Marc Méthot est triste de quitter Ottawa, mais comprend pourquoi il ne fait plus partie de l'organisation des Sénateurs.

Marc Méthot «heureux» d'aboutir à Dallas

Marc Méthot comprend que c'est pour des questions d'affaires qu'il ne fait plus partie des Sénateurs d'Ottawa, et après avoir été frustré de faire partie des Golden Knights de Vegas pendant cinq jours sans faire partie de leurs plans, il a été soulagé d'apprendre qu'il était échangé aux Stars de Dallas lundi soir.
Le défenseur franco-ontarien originaire d'Ottawa a donné sa première entrevue de la dernière semaine au Droit mardi matin, racontant à quel point il est passé par toute la gamme des émotions au cours de la dernière semaine.
« Au début, j'étais triste parce que je ne voulais pas partir, a-t-il confié. Je me doutais pour avoir eu une courte conversation (avec un dirigeant de Vegas) que les Golden Knights ne seraient pas mon équipe pour le futur. Et après cinq ou six jours, je commençais à ressentir de la frustration parce que je voulais savoir où j'allais aboutir. J'ai une famille, un bébé qui s'en vient en décembre... Quand la nouvelle (de l'échange) est arrivée, c'était une bonne nouvelle pour moi. Dallas était mon choix numéro un, c'est une équipe avec plusieurs bons joueurs, des vétérans, et ils vont avoir un bon duo de gardien avec Ben Bishop qui s'en vient pour travailler avec (Kari) Lehtonen. »
Méthot a ajouté plus tard en entrevue qu'il ne tenait pas rigueur au d.g. Pierre Dorion d'avoir déclaré que sa perte n'était pas la fin du monde, que le club « a perdu le partenaire du meilleur défenseur au monde, pas Erik Karlsson ».
« Je n'ai rien à redire sur l'organisation, j'ai eu cinq belles années à Ottawa à jouer avec un club compétitif. Ça a été toute une expérience de jouer dans un marché canadien, là où je suis né en plus. Pierre a été de première classe avec moi, il m'a bien expliqué pourquoi j'étais exposé (au repêchage d'expansion) bien avant que ça arrive, le club n'avait pas beaucoup de choix. Ça a été un choc un peu au début, mais je comprends l'aspect business du hockey, il n'y a pas de problème. Je comprends aussi que Pierre a un travail à faire pour parler aux partisans, ça m'importe peu ce qu'il dit maintenant dans les médias », a affirmé l'arrière qui est sous contrat pour encore deux saisons à un salaire de 4,9 M$ par an.
« Il a raison en fait, ils vont bien trouver quelqu'un pour me remplacer (aux côtés de Karlsson) éventuellement », a-t-il ajouté, réitérant qu'il ne tenait pas rigueur à Dion Phaneuf d'avoir refusé de lever sa clause de non-mouvement.
Méthot devrait passer d'un partenaire suédois à un autre alors que les Stars planifient de l'unir à leur quart-arrière offensif, John Klingberg. « Je ne sais pas avec qui je vais jouer là-bas. Je connais bien l'entraîneur (Ken Hitchcock) pour avoir joué sous ses ordres à Columbus. Je sais à quoi m'attendre et c'est important pour moi. Le plus difficile dans les derniers jours, ça a été de ne pas savoir où j'allais me retrouver », a-t-il dit.
L'autre aspect difficile pour le sympathique hockeyeur de 32 ans est de devoir dire au revoir à tous ses amis au sein de la formation des Sénateurs.
« Je vais m'ennuyer des gars, c'est certain, a noté le grand ami du centre gatinois Derick Brassard. J'ai beaucoup apprécié l'amitié de grands joueurs comme "Karl" (Erik Karlsson), "Alfie" (Daniel Alfredsson) il y a quelques années, "Neiler" (Chris Neil) et "Philly" (Chris Phillips) », a-t-il mentionné en terminant son entrevue avec le Droit, première qu'il a accordée mardi alors qu'il s'est notamment prêté à un appel-conférence avec les médias de Dallas.
Son acquisition contre un choix de deuxième ronde en 2020 et un gardien de 18 ans acquis au repêchage de samedi dernier, Dylan Ferguson, a été saluée par plusieurs observateurs. « Ce n'est pas un gros prix à payer pour un défenseur capable de jouer dans le top-4, a dit l'ancien défenseur des Sénateurs Jason York, maintenant un analyste à Sportsnet, au site internet des Stars. C'est presqu'une situation parfaite pour lui (de passer de Karlsson à Klingberg comme partenaire). »
« Il est un joueur qui joue de façon très simple, qui ne se complique pas la vie. Pour jouer avec un gars qui déplace bien la rondelle, il faut être capable de le faire aussi, ce qu'il fait, a renchéri Ray Ferraro, analyste des parties des Sénateurs à TSN. Il a toujours été un filet de sécurité pour le meilleur défenseur de la ligue. Et il est un bon gars, avec une excellente personnalité. Il va être une perte pour Ottawa autant en dehors de la glace que sur celle-ci. »
Chabot vise d'abord un poste à Ottawa
Thomas Chabot pourrait sans doute être celui qui sera appelé à remplacer Marc Méthot au sein de la brigade défensive des Sénateurs. Reste à voir s'il aura le privilège de jouer aux côtés d'Erik Karlsson.
Thomas Chabot ne mettra pas la charrue avant les boeufs.
L'espoir numéro un de l'organisation des Sénateurs sait qu'un poste prestigieux à la gauche d'Erik Karlsson est disponible avec le départ de Marc Méthot, mais avant d'aspirer à celui-ci, il doit d'abord s'assurer de faire partie de l'édition 2017-2018 du club de la LNH.
En débarquant au camp de développement de l'équipe cette semaine, moins d'un mois après sa participation au tournoi de la coupe Memorial avec les Sea Dogs de Saint-Jean, le défenseur beauceron n'a qu'une chose en tête : « Mon but, c'est certain, c'est de leur montrer que je suis prêt à jouer dans la Ligue nationale. J'ai eu une très bonne saison, j'ai démontré beaucoup de choses à toute l'organisation, mais là, c'est le temps pour moi de prendre un step, dès le camp de développement. J'étais prêt dès les tests physiques de ce matin, même si je ne je me suis entraîné que pour une semaine avant d'arriver ici », a-t-il confié au Droit après la première séance sur la glace du Sensplex.
L'arrière qui a joué un match dans la LNH l'automne dernier avant d'être le joueur et défenseur par excellence du Championnat mondial junior en plus d'être le joueur le plus utile des séries de la LHJMQ remportées par son club ne veut pas trop penser au poste laissé vacant par Méthot. « C'est certain que c'est excitant parce que c'est un gaucher comme moi, mais ça va être en septembre seulement. J'ai un gros été devant moi, j'ai des objectifs que je me suis fixés et ça va être très important pour ce poste-là... Je veux m'assurer d'un poste à temps plein à Ottawa et le reste est secondaire, on verra ensuite. Si je dois aller dans la Ligue américaine, ce serait correct aussi. Tu regardes l'historique des bons défenseurs de la ligue et il y en a plusieurs qui ont fait un séjour dans la Ligue américaine. Ça ne sera pas la fin du monde si je dois aller à Belleville », a-t-il noté.
Chabot espère ajouter de cinq à huit livres à sa charpente, lui qui s'est rapporté mardi à un poids de 190 livres. Comme il n'y aura pas d'autres camps de hockey cet été, contrairement aux autres années où il était accaparé par Hockey Canada, il pense pouvoir se concentrer sur l'atteinte de ses objectifs en gymnase ainsi que sur la glace. Il s'entraîne quotidiennement à l'Université Laval à Québec, aux côtés de plusieurs professionnels. « Il y a des gars comme Patrice Bergeron, David Desharnais, Antoine Vermette et David Savard qui sont là, c'est un excellent environnement pour moi », note-t-il.
L'an dernier à pareille date, Chabot s'était attiré des critiques du d.g. adjoint Randy Lee pour un certain manque d'intensité. Ce dernier doute que ça se produise à nouveau. « Je veux juste le voir montrer qu'il a amené son jeu à un autre niveau et qu'il agisse en leader. Il travaille encore sur certains aspects de son jeu, comme son tir. Mais nous sommes heureux de sa progression cette année, il se défend mieux, il a plus d'endurance, il est plus fort sur son bâton. On veut qu'il envoie le message aux entraîneurs et au directeur général que oui, je vais lutter pour un poste (la saison prochaine) », a indiqué Lee.