Le gardien de buts Mike McKenna a vu grandir la recrue des Sénateurs Brady Tkachuk (photo). Les deux hommes sont originaires de Saint-Louis, dans le Missouri.

McKenna rêve d’une autre victoire

Un gardien au profil plutôt intéressant a brièvement été disponible. Pendant 24 heures, l’ancien choix de deuxième ronde Calvin Pickard a été soumis au ballottage.

On ne saura peut-être jamais si les Sénateurs avaient de l’intérêt. Une des six équipes qui figuraient plus bas, au classement, l’a réclamé.

Pickard a donc pris le chemin de l’Arizona. Le problème le plus pressant à Ottawa, celui de la profondeur devant le filet, demeure entier.

Une autre opportunité s’est présentée. Au moment où Pickard se joignait aux Coyotes, les Hurricanes de la Caroline ont annoncé qu’ils plaçaient à leur tour un gardien au ballottage.

Il s’agit du vétéran Scott Darling.

On disait plus tôt que Pickard a un profil intéressant pour les Sénateurs. À 26 ans, il est considéré comme un jeune gardien. Il a connu un certain succès, en début de carrière, dans l’organisation de l’Avalanche du Colorado. Il gagne surtout moins d’un million $ US cette saison. Il sera joueur autonome sans compensation l’été prochain.

Darling, de son côté, commande un gros salaire. Il touche 4,15 millions $ US, annuellement. Son contrat est valide jusqu’en juillet 2021.

Ces chiffres pourraient facilement refroidir les organisations les plus « économes » de la LNH.

Le statu quo pourrait donc prévaloir à Ottawa.

Le stage de Mike McKenna dans le rôle de gardien de buts numéro deux pourrait se prolonger.

Le vétéran des ligues mineures a disputé son meilleur match de la saison, mardi soir, à Philadelphie. Sa performance pourrait pousser la direction des Sénateurs à lui offrir un autre départ plus rapidement que prévu.

« Ça se peut, reconnaît l’entraîneur-chef Guy Boucher. En ce moment, notre calendrier n’est pas trop chargé. Nous n’avons pas beaucoup de matches à jouer en ligne. Il n’y a pas de séquences de trois parties en quatre jours, rien du genre. Nous pouvons utiliser notre gardien de buts numéro un plus souvent. Mike a bien joué lors de son dernier départ. On va regarder ça. La vérité, c’est que nous n’avons pas encore pris le temps d’en discuter vraiment. »

McKenna a réussi 34 arrêts, au Wells Fargo Center, pour aller chercher sa septième victoire en carrière dans la LNH. Cette victoire, ironiquement, a permis aux Sénateurs de devancer temporairement les Coyotes au classement.

Fier de Tkachuk

Le vieux routier de 35 ans n’a pas manqué de célébrer, sur la patinoire, sa victoire contre les Flyers.

On a d’abord cru qu’il savourait chaque moment passé dans la grande ligue. L’homme a quand même passé l’essentiel de sa carrière dans les mineures.

McKenna jure que sa réaction, au gong final, n’avait rien à voir avec sa propre performance. Il se réjouissait pour un de ses jeunes coéquipiers qui venait de connaître une très grosse fin de soirée.

« Chaque victoire mérite d’être célébrée, mais celle-là... Quand je me suis retourné, à la fin de la partie, Brady Tkachuk était le premier joueur, à côté de moi. Nous avons un lien spécial, nous sommes originaires de la même ville », rappelle le gardien qui est originaire de Saint-Louis.

« Nous avons souvent patiné, ensemble, dans le passé. En fait, Brady, je l’ai vu grandir », précise-t-il.

« Saint-Louis n’est pas nécessairement reconnue parmi les meilleures villes de hockey aux États-Unis. Pendant longtemps, les joueurs de notre ville qui ont accédé aux rangs supérieurs ont été sous-estimés. Avec des jeunes comme Brady et Clayton Keller, j’ai comme l’impression que ça va changer. »

McKenna ne sait pas trop quand viendra son prochain départ. Les entraîneurs lui demandent simplement d’être prêt.

« La victoire à Philadelphie m’a fait du bien. Gagner, ça règle bien des problèmes. Vous savez, qu’un gardien joue bien ou qu’il joue mal, ça ne change pas grand-chose. À la fin de la journée, quand je donne une chance de gagner à mon équipe, je suis content. »

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LES SÉNATEURS EN BREF

Doubles retrouvailles suédoises

Tout le monde attend, impatiemment, le retour d’Erik Karlsson. On a presque oublié qu’un autre ancien défenseur suédois des Sénateurs vient de visiter le vestiaire des visiteurs du Centre Canadian Tire pour la première fois. Fredrik Claesson. « Il ne faudrait pas l’oublier », insiste son compatriote, Magnus Paajarvi. La contribution de Claesson fut plutôt modeste, à Ottawa. Il a récolté une vingtaine de points en 113 matches. « Il est quand même un bon ami. Il est le genre de gars qui peut vraiment changer l’ambiance dans un vestiaire. Changer pour le mieux », insiste-t-il. Chez les Sénateurs, Claesson traînait une réputation de roger-bontemps. « Et c’est fort utile, vous savez. Une saison de hockey, c’est long. Les gars comme Freddy ont le don de vous arracher un sourire quand ça va mal. Je comprends bien le côté business du hockey, mais j’aurais été content qu’il reste. » Paajarvi ne se sent pas trop seul, depuis le départ de ses compatriotes. Quand il a le mal du pays, il peut toujours converser avec Mikkel Boedker. « Il parle très bien suédois. » Il garde aussi contact avec ses anciens coéquipiers Claesson et Karlsson grâce à l’application Snapchat. « Erik est drôle sur Internet, mais Freddy est dans une classe à part. »

Duchene joue du coude

Personne n’oubliera le but marqué par Matt Duchene, mardi soir, à Philadelphie. Peu de joueurs sont capables de rabattre la rondelle au vol en utilisant le revers. La célébration qui a suivi fut tout aussi inhabituelle. Le centre numéro un des Sénateurs a présenté son coude à ses coéquipiers qui l’attendaient au banc. On a d’abord cru qu’il imitait l’ancien frappeur désigné des Blue Jays de Toronto, Edwin Encarnacion. « Pas du tout ! C’est un inside joke. Dans un de nos premiers voyages de la saison, Chris Tierney s’est mis à nous donner des petits coups de coude. On s’est mis à l’imiter pour se foutre de sa gueule. On déconne. » Duchene n’est pas un grand joueur de baseball. Il ne se souvient même pas de la dernière fois où il a joué. Il s’estime un peu chanceux d’avoir marqué le but victorieux contre les Flyers. « Je ne sais pas trop s’il s’agit du plus beau but de ma carrière. Les gens des médias sont mieux placés que moi pour juger de tout cela, commente-t-il. J’ai été un peu surpris de voir la rondelle rebondir devant moi, pour être honnête. J’ai juste essayé de la rabattre au vol. Je ne visais pas nécessairement l’ouverture dans le filet. J’ai été un peu chanceux, je dois l’avouer. » Sylvain St-Laurent, Le Droit