Le propriétaire des Sénateurs d'Ottawa, Eugene Melnyk

Melnyk n'écarte pas un déménagement

Les Sénateurs d’Ottawa ont eu plusieurs distractions au cours des dernières semaines, et leur propriétaire Eugene Melnyk en a ajouté une autre vendredi en affirmant qu’il ne vendra jamais la franchise, tout en ouvrant la porte à son possible déménagement.

Qui plus est, ses propos tenus lors d’un point de presse en marge du match des Anciens Sénateurs présenté sur la patinoire Canada 150 de la Colline parlementaire laissaient croire que ses négociations avec la Commission de la capitale nationale (CCN) pour conclure l’entente de principe pour le redéveloppement des plaines LeBreton ne vont pas bien.

« Ça n’arrivera pas que je vende. C’est une franchise, comme pour un McDonald’s. Tu peux la déménager. Mais ce serait fou de la vendre, c’est quelque chose qui est difficile à acheter. Les choses sont ‘O.K.’ ici, elles ne sont pas excellentes, mais elles sont ‘O.K.’ », a-t-il déclaré.

Appelé à élaborer sur son commentaire concernant un déménagement, il a ajouté : « Si ça devient un désastre, oui. Si on commençait à ne plus voir de foules aux matches, oui. Mais pour l’instant, nous sommes sur le point d’être ‘O.K.’. Ça va être une corrélation directe entre les revenus et les salaires des joueurs. Contrairement à ce que les gens pensent, nous sommes parmi les plus grands dépensiers dans cette ligue, dans la première moitié avec une enveloppe salariale de 68 millions $ (US), sur le maximum de 75 M $. Il faut faire attention, mais à 68 M $, c’est beaucoup trop par rapport à notre base de revenus. »

Les Sénateurs éprouvent des problèmes aux guichets depuis plusieurs saisons, mais ils se sont accentués au cours des deux dernières saisons même si le club a atteint la finale de l’Est le printemps dernier. Il n’y avait que 13 212 amateurs pour le dernier match local des Sénateurs au Centre Canadian Tire, mercredi, dont la capacité a été réduite à 17 373 places cette saison en cachant environ 1500 sièges du troisième balcon sous des bâches. Ils ont attiré en moyenne 15 415 spectateurs à leurs 14 parties à Kanata cette saison.

« Je ne sais pas pourquoi. Nous avons coupé à l’os au niveau de la direction de l’équipe, nous avons une des plus petites équipes de gestion de la ligue. Le prochain endroit où il faut regarder, ce sont les joueurs », a-t-il mentionné.

Alors que la direction des Sénateurs travaille pour conclure l’entente avec la CCN, Melnyk estime que son club « a besoin d’un nouvel aréna... mais nous avons beaucoup d’options ». 

« Je ne suis pas certain que le centre-ville est la solution. La Ville et d’autres sont de cet avis, mais bien des gens se demandent si on a besoin d’être au centre-ville. Tant que la réglementation ne changera pas pour permettre (aux compagnies) de donner des billets aux employés du gouvernement, c’est un désastre pour nous. Est-ce que les gens de Kanata qui forment une petite base vont venir au centre-ville ? Est-ce qu’on doit bâtir un aréna plus près de gens qui ne peuvent acheter des billets ?, a-t-il demandé. Je suis all in pour LeBreton, mais ce ne serait pas un désastre si LeBreton n’arrivait pas... Il y a un drapeau jaune... J’ai l’argent pour le club et LeBreton, je n’ai pas besoin de partenaire. Mais je ne vais pas dépenser l’argent amassé pendant toute une vie pour faire vivre un club de hockey. »

Le nerf de la guerre est de savoir qui, de la CCN, la Ville d’Ottawa et RendezVous LeBreton (le groupe de Melnyk) paiera pour la décontamination des terrains des plaines LeBreton, laissés vacants depuis une cinquantaine d’années.

Le propriétaire des Sénateurs a tenu à dire que les rumeurs de vente découlent probablement d’un processus normal de refinancement de la dette du club. 

« Nous avons une dette, chaque cinq ans, nous avons une fenêtre qui arrive en mars pour la rembourser et obtenir un taux d’intérêt plus bas. Nous avons rencontré 14 banques différentes qui sont venues nous voir à Ottawa, et c’est la seule activité financière qui se déroule en ce moment », a-t-il assuré.