Nicolas Mattinen essaie de se tailler une place dans l’organisation des Sénateurs, mais il doit rivaliser avec plusieurs jeunes joueurs talentueux comme Alex Formenton (photo). Il pourrait devoir retourner dans la Ligue de l’Ontario à titre de joueur de 20 ans.

Mattinen cherche sa place

LAVAL — « Avec mon nom de famille, les gens pensent que je suis Finlandais. Ils pensent que je parle finlandais », lance le défenseur Nicolas Mattinen en ricanant.

En ricanant... et dans un français impeccable.

« En réalité, je viens d’Orléans. J’ai fréquenté une école française jusqu’en 11e année. Je suis pas mal fier de mon français. »

Mattinen l’Orléanais a réalisé un rêve, ce week-end. Les Sénateurs l’ont invité au camp des recrues à titre de joueur autonome. Le temps d’un week-end, il a donc pu porter l’uniforme de l’équipe qui le faisait vibrer quand il était petit.

« J’avais ma chambre peinturée aux couleurs des Sénateurs à la maison ! C’était vraiment le fun. Ma mère avait fait une projection du logo sur un des murs. Elle avait passé quelques journées à le peinturer », raconte-t-il.

En quittant la Place Bell, au terme du match de samedi, Mattinen ne savait pas trop s’il aurait à nouveau la chance d’enfiler le maillot des Sénateurs.

Il a été repêché en sixième ronde par les Maple Leafs de Toronto, en 2016. Leur nouveau directeur général, Kyle Dubas, a choisi de ne pas lui accorder de contrat. Il est donc devenu joueur autonome sans compensation, le 1er juin.

Son objectif, depuis, consiste à trouver un club professionnel qui acceptera de le mettre sous contrat.

Mattinen aimerait s’entendre avec Ottawa, mais il serait disposé à signer son contrat n’importe où ailleurs.

Les Sénateurs étaient son équipe favorite quand il était petit, disait-on. Or, il n’est plus exactement petit. À six pieds et cinq pouces et 215 livres, il était un des patineurs les plus imposants, ce week-end, à Laval.

À une autre époque, pas si lointaine, les défenseurs de sa taille n’avaient pas de mal à se trouver du boulot.

Le gaillard se défend toutefois d’être un joueur unidimensionnel.

« J’essaie de prendre soin de ma zone d’abord et je complète mes mises en échec. J’ai quand même une bonne première passe », assure-t-il.

« Si j’ai la chance d’utiliser mon lancer, je le fais. J’essaie quand même de faire les choses le plus simplement possible. »

Coupe Memorial
Pendant la première moitié de la saison, l’an dernier, Mattinen a eu la chance de faire la démonstration de ses aptitudes à l’attaque. Il a inscrit 22 points en 38 parties chez les Firebirds de Flint de la LHOntario.

Aux Fêtes, les Birds l’ont échangé aux Bulldogs de Hamilton, une formation d’élite qui ne visait rien de moins qu’un championnat.

Là-bas, on lui a confié un rôle différent.

À défaut d’obtenir autant de minutes de qualité, ce déménagement lui a permis de remporter un championnat... et de participer au tournoi à la ronde de la Coupe Memorial.

« C’était incroyable », dit-il, quand il parle de l’aventure de son équipe, qui a pris fin en demi-finale.

S’il ne parvient pas à se dénicher un contrat pour entreprendre sa carrière chez les pros, Nicolas Mattinen aura toujours l’option de retourner à Hamilton. À titre de joueur de 20 ans, il pourrait entreprendre un nouveau cycle avec les Bulldogs.

« J’aurais un rôle de leadership. Ça pourrait être bien le fun, ça aussi. Je pourrais continuer à grandir avec l’équipe. »

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LE CAPITAINE MAXIME LAJOIE RÉPOND À L'APPEL

LAVAL — Une belle surprise attendait Maxime Lajoie dans le vestiaire des Sénateurs, à la Place Bell, samedi.

En prévision du deuxième et dernier match de la Confrontation des recrues, on avait cousu un « C » sur son chandail.

« C’est toujours un privilège d’enfiler le maillot des Sénateurs. C’est carrément un honneur d’être leur capitaine », a-t-il déclaré.

Il s’agit également d’une lame à double tranchant.

Le défenseur franco-albertain de Calgary a su impressionner certains membres de la direction lors de ses deux premiers camps, en 2016 ainsi qu’en 2017. Il n’y avait alors pas trop de pression sur les épaules de ce joueur que les Sénateurs avaient repêché au cinquième tour.

Cette année, c’est différent. Lajoie a passé une saison complète dans la Ligue américaine. On s’attendait ce week-end à ce qu’il soit un des meilleurs défenseurs sur la patinoire.

Il a certainement répondu à l’appel dans le match face aux Leafs. Il a mérité la première étoile de la partie, après avoir obtenu trois mentions d’aide. « Nous ne demandons pas nécessairement à nos joueurs de dominer. Ce mot est un peu trop fort, à mon avis. Nous voulons plutôt que certains d’entre eux influencent l’allure de la rencontre », explique le directeur du recrutement,
Trent Mann.

Lajoie était un des plus jeunes joueurs chez les Senators de Belleville, la saison dernière. Il a célébré son 20e anniversaire de naissance en novembre. Pas facile pour un joueur de cet âge de se démarquer dans une ligue d’hommes. « Je suis quand même satisfait de ce que j’ai pu accomplir, surtout dans la deuxième moitié du calendrier. On m’a donné de plus en plus de temps de glace. J’ai terminé la saison au sein du premier duo défensif », fait-il valoir.

Il entreprendra le « vrai » camp avec l’intention de faire le saut dans la LNH, cette semaine. « Mais je ne serai pas fâché si je dois retourner à Belleville. Je sais que je dois continuer d’améliorer certaines choses. La Ligue américaine, c’est une bonne place pour ça. »