Vladislav Namestnikov (droite), Artem Anisimov (gauche) et Connor Brown étaient réunis au sein d’un même trio lors de l’entraînement, mercredi.

Namestnikov débarque à Ottawa

Le virage jeunesse des Sénateurs d’Ottawa a été ralenti considérablement cette semaine avec l’acquisition du vétéran Vladislav Namestnikov, survenue au lendemain de la rétrogradation des espoirs Drake Batherson et Filip Chlapik.

Le directeur général Pierre Dorion s’est cependant bien défendu mardi d’avoir conclu la transaction avec les Rangers de New York lundi soir parce que son organisation a changé de cap après les deux premiers revers de la saison, décidant de bloquer le chemin à ses jeunes qui sont supposés « débarquer », selon le slogan pour la présente campagne.

Il travaillait sur cet échange depuis déjà un bout de temps, a-t-il révélé, pensant que l’échange serait même conclu avant le début de la saison régulière.

« Nous avons un plan et on veut s’assurer de s’en tenir au plan. Personnellement, je pensais que cet échange se ferait avant cette saison. La raison pour laquelle on l’a fait est que notre vision à long terme veut que nos jeunes espoirs se développent comme il se doit à Belleville. En même temps, on ne veut pas qu’ils perdent leur confiance », a indiqué Dorion, qui a cédé un choix de quatrième ronde en 2021 et le défenseur des mineures Nick Ebert pour obtenir Namestnikov.

« On aime beaucoup nos jeunes, on sait qu’ils ont beaucoup de talent, mais on veut s’assurer que lorsqu’ils vont être dans l’alignement, ils peuvent nous aider à gagner... La ligne est fine, on doit s’assurer que leur développement est bien fait. Ça a toujours fait partie de notre vision à long terme : si les jeunes ne sont pas prêts à jouer, il fallait aller chercher du renfort pour qu’ils puissent bien se développer à Belleville », a-t-il ensuite réitéré en français.

Namestnikov a connu une saison de 22 buts et 48 points en 81 matches il y a deux ans lorsqu’il était passé de Tampa Bay à New York, mais sa production a chuté à 11 buts et 31 points en 78 parties la saison dernière avec les Rangers.

« C’est un gars qui peut jouer dans toutes les situations, il l’a fait par le passé. Son jeu est pas mal complet. Je l’ai vu jouer dans le junior [à London] et il était un joueur offensif. Il a vraiment appris à jouer du côté défensif rendu dans la LNH. Il est rapide et il a des habiletés, il va faire de nous une meilleure équipe. Ça va nous permettre de responsabiliser les joueurs qui sont ici et de garder les jeunes ‘en bas’. C’est une bonne décision pour maintenant et pour plus tard parce qu’on peut développer nos jeunes encore mieux », estime l’entraîneur-chef D.J. Smith.

Celui-ci a inséré son nouveau numéro 90 aux côtés de son compatriote Artem Anisimov et de Connor Brown à l’entraînement de mardi, résistant à la tentation de créer un trio tout russe avec Vitaly Abramov, rappelé lundi.

« C’est un nouveau départ pour moi, une jeune équipe avec beaucoup de potentiel. Je suis excité de m’amener ici, j’ai rencontré les gars et c’est fantastique jusqu’à maintenant, a indiqué Namestnikov en rentrant au vestiaire. Je connais quelques gars et ce n’est pas trop difficile de s’intégrer au groupe. C’est bien qu’il y ait des Russes [Anisimov, Abramov et Nikita Zaitsev], mais je parle parfaitement en anglais, donc je n’ai pas de problème à communiquer avec les autres gars. »

Namestnikov n’a pas été trop surpris par l’échange, disant avoir « entendu des rumeurs » au cours de l’été. Il ne sait pas trop pourquoi les choses n’ont pas fonctionné à New York.

+

Vladislav Namestnikov

UN RUSSE EN PAYS DE CONNAISSANCE

Vladislav Namestnikov est vraiment débarqué en pays de connaissance à Ottawa.

En plus d’avoir déjà joué avec Artem Anisimov et Nikita Zaitsev lors de la Coupe du monde de hockey en 2016, il s’entraîne avec le défenseur Christian Wolanin au Michigan pendant la saison estivale. Présentement blessé, ce dernier a fait une apparition dans le vestiaire mardi pour aller lui donner l’accolade une fois qu’il a terminé son premier point de presse avec les médias locaux. Qui plus est, il a eu le centre Chris Tierney comme coéquipier avec les Knights de London, quand il est venu jouer avec eux deux saisons, remportant un championnat de la LHOntario en 2012 avant d’atteindre la finale de la coupe Memorial avec notamment comme autres coéquipiers Max Domi, Bo Horvat et Andreas Athanasiou. 

«On a joué ensemble à quelques occasions, mais la plupart du temps, nous étions sur différents trios. On a gagné un championnat avec cette équipe, ce qui est assez spécial, a-t-il indiqué mardi. J’ai joué sur le même trio qu’Anisimov à la Coupe du monde ainsi qu’au Championnat mondial. Il est un excellent centre, très fiable. C’est facile de jouer avec lui, je peux lire sa façon de jouer et il peut faire la même chose avec moi. C’est excitant.»

Tierney était heureux de voir Namestnikov se présenter dans le vestiaire du club mardi. «On a joué deux saisons ensemble à London et il est devenu un de mes bons amis, on avait gardé contact jusqu’à l’échange, a-t-il noté. C’est bon d’avoir un autre visage familier ici. Il est un bon joueur, habile et bon patineur. Il protège bien la rondelle et il a plus de caractère que les gens peuvent penser. Je suis content qu’il arrive ici... Il va ajouter beaucoup à notre équipe, il est un gars intelligent qui rend les autres meilleurs. Je sais que j’ai beaucoup appris de lui (à London), je lui posais beaucoup de questions.»

Avec les Knights, il revenait en Amérique du Nord après y avoir grandi de l’âge d’un an jusqu’à huit ans, pendant que son père Yevgeny se promenait entre la LNH et la Ligue américaine avec les organisations des Canucks de Vancouver, des Islanders de New York et des Predators de Nashville.