Clarke MacArthur a recommencé à patiner avec ses coéquipiers il y a quelques semaines et envisage toujours de revenir au jeu.

MacArthur n'abandonne pas

PHILADELPHIE - Clarke MacArthur n'a pas lancé la serviette sur sa carrière, ni même sur ses chances de jouer cette saison.
Alors que les médecins des Sénateurs avaient pris la décision en janvier de mettre un terme à une saison qui n'a jamais pu commencer en raison d'une quatrième commotion cérébrale en 18 mois subie au camp d'entraînement, l'attaquant des Sénateurs a fait savoir lundi qu'il a demandé qu'on le soumette à une nouvelle batterie de tests, dont celui de base pour déterminer si toutes ses fonctions cognitives sont revenues à la normale.
«Il y a deux tests principaux à passer, dont celui avec le crayon et le papier. Si tu passes les deux, tu as le feu vert pour jouer, ou tu es disponible pour le faire. C'est ce que je veux, être disponible pour mettre de la pression sur tout le monde qui veut conserver son poste. C'est ce que tu dois faire comme coéquipier et c'est que je tente de faire, arriver au plus haut niveau que je suis capable d'atteindre et être prêt à jouer», a-t-il déclaré après l'entraînement tenu par l'équipe avant son départ pour Philadelphie.
MacArthur a recommencé à patiner avec le club depuis déjà quelques semaines, alors qu'il s'était réfugié en Floride après l'annonce de janvier dernier pour voir s'il serait capable de commencer une vie de jeune retraité du hockey. Mais à l'âge de 31 ans, bientôt 32 (le 6 avril), il ne se sent tout simplement pas capable de tourner la page.
«J'ai encore espoir pour cette année, je ne pense pas à l'an prochain. Si je m'entraîne aussi fort que je le fais présentement, c'est pour cette année. L'an prochain, c'est l'an prochain... Si quelqu'un écoute ce que je dis, je me sens très bien. Sur la glace, je peux faire tous les jeux. Il ne me manque que la forme de match, ça me prendrait quelques parties pour obtenir ça. Je pense vraiment que je ne serais pas vulnérable, je ne suis pas un joueur qui joue la tête basse. J'ai juste eu quelques malchances, je pense que je suis passé au travers et que je vais être "OK"», a-t-il dit, espérant obtenir quelques parties de saison régulière pour retrouver son synchronisme même s'il pense qu'il serait capable de jouer des matches de séries intenses malgré une absence de deux saisons presque complètes.
Dorion apprécie
Le DG Pierre Dorion apprécie les efforts déployés par MacArthur pour revenir au jeu, mais il semblait entretenir des doutes quant à ses chances de réussite. «On parle de lui faire passer son test de base. Mais pour ce qui est de jouer, le dernier mot revient toujours aux docteurs, ils vont décider. Le faire jouer des matches de fin de saison ou de séries quand il n'a joué que quatre parties en deux saisons n'est peut-être pas la chose la plus intelligente à faire», a-t-il indiqué.
L'entraîneur-chef Guy Boucher ne voulait même pas en parler, lui, alors qu'il préfère se concentrer sur la disponibilité des joueurs qu'il a actuellement sous la main, groupe qui ne comprend pas le défenseur Marc Méthot, dont le statut «de semaine en semaine» ne sera réévalué que d'ici trois ou quatre jours, après des examens plus approfondis à son doigt blessé par un coup de bâton de Sidney Crosby jeudi dernier.
Un Burrows plus discipliné à Ottawa
PHILADELPHIE - Après 12 parties avec les Sénateurs, Alexandre Burrows donnait l'impression qu'il était devenu un candidat au trophée Lady-Bing de joueur le plus gentilhomme de la LNH.
L'attaquant acquis des Canucks de Vancouver le 27 février dernier n'avait écopé d'aucune punition et il ne s'impliquait que rarement dans des échauffourées. Tout cela a changé à Montréal, où il a lâché les gants contre Andrew Shaw en début de match en plus d'écoper d'une mineure pour avoir retenu dans le revers de 3-1 contre les Canadiens.
« Mon premier cinq minutes et mon premier deux minutes, il fallait bien que ça arrive. Ça fait partie de la game. Avant ça, j'étais juste chanceux ou les arbitres callent ça un peu plus serré, comme en séries, donc tu fais un peu plus attention pour aider l'équipe à avoir du succès. Je ne veux pas nuire à l'équipe en écopant de punitions inutiles, mais ça - provoquer l'adversaire et compétitionner - va faire partie de mon jeu, c'est sur et certain », a confié Burrows au Droit.
L'attaquant québécois estime que sa réputation d'agitateur est peut-être un peu surfaite.
« À Vancouver, j'ai eu plusieurs réunions avec des dirigeants qui me disaient d'essayer de faire comme Stan Mikita, qui était un des joueurs les plus détestés de la ligue une année et qui avait gagné le Lady-Bing l'année d'après. Mes trois ou quatre premières années de ma carrière, je cherchais vraiment le trouble, je cherchais à déranger les gens. Mais la ligue a changé, la mentalité a changé. Il y a moins de choses qui arrivent après le sifflet, moins d'échauffourées aussi, et il y a plus de caméras et de micros aussi. C'est bien moins pire qu'avant. J'ai vieilli, aussi », a noté l'attaquant de 35 ans.
Guy Boucher aime bien la discipline affichée par son nouveau protégé : « Quand tu regardes la progression de la carrière de Burrows, à ses premières années, il était un perturbateur sur la glace. Mais quand tu regardes ses années dans la ligue, ce qui l'a caractérisé, c'est plus son intelligence, sa capacité à jouer avec les meilleurs joueurs dans les moments cruciaux de la game. C'est ce qu'il a amené ici avec nous. Ça prend beaucoup d'énergie ce qu'il faisait avant, et quand tu vieillis, tu as besoin de cette énergie-là pour ton jeu. Il se concentre là-dessus en ce moment », a souligné Boucher.