Matt Kassian est toujours à la recherche d'un contrat en vue de la saison prochaine.

Matt Kassian espère réaliser son rêve

Matt Kassian n'a jamais oublié la soirée du 24 mai 1990.
Il n'avait pas quatre ans mais il était déjà un grand amateur de hockey. Il s'était couché tôt mais son père a pris soin de le réveiller au beau milieu de la soirée.
«Grâce à lui, j'ai pu voir les deux dernières minutes du dernier match de la finale. J'ai pu voir mon équipe préférée parader sur la glace avec la coupe Stanley», raconte-t-il.
Le policier des Sénateurs, vous le savez sans doute, est originaire d'Edmonton.
Le 24 mai 1990, le jeune Kassian a donc vu «ses» Oilers remporter la cinquième et dernière coupe Stanley de leur histoire.
Durant le reste de son enfance, durant son adolescence, il a été fidèle à une formation qui l'a plus souvent qu'autrement laissé sur son appétit.
Bon, il a bien assisté à un match endiablé des séries de 2006.
«Un match contre les Sharks de San Jose. Une victoire arrachée en troisième prolongation. C'était pas mal cool», raconte-t-il.
Si on oublie cette année, les Oilers sont l'équipe qui ont remporté seulement deux rondes éliminatoires et qui ont raté les séries 13 fois dans les 20 dernières saisons.
Kassian se fiche bien des déboires actuels de son équipe favorite d'autrefois. Le petit garçon qui sommeille en lui aimerait quand même réaliser un rêve ce soir.
Il n'a jamais eu la chance de participer à un «vrai» match à Rexall Place.
Quand il jouait dans la LHOuest, la capitale albertaine n'avait pas de club junior. Les Oil Kings n'existaient pas encore.
Il a rendu visite aux Oilers une fois quand il appartenait à l'organisation du Wild du Minnesota. C'était un match préparatoire au mois de septembre. Ça ne compte pas vraiment.
«Ce serait vraiment extraordinaire. Je ne sais pas combien de membres de ma famille ont acheté des billets dans le but de me voir, mais je crois qu'ils seront nombreux. Je rêve de jouer sur cette patinoire depuis que je suis enfant. Si on m'offre cette possibilité, je me sentirai choyé», confie-t-il.
Pas éternel
Surtout que l'amphithéâtre où Wayne Gretzky et Mark Messier ont connu leurs heures de gloire ne sera pas éternel.
«Selon ce je comprends, on est sur le point d'entreprendre la construction du prochain domicile des Oilers», souligne-t-il.
En évoluant dans l'Association Est, Kassian n'aura pas 100 opportunités de jouer à Rexall Place.
Il est pourtant réaliste. Il a été laissé de côté 35 fois dans les 61 premières parties de la saison. Plus la saison avance, moins ses entraîneurs ont l'air de le trouver utile.
Paul MacLean l'a utilisé seulement deux fois dans les 13 dernières parties. Une fois contre les Maple Leafs de Toronto, une fois contre les Bruins de Boston. Au Air Canada Centre, le 1erfévrier, il a passé tout juste 90 secondes sur la glace.
Pour celui qui ambitionnait de devenir un joueur à temps complet dans la LNH lorsque les Sénateurs ont fait son acquisition l'an dernier, la pilule est parfois dure à avaler.
«Je n'ai quand même rien de mal à dire sur l'organisation. Malgré tout, je vis une expérience très enrichissante», dit celui qui a passé cinq saisons et demie dans les mineures au début de sa carrière.
«Même quand c'est difficile, vous ne me verrez jamais bouder. Je dois ça à mes coéquipiers. Bouder n'aiderait en rien ma situation. Ça ne ferait de bien à personne, en fait.»
Sstlaurent@ledroit.com