Clarke MacArthur (16) sait exactement ce que traverse Sidney Crosby.

MacArthur sympathise avec Crosby

NEW YORK - Si quelqu'un pouvait sympathiser avec Sidney Crosby quand il s'est fait sonner par un double-échec de Matt Niskanen lundi soir dans la série entre Pittsburgh et Washington, c'est bien Clarke MacArthur.
L'attaquant des Sénateurs a eu de multiples commotions cérébrales - quatre en 18 mois dans son cas - tout comme la vedette des Penguins, qui s'en est vu diagnostiquer officiellement une autre mardi, tel qu'annoncé par son entraîneur-chef Mike Sullivan. Il était donc particulièrement bien placé pour en parler, quelques heures avant d'affronter les Rangers au Madison Square Garden vu qu'il était bien remis d'un nerf coincé dans la région du cou.
« Considérant son historique (de commotions cérébrales), ce n'était pas beau à voir, c'est certain, a-t-il commenté. Ça a été révisé par la ligue, qui a décidé que ça ne valait pas de suspension. Ça reste une mauvaise sensation de voir comment son cou et sa tête ont encaissé le coup. Je ne sais pas si c'était salaud. Ça ne semblait pas intentionnel ou malicieux en tout cas. C'est juste un coup difficile à encaisser. »
Étant passé par là lui-même, quatre fois plutôt qu'une, MacArthur pensait moins au besoin pour une sanction disciplinaire qu'à la santé de Crosby.
« J'imagine qu'il cherche à demeurer positif, mais quand ça t'arrive, à l'origine, tu penses au pire. Peu importe qui tu es, tu te dis : "Oh non". On ne peut qu'espérer que les choses vont bien tourner pour lui, que ce ne soit pas trop sévère. Il va certainement être bien traité », a-t-il ajouté.
Les deux premières parties de la série entre les Rangers et les Sénateurs n'ont pas donné lieu à des débordements semblables à ce qui se passe dans le duel Capitals-Penguins, les solides mises en échec entre les coups de sifflet n'ayant pas engendré ensuite des échauffourées après ceux-ci.
C'est une bonne affaire pour un gars comme MacArthur, qui peut bien se passer de coups de poing à la tête ou de gants au visage.
« Mais on est en série, tu joues souvent contre les mêmes gars et ils commencent à te tomber sur les nerfs. Ça ne prendrait qu'un coup douteux pour mettre le feu aux poudres ici aussi, je suis certain que ça s'en vient à un moment donné », a dit MacArthur à ce sujet.
On pourrait penser que les Rangers, en arrière 0-2 dans la série, auraient cherché à développer une telle haine de leurs adversaires afin de renverser la vapeur, mais ça ne semblait pas être une priorité dans les heures précédant le troisième match.
« Chaque série se développe match après match. Pittsburgh/Washington, ce sont deux équipes qui s'affrontent avec une régularité assez fréquente, a souligné l'entraîneur des Rangers Alain Vigneault. C'est un peu normal que ça se passe ainsi dans leur cas. »
La civilité entre les deux clubs s'est étendue aussi aux deux entraîneurs, qui se sont échangés des cordialités depuis le début, Vigneault aimant une citation de Guy Boucher à l'effet que son club avait été motivé par « la peur de se faire balayer » lors du premier match, alors que ce dernier a ri tout autant quand l'entraîneur originaire de Gatineau a parlé de « surveiller leur checker (Jean-Gabriel Pageau) avec un checker, vu que leur checker a compté quatre buts ».
« Je n'ai pas écouté Alain, c'est vous qui m'avez rapporté ce qu'il a dit. Et je suis pas mal sûr qu'il ne m'a pas écouté lui non plus. C'est le genre d'affaire qui n'est pas pour nous, c'est pour vous qui rendez la game intéressante à un autre niveau. Les partisans ont du fun avec ça, mais tout ce que je regarde, c'est le vidéo de nos parties contre eux et on essaie de s'ajuster à leurs ajustements », a indiqué Boucher.
« Notre série est basée sur la vitesse, et je ne m'attendais pas à d'autres choses que ça. De ce que j'ai compris, leur série contre le Canadien était très physique alors que nous, c'est physique, mais c'est plus rapide que physique. C'est plus dur d'être physique quand c'est rapide comme ça. C'est certain que c'est aussi physique et qu'il y a de l'animosité, mais en ce moment, c'est une bonne série de hockey, les partisans sont assez excités de voir le spectacle », a ajouté Boucher.
Le poulet de Pageau
Trois jours plus tard, le poulet au parmesan consommé par Jean-Gabriel Pageau avant son match de quatre buts lors du deuxième match continuait d'alimenter les conversations dans la capitale et à New York. Mais alors que certains animateurs de radio en consommaient pour déjeuner, et que des partisans entendaient en manger comme repas d'avant-match, le principal intéressé n'était pas certain de garder le même menu qui a si bien fonctionné. « Je ne suis pas superstitieux du tout. Je vais voir ce qui est au menu du repas d'équipe. Si je suis sur le premier autobus (entre l'aréna et l'hôtel), il va peut-être y en avoir un morceau pour moi », a-t-il blagué. Pageau a révélé que des pâtes et du riz accompagnaient le poulet préparé par sa fiancée, Camille.

Vigneault se souvient de Randy Lee
Les notes de presse des Rangers font état des nombreux liens entre les joueurs et dirigeants des deux équipes, mais il y en a un que leurs spécialistes des relations publiques auraient pu difficilement connaître : l'entraîneur-chef Alain Vigneault a eu l'adjoint au DG des Sénateurs Randy Lee comme responsable du conditionnement physique avec les Olympiques de Hull à la fin des années 1980, et il a recommandé aux Sénateurs de l'embaucher comme entraîneur responsable du vidéo lorsqu'ils ont fait leur entrée dans la LNH et qu'il est devenu l'adjoint de Rick Bowness. « Il avait fait tout un sacrifice à l'époque, je pense que son salaire était de 18 000 $ parce que les Sénateurs n'avaient pas une cenne, a raconté Vigneault mardi. C'est très plaisant de voir où il s'est rendu aujourd'hui avec la même organisation. »
Entre les lignes
Vigneault n'a pas voulu dire en matinée s'il apporterait des changements à son alignement. « Vous découvrirez ça ce soir », a-t-il dit. Finalement, il a inséré le robuste Tanner Glass à la place de Pavel Bushnevich... 
Dan Girardi a gagné une coupe Memorial avec Marc Méthot avec les Knights de London en 2005, ce qui fait qu'ils sont liés à jamais. « On se parle toujours quand on se croise pendant la saison, on s'envoie des textos à l'occasion. Mais on ne se parle pas en séries comme ça », a dit Girardi mardi matin...