Marc Méthot (33) a raté presque trois mois d’activité cette saison à cause d’une opération. Mais il se plaît à Dallas. Son épouse a récemment donné naissance à leur fils et les Stars gagnent.

Méthot a tourné la page

Considérant que ses Stars de Dallas se dirigent vers une participation aux séries alors que les Sénateurs d’Ottawa ont connu une saison désastreuse, Marc Méthot n’entretient pas de rancune envers son ancien club, avec lequel il croisera le fer pour la première fois lundi soir.

Le défenseur originaire d’Ottawa, qui a quitté la capitale après cinq saisons quand il n’a pas été protégé au repêchage d’expansion, racontait d’ailleurs lorsque rencontré après la pratique des Stars dimanche à leur complexe d’entraînement qu’il était peiné de voir ce qui se passait dans son patelin.

« Je garde contact avec plusieurs gars et je me sens mal pour eux, et peut-être encore plus pour les partisans parce que l’équipe ne connaît pas le même succès que lors de la saison précédente. Les gens fondaient de grands espoirs dans ce club, il y a un bon feeling en commençant l’année, puis soudainement, l’équipe perd beaucoup de matches. Je peux sympathiser avec ça, ainsi qu’avec plusieurs joueurs aussi, mais une couple d’entre eux sont partis maintenant et le club a un look un peu différent, mais c’est la vie, ça arrive parfois », a-t-il raconté.

Ironiquement, les principaux joueurs qui sont partis sont Derick Brassard, son meilleur ami dans le hockey remontant à leurs années ensemble à Columbus, ainsi que Dion Phaneuf, l’arrière qui a ni plus ni moins forcé son départ en refusant de lever sa clause de non-échange pour être soumis au repêchage d’expansion.

Interrogé à savoir si la débandade dans la capitale peut s’expliquer en partie parce que les Sénateurs, et son ancien partenaire à la ligne bleue Erik Karlsson en particulier, se sont ennuyés de lui, il a rétorqué en riant : « Je ne sais pas, je ne veux pas embarquer là-dedans. Je ne ferai pas ça. »


« « Ça a été difficile au début, je ressentais plusieurs émotions différentes l’été passé quand c’est arrivé. » »
Marc Méthot

Méthot préférait de beaucoup parler de l’arrivée dans sa famille d’un fils, Jack, à qui son épouse Ellie a donné naissance il y a trois mois, « ce qui a changé ma vie et me donne encore plus de motivation en venant à l’aréna, pas que j’en manquais », dit-il.

Pour ce qui est de son départ qui a fait couler tant d’encre l’été dernier, il a tourné la page.

« Ça a été difficile au début, je ressentais plusieurs émotions différentes l’été passé quand c’est arrivé. Mais j’étais très content de me joindre à ce groupe-ci, je savais qu’on avait un bon club même si ça nous a pris du temps à nous mettre en marche, on gagnait des matches et on en perdait. Tous les nouveaux gars que nous avons acquis (comme Alexander Radulov) ont trouvé la bonne chimie avec les autres et on gagne des matches, c’est tout ce que tu veux faire à ce temps-ci de l’année... Quand j’ai su que je ne serais pas protégé, le seul contrôle que j’avais était sur ma liste de non-échange à 10 clubs afin d’essayer de me retrouver à un club qui aspirerait à être des séries. Ça a été le seul réconfort à travers tout ça », a-t-il souligné.

Méthot a vu sa première saison à Dallas dérailler quand il a eu besoin d’une opération arthroscopique à un genou au milieu de novembre et qu’il a raté presque trois mois d’activité. Il n’a joué que 24 matches cette saison, récoltant une seule passe et présentant un différentiel de plus-3, étant revenu au jeu à la fin janvier.

« C’était probablement quelque chose qui subsistait de la saison dernière. Ça a empiré au début de la saison et j’ai eu besoin d’une couple de mois pour récupérer. Là, je me sens beaucoup mieux à nouveau et je retrouve mon niveau de jeu. Je trouve mon rôle au sein de cette équipe et c’est tout ce que je voulais. Maintenant, j’ai hâte aux séries. Quand tu es allé aussi loin qu’on l’a fait l’an passé, tu sais à quel point ça a de la signification pour les partisans et pour toi comme joueur parce que tu atteins tes objectifs. Quand la saison commence, tout le monde veut jouer des matches importants au printemps, personne ne veut être éliminé à Noël », note l’arrière de 32 ans, dont le club est troisième dans la forte division Centrale.

Souper avec Karlsson

Il aurait pu se retrouver dans la même situation si les Golden Knights ne l’avaient pas échangé (contre un deuxième choix en 2020 et le gardien Dylan Ferguson), « et ça, je ne pensais pas que ça serait possible », a ajouté Méthot, qui planifiait aller souper avec Erik Karlsson, entre autres, en soirée, mais qui ne fera pas de quartier sur la glace avec ses anciens coéquipiers.

« ON A VU CE QU'IL POUVAIT FAIRE AVEC KARLSSON »

Quand il a obtenu Marc Méthot des Golden Knights de Vegas après sa sélection au repêchage d’expansion, le DG des Stars Jim Nill avait un plan bien précis en tête.

L’idée était qu’il remplisse le même rôle que lors de ses cinq campagnes à Ottawa passées en majorité comme soupape de sécurité pour Erik Karlsson, mais cette fois aux côtés d’un autre arrière suédois porté sur l’offensive, John Klingberg.

«Il est un vétéran qui a une présence sur la glace comme dans le vestiaire. Il nous a manqué pendant trois mois lorsqu’il a été opéré au genou, il commence juste à retrouver sa forme de match. Son absence nous a donné la chance de faire jouer des plus jeunes, mais quand un gars comme ça est absent, il te manque surtout dans le vestiaire. Nous avons un groupe assez jeune et des défenseurs habiles. On a vu ce qu’il pouvait faire avec Karlsson et on pensait qu’il pourrait bien cadrer avec des gars comme Klingberg et (Julius) Honka. Mais il s’est blessé et les plans ont changé», a raconté Nill, un ancien dépisteur avec les Sénateurs à leur retour dans la LNH en 1992.

À Dallas, Méthot a retrouvé un entraîneur qu’il connaît bien en Ken Hitchcock, qui l’a dirigé lorsqu’il a fait ses premiers pas dans la LNH à Columbus.

À son retour au jeu depuis un peu plus d’un mois, celui-ci a jumelé son arrière de 6’ 4’’ et 233 livres avec un autre gros bonhomme, Stephen Johns, qui a la même taille et seulement quelques livres en moins.

«Quand on a fait l’échange pour aller chercher “Meth”, c’était pour jouer à gauche sur notre deuxième paire et affronter les attaquants adverses les plus habiles. Quand il a été blessé, on a placé (Dan) Hamhuis là et maintenant qu’il est revenu et qu’il a trouvé son second souffle, il est un gars qui peut jouer contre des gars pesants et imposants. Contre des clubs comme L.A. et Anaheim, on a besoin de ça. Lui et Stephen Johns sont devenus un excellent duo, ça nous donne comme deux troisièmes paires», a indiqué Hitchcock.

Ses louanges pour l’arrière franco-ontarien ne se sont pas arrêtées là. «Il apporte de la responsabilité entre les périodes dans le vestiaire et lors de nos pratiques, c’est comme avoir un autre entraîneur sans que l’entraîneur ait à parler. C’est ce que j’aime avec lui, il est brutalement honnête», a ajouté Hitchcock.

À Columbus, celui-ci avait demandé à Méthot d’affronter les meilleurs avants adverses en apprenant qu’il avait été confronté à Sidney Crosby lors de la finale de la coupe Memorial de 2005 remportée par ses Knights de London.