Un coup de bâton de Sidney Crosby a arraché un bout de doigt de Marc Méthot le 23 mars dernier. On voit ici les deux joueurs bataillant pour la rondelle lors d'un match en décembre 2014.

Méthot veut se venger de Crosby en gagnant

Une série entre les Sénateurs et les Penguins signifie que Marc Méthot aura l'occasion de se venger de Sidney Crosby pour le coup de bâton lui ayant arraché le bout de l'auriculaire de sa main gauche, remis en place seulement grâce aux miracles de la médecine moderne.
Le défenseur franco-ontarien n'a cependant pas l'intention de se faire justice autrement qu'en essayant de ralentir les élans du capitaine des Penguins afin d'accéder à la finale de la Coupe Stanley, ce qui serait vraiment la meilleure vengeance possible.
«J'ai tourné la page. C'est quelque chose qui est arrivé avant les séries et je ne peux pas mettre le focus là-dessus. Le focus est sur gagner des matchs et battre les Penguins de Pittsburgh», a indiqué Méthot, jeudi matin.
Il l'a dit autant en français qu'en anglais : le cinglage de Crosby lors du match du 23 mars remporté 2-1 par les Sénateurs est un épisode qui ne changera rien à sa façon d'approcher la finale de l'Est, qui va s'amorcer samedi (19h) au PPG Paints Arena de Pittsburgh.
«Pour moi, tout ça est derrière moi. Je vais me concentrer sur cette série et les Penguins. Ça va être l'objectif pour moi alors qu'on va de l'avant. Je vais jouer avec autant d'ardeur contre lui que contre les autres gars dans cette équipe, et mettre l'accent sur la victoire», a-t-il assuré.
Le fait que son partenaire à la ligne bleue, Erik Karlsson, est au sommet de son art pourrait aider les Sénateurs à limiter les dégâts contre Crosby et tous leurs autres gros canons, les Evgeny Malkin, Phil Kessel et autres Jake Guentzel, le meilleur buteur des présentes séries avec neuf buts.
«Il faut avoir beaucoup de support partout sur la glace pour essayer de le contenir, ça prend cinq gars sur la glace. Ne pas jouer dans ta zone défensive, rester dans la zone offensive et mettre de la pression sur leur équipe, c'est ce qu'on va devoir faire... Ça va être un bon défi pour l'équipe et avec un gars comme "Karl", qui contrôle super bien la rondelle, ça va nous aider un peu plus. Mais encore, ça prend cinq gars sur la glace», estime Méthot.
«Personne n'est à 100 %»
Méthot dit ressentir de la douleur à son petit doigt à l'occasion quand il se fait frapper. Méthot n'en fait pas trop de cas cependant, alors que plusieurs joueurs ont des blessures à ce temps-ci de l'année. «Nos joueurs font énormément de sacrifices», a reconnu le dg Pierre Dorion. «Ils ont presque tous quelque chose, personne n'est à 100 %.»
Les épreuves traversées au cours de la saison, en particulier celles concernant l'attaquant Clarke MacArthur (commotion cérébrale) et le gardien Craig Anderson, ont fait que cette équipe forme maintenant une famille unie, pensent autant Méthot que Dorion.
Anderson s'est d'ailleurs fait rappeler par Le Droit qu'à son dernier match à Pittsburgh, le 5 décembre, il avait été retiré après avoir accordé sept buts. Le lendemain, il prenait congé de l'équipe pour ce qui devait devenir une absence de deux mois pour appuyer son épouse Nicholle pendant qu'elle subissait des traitements pour son cancer à la gorge.
«Je ne m'en souviens pas», a-t-il blagué. «C'est un mauvais souvenir, et tu dois avoir une mauvaise mémoire quand tu pratiques ce sport. Il faut aller de l'avant et ne s'inquiéter que de faire le prochain arrêt... Maintenant, on repart à 0-0, tout doit être mis dans le passé pour nous. Tu es seulement aussi bon que tu vas l'être demain.»
Anderson n'a disputé que ce match contre les Penguins en saison régulière, son adjoint Mike Condon étant d'office pour les gains de 4-1 le 12 janvier et de 2-1 en tirs de barrage le 23 mars.
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Retrouvailles d'anciens Maple Leafs
Phil Kessel (photo) et Clarke MacArthur des Sénateurs ont gardé contact depuis qu'ils ont joué ensemble à Toronto.
Au grand dam des partisans des Maple Leafs de Toronto, dont le jeune club a montré beaucoup de promesses cette saison, la finale de l'Est permettra à trois de leurs anciens de tenir des retrouvailles. Dion Phaneuf et Clarke MacArthur vont affronter leur vieil ami Phil Kessel. 
«Ça va être bon. C'est un des gars avec qui j'ai toujours gardé contact, c'est un bon ami. Je lui ai envoyé un message texte hier soir [mercredi] pour lui dire qu'on lâchait les gants pour cette série», a relaté MacArthur, jeudi.
Quant à lui, Phaneuf ne fera pas de quartier contre le rapide numéro 81. «Ça va être un défi, mais il n'y a pas d'amis sur la glace. Je suis certain qu'il va dire la même chose. On va lui parler seulement après la série», a dit le vétéran défenseur.
Ces vétérans des Sénateurs n'avaient pas vraiment de préférence entre les Penguins et les Capitals comme prochain adversaire. «J'ai regardé le match et je me demandais qui on préférerait affronter, mais ce sont deux équipes pas mal effrayantes», a dit MacArthur, qui a été impressionné de voir Sidney Crosby rater seulement une rencontre après avoir subi une commotion cérébrale lors du troisième match contre Washington. «Je ne sais pas trop tout ce qui s'est passé, mais il semble qu'il n'a pas ralenti son rythme», a observé l'attaquant des Sénateurs, qui a raté toute la campagne, sauf les quatre derniers matchs de la saison régulière, en raison d'une commotion cérébrale.
«Nous sommes les négligés, c'est certain», a conclu Phaneuf. «Ils ont gagné la Coupe Stanley l'an passé. Mais j'aime vraiment notre club, comment on fait les choses ensemble. On poursuit notre route. Aller en finale d'Association, c'est gros pour nous. Aller en finale [de la Coupe Stanley] serait réaliser un rêve d'enfance. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire. On sait où on s'en va.»