Depuis son arrivée derrière le banc du Canadien, Claude Julien a une fiche de 9 victoires et 4 défaites en 13 parties avant celle de dimanche soir.

Marcel Julien fier de son rejeton

Comme d'habitude, les partisans du Canadien de Montréal étaient nombreux, très nombreux samedi soir dans les gradins du Centre Canadian Tire.
Parmi ces amateurs qui affichaient fièrement leurs couleurs tricolores, il y en avait un qui, il n'y a pas si longtemps, avait encore une affiche sur la porte de garage de sa compagnie de toitures à Navan où on pouvait lire « Avenue Bruins ».
Marcel Julien était évidemment bien fier de la victoire de 4-3 en fusillade du club de son rejeton, Claude, contre les Sénateurs d'Ottawa. Il ressent toujours beaucoup de fierté à voir les réalisations dans le hockey du gagnant de la coupe Stanley à Boston et de la coupe Memorial il y a 20 ans avec les Olympiques, mais c'est particulièrement satisfaisant quand il défend les couleurs de l'équipe qu'il a favorisée toute sa vie.
« C'était mon club quand j'étais jeune, et ce l'était encore plus quand Claude a été là la première fois (de 2002 à 2006). Ensuite, il a passé 10 belles années à Boston, mais même quand il était là, j'aimais encore Montréal pareil. C'était mon second club, disons. Boston pour commencer, et ensuite je prenais pour Montréal. Ça a été quelque chose quand ils se sont affrontés l'année de la coupe (2011) », s'est-il remémoré en entrevue avec le Droit après la rencontre, pendant que le pilote du Canadien remplissait ses obligations médiatiques d'après-match.
« C'est facile pour moi de redevenir un partisan du Canadien seulement, il me restait un peu de vêtements aux couleurs du club. Mais on va s'équiper en neuf aussi maintenant. On est bien fier qu'il soit revenu à Montréal », ajoute Marcel Julien en riant, sa casquette du Tricolore vissée fièrement sur la tête.
Claude Julien l'a souvent indiqué au fil des années, il tient son éthique de travail comme entraîneur-chef des années où il passait ses étés à travailler pour la compagnie familiale, Almar Roofing. La compagnie dirigée à l'époque par son père ainsi que son frère Richard lui donnait un emploi physique au cours des saisons estivales du temps où il était joueur, et il y donnait encore un coup de main à ses débuts comme entraîneur avec les Olympiques de Hull, alors qu'il était adjoint à Robert Mongrain.
L'homme de hockey de 56 ans aurait pu se la couler douce quand les Bruins l'ont limogé le 7 février dernier pour le remplacer par Bruce Cassidy. Mais quand le d.g. du Canadien Marc Bergevin lui a fait signe pour prendre la relève à Michel Therrien une semaine plus tard, il n'a pas hésité, un contrat de cinq ans devant lui rapporter 5 millions $ par an, selon le bruit qui court, ne nuisant pas à le convaincre de reprendre du collier immédiatement.
« Il pensait prendre un peu de recul parce que lors des dernières années, il a été occupé avec Équipe Canada (pour la Coupe du Monde notamment). Il n'avait pas beaucoup de temps pour aller dans son chalet dans la région ici, et il pensait passer plus de temps avec sa famille. Mais quand le Canadien l'a appelé pour revenir, l'offre était trop bonne pour qu'il reste à la maison », a dit Julien père, au sujet de son fils de 56 ans qui est père de trois jeunes enfants.
Rencontré après la partie de samedi soir, Claude Julien est conscient qu'il a fait bien plaisir à son paternel en reprenant du collier derrière le banc de la Sainte-Flanelle. Mais ils n'ont pas été consultés avant qu'il prenne sa décision. C'est avec son épouse Karen qu'il a dû « négocier ». « Il a appelé sa mère pour lui apprendre la nouvelle parce que moi, je suis parfois difficile à rejoindre, je cours un peu partout », a-t-il raconté dans une récente entrevue avec TVA Sports.
Les Sénateurs en bref
Saison terminée pour White
L'espoir des Sénateurs Colin White a vu sa saison prendre fin samedi soir alors que Boston College s'est incliné 4-3 devant UMass Lowell en finale de la ligue Hockey East. Le DG adjoint Randy Lee pourra donc maintenant lancer les négociations avec son agent Kent Hugues, mais alors que le DG Pierre Dorion avait évoqué la possibilité de l'insérer à son alignement en fin de saison après l'élimination de son club universitaire, il a semblé moins optimiste après ses acquisitions à la date limite des échanges. Le club pourrait toujours lui faire signer un contrat d'essai amateur pour que ce choix de première ronde en 2015 aille finir la saison avec le club-école de Binghamton. White a récolté 16 buts et 33 points en 35 parties cette saison à BC. 
Karlsson « la bête »
L'entraîneur-chef Guy Boucher a bien fait rire les journalistes dimanche midi en parlant de son capitaine Erik Karlsson, qui a passé plus de 33 minutes sur la patinoire samedi soir dans le revers de 4-3 en tirs de barrage contre les Canadiens. « En prolongation, il a couché sur la glace ! », a-t-il lancé. Incluant les 1:58 d'une attaque à cinq en fin de prolongation, il a passé 3:51 minutes sur la glace lors de la quatrième période. Boucher n'était pas inquiet que son capitaine manque d'essence dans le deuxième match en deux soirs : « Ce gars-là est une machine. Steven Stamkos était semblable à Tampa. Génétiquement, ces gars-là sont des bêtes. Toute l'année, on s'est préparé pour ces moments-là, on lui a donné beaucoup de repos.... On n'a pas atteint (le point de non-retour) avec Erik », a-t-il ajouté.
Gros match de Brassard
Lors du revers de samedi, le Gatinois Derick Brassard a joué un fort match avec un but et une passe. Le filet en avantage numérique était son 13e de la saison, ce qui lui a permis momentanément d'égaler son colocataire Ryan Dzingel, qui a cependant marqué 1:16 après lui au deuxième tiers. « J'ai repris rapidement le droit de le taquiner à la maison, a blagué Dzingel après le match. J'aime bien jouer à nouveau avec lui, ce que j'avais lors des premières semaines de la saison. Il était pas mal content après mon but, il m'a sauté dans les bras pas mal fort. J'ai bien ri. On a une bonne chimie, sur la glace comme en dehors de celle-ci. »