Brady Tkachuk a terminé la soirée avec un but, une passe, huit tirs et cinq mises en échec.

Les Sénateurs s'inclinent 3-2 en prolongation à Montréal

MONTRÉAL — Pour qu’une rivalité entre deux équipes sportives s’enflamme, il faut que certains athlètes soient disposés à jeter un peu d’huile sur le feu.

Brady Tkachuk se ferait sans doute un plaisir de raviver la rivalité, dormante, entre les Sénateurs d’Ottawa et le Canadien de Montréal.

Le jeune leader a permis à son équipe d’aller chercher un gros point sur la route, mercredi soir, au Centre Bell.

Il a marqué un but, obtenu une mention d’aide, décoché huit lancers vers le filet de Cayden Primeau et complété cinq mises en échec.

Il s’en voulait, après la partie, parce qu’il a fait une mauvaise passe en prolongation. Cette passe a mené au but gagnant de Ben Chiarot.

«Un point, sur la route, c’est mieux que rien. Sauf que je voulais vraiment qu’on sorte d’ici avec deux points», a-t-il déclaré, au terme d’un match que le Tricolore a gagné, 3-2.

Il s’en remettra.

En début de troisième période, quand le Canadien s’est donné une priorité de deux buts, il se dirigeait alors vers une victoire assez facile.

C’est à ce moment, précis, qu’il a décidé de changer l’allure de la rencontre.

Il a d’abord privé Primeau d’un jeu blanc, en marquant un but durant une supériorité numérique.

Une dizaine de minutes plus tard, il a préparé le but égalisateur de Connor Brown.

Tkachuk a presque complété un tour du chapeau à la Gordie Howe.

Durant une rixe qui a éclaté derrière le filet du Canadien, au deuxième tiers, il s’est retrouvé devant Shea Weber.

Les deux colosses ne se sont pas officiellement bagarrés. Ils ont donc écopé de pénalités mineures pour rudesse. «Je ne sais pas trop comment c’est arrivé, raconte Tkachuk. J’essayais juste de compléter un jeu au filet. J’ai senti que le filet sortait de ses amarres. Je me suis rendu compte que Shea fonçait sur moi. J’ai juste essayé de me défendre.»

«Je crois qu’on s’est livré une belle petite bagarre.»

Les partisans montréalais ont scandé le nom de Primeau durant la deuxième période. C’est pourtant le gardien du club visiteur qui livrait la meilleure performance.

Anders Nilsson avait brillé, lundi, dans la victoire contre les Bruins de Boston. Il avait fait face à un barrage de 40 lancers. Près du quart avaient été obtenus par Patrice Bergeron et David Pastrnak.

Le Canadien n’a peut-être pas de joueurs de leur calibre, mais les attaquants de Claude Julien lui en ont fait voir de toutes les couleurs. Particulièrement durant une deuxième période où ils ont profité de quelques supériorités numériques.

Nilsson a été sauvé une fois par ses poteaux. Un tir foudroyant de Jeff Petry a frappé une tige de métal, alors que Montréal pouvait attaquer à quatre contre trois.

Nilsson a complété sa soirée de travail avec 26 arrêts.

Nick Cousins et Tomas Tatar ont été les deux autres marqueurs du Canadien.

Parenthèse. On dit souvent que le gardien de but suédois est un de ceux qui travaillent le plus fort, jour après jour, chez les Sénateurs.

Mercredi matin, au Centre Bell, D.J. Smith avait décrété que la participation à la séance de patinage d’avant-match n’était pas obligatoire.

Quatre joueurs ont choisi de chausser les patins.

Il y avait, bien sûr, les réservistes Mikkel Boedker et Maxime Lajoie. Le gardien de buts numéro deux Marcus Högberg n’a pas eu le choix de s’habiller pour les aider dans les exercices avec lancers.

Nilsson a choisi de faire pareil, même s’il n’était pas obligé.

«Avec Andy, il est notre pilier depuis le début de la saison», dit Tkachuk.

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WEBER, CHIAROT ET LES AUTRES

MONTRÉAL — Au premier entracte, D.J. Smith a cru bon servir un avertissement à ses joueurs.

Après 20 minutes de jeu, les Sénateurs dominaient au chapitre des tirs au but, mais l’entraîneur-chef des Sénateurs n’était pas complètement satisfait.

« Nous avions décoché plusieurs tirs au but, mais nos lancers provenaient presque tous de l’extérieur de l’enclave. J’ai fait comprendre aux gars qu’il fallait travailler un peu plus fort pour entrer à l’intérieur et obtenir de meilleures opportunités. »

« En deuxième, l’effort a été meilleur. En troisième aussi. Quand l’effort est satisfaisant, il faut accepter le résultat. On ne peut quand même pas toutes les gagner... »

Les joueurs des Sénateurs ont raté une belle opportunité de gravir un échelon au classement. Une victoire à Montréal leur aurait permis de ravir le 13e rang dans l’Association Est aux Blue Jackets de Columbus.

Anders Nilsson a avoué après la rencontre que plusieurs tirs des Montréalais n'étaient «pas commodes».

Les joueurs qui ont eu à travailler fort pour entrer à l’intérieur de l’enclave dans les 40 dernières minutes de jeu ont tenu à rendre hommage à ceux qui leur ont rendu la vie dure.

« Leurs gros défenseurs ont fait du bon boulot quand est venu le temps de nous repousser à l’extérieur de l’enclave », commente Connor Brown.

« Il a fallu redoubler d’efforts pour trouver le chemin du filet, vers la fin de la partie », ajoute-t-il.

Claude Julien s’est vraiment appuyé sur son meilleur duo, alors que son équipe jouait un deuxième match en autant de soirs. Shea Weber a passé 26 minutes et 28 secondes sur la patinoire. Ben Chiarot a été le deuxième défenseur le plus utilisé, à 25:50.

« Leurs gros défenseurs ont de très bons lancers, aussi. Ils ont décoché quelques tirs qui n’étaient pas commodes », a souligné
Anders Nilsson.