À ses cinq derniers matches, Robin Lehner a encaissé cinq défaites. Dix-neuf buts dans ses 245 dernières minutes de jeu. Un vrai cauchemar.

MacLean fera encore confiance à Lehner

Craig Anderson était sur la patinoire vendredi matin. Il était à l'aéroport Cartier-MacDonald vendredi après-midi. Il était au Texas vendredi soir.
Il ne sera toutefois pas «dans» son uniforme samedi après-midi.
«Craig est capable de voyager, mais il n'est pas capable de participer à un match», indique Paul MacLean.
On devine ce que cela signifie.
«Ça veut dire que Robin Lehner sera notre gardien de buts contre les Stars de Dallas.»
Pauvre Lehner.
À ses cinq derniers matches, il a encaissé cinq défaites. Il a encaissé 19 buts dans ses 245 minutes de jeu. Ça lui confère un taux d'efficacité à peine supérieur à 86%.
Un vrai cauchemar. Un cauchemar éveillé. Un cauchemar qui s'étire.
«Ce n'est pas une situation frustrante. C'est ça qui est ça. Nous avons composé avec des blessures dans le passé. Dans le meilleur des mondes, notre gardien de buts numéro un serait des nôtres en cette fin de saison. Comme ce n'est pas le cas, on va continuer d'utiliser l'autre gars.»
L'autre gars se trouve dans une drôle de situation. Depuis le jour où il a été repêché par les Sénateurs, il y a bientôt cinq ans, il répète à qui veut bien l'entendre qu'il aspire à devenir un des meilleurs gardiens de buts de la Ligue nationale de hockey.
On lui donne enfin la chance de jouer chaque soir. Il ne peut pas se plaindre.
Une «très mauvaise passe»
«C'est juste que je suis coincé dans une méchante glissade, reconnaît-il. Je ne vais pas commencer à demander des journées de congé parce que les choses n'ont pas changé pour moi. Je veux toujours jouer au hockey. J'ai besoin de participer à plein de matches. J'ai besoin d'apprendre. Je ne vous cacherai pas que je traverse une mauvaise passe. C'est une très mauvaise passe en fait. Un vrai de vrai défi mental.»
On va quand même lui donner ce qui lui revient. Dans sa situation, d'autres gardiens longeraient les murs et fuiraient les journalistes comme la peste.
Lehner fait face à la musique. Il répond aux questions des journalistes jour après jour.
«Les gens ont le droit de dire ce qu'ils veulent de moi en ce moment. Ils ont le droit de penser que je suis pourri. Ils ont peut-être raison de penser ainsi. Ça ne change pas mon opinion de moi-même.»
«Un marqueur naturel peut essayer de changer sa façon de jouer quand ça ne fonctionne pas. Il peut miser sur la robustesse pour essayer de se relancer. Les gardiens n'ont pas cette chance», se plaint Robin Lehner.
«Je suis à la fois inquiet et pas vraiment inquiet. Je sais que je vais rebondir. Je crois que toute l'équipe va rebondir.»
La confiance de MacLean
Lehner compte toujours sur la confiance de son entraîneur. Au terme de sa plus récente contre-performance, jeudi, MacLean a insisté pour qu'on sache que les coupables en défensive étaient nombreux. Il a essentiellement répété la même chose hier. «Les cinq patineurs que j'envoie sur la patinoire commettent des revirements. Ils écopent de mauvaises pénalités. Ils trouvent plein de moyens originaux de mettre leur gardien dans le trouble.»
Dans un élan optimiste, le coach ajoute que Lehner va survivre à cette fin de saison difficile.
«Dans le passé, nous l'avons placé dans des situations difficiles en tant que gardien de buts numéro deux. Nous l'avons utilisé à Boston, à Détroit, à Toronto. Il s'en est bien tiré. Il s'en est même très bien tiré. Il apprend maintenant à quel point il est difficile de briller dans un rôle de gardien de buts numéro un.»
«Tout cela fera de lui un meilleur gardien dans le futur. J'aimerais d'ailleurs que le futur en question soit notre prochain match.»