ait mené son club avec huit points au premier tour contre les Bruins de Boston. Il n'a été qu'un des gros canons de l'équipe qui ont contribué lors du cinquième match, alors que Mike Hoffman et Mark Stone ont tous les deux comptés, tandis  qu'Erik Karlsson a récolté trois passes. Zack Smith en a récolté deux de son côté.
Brassard s'est fait demander comment il se faisait que son club jouait de cette façon au Centre Canadian Tire, alors qu'il ne s'est pas vraiment présenté au Madison Square Garden. « Ce n'est pas un point en général, mais on n'a pas vraiment bien joué dans tous les aspects de notre jeu. On va espérer que (cette victoire) va nous donner confiance. C'est certain qu'il va y avoir de l'atmosphère dans leur building, il faut juste aller là et ne pas essayer de donner un show, juste jouer notre match et on devrait être correct », estimait-il.