Le défenseur québécois Thomas Chabot est présentement en isolement volontaire pour 14 jours puisqu’il était en Californie lorsque Gary Bettman a décrété l’arrêt de travail des joueurs de la LNH dans le but de contrer la propagation de la COVID-19.

Les Sénateurs s’engagent à aider leurs employés à temps partiel

Les Sénateurs d’Ottawa ont annoncé en soirée lundi qu’ils s’engageaient à venir en aide à leurs employés à temps partiel lundi, devenant la dernière équipe canadienne à le faire depuis le début de la crise de la COVID-19 la semaine dernière.

L’équipe qui n’a actuellement pas de président a affirmé dans un courriel envoyé aux médias qu’elle « appuierait tout employé à temps partiel ayant besoin d’un appui financier pendant la pandémie du coronavirus (COVID-19) ».

Devant cet engagement qui était bien vague, les joueurs de l’équipe n’ont pas encore décidé ce qu’ils pourraient faire pour contribuer à des mesures compensatoires, comme plusieurs de leurs collègues à travers la LNH — incluant ceux de leurs deux plus grands rivaux, les Maple Leafs de Toronto et le Canadien de Montréal — se sont déjà engagés à le faire, a confié le défenseur vedette Thomas Chabot en entrevue avec Le Droit lundi.

« On vient juste d’apprendre (lundi) qu’on peut retourner à nos résidences principales, tout le monde est en train de faire ses valises et se préparer à voyager, donc on n’en a pas encore parlé à ce moment-ci, a indiqué l’arrière québécois. C’est certain que ce qui arrive est vraiment dommage pour tous ces employés de l’aréna. Ce n’est pas de leur faute autant que ce n’est pas de la nôtre. On n’en a pas parlé, mais il y a de belles initiatives qui se font en ce sens. »

Les Sénateurs avaient quatre autres parties à leur calendrier local à jouer, à commencer par celle de mercredi contre Edmonton, seule visite de l’année de Connor McDavid. Plusieurs autres activités, comme les concerts de Pearl Jam et James Taylor, et une visite des Harlem Globe Trotters, ont été annulées ou reportées, le prochain événement à l’horaire est un spectacle de patinage artistique des « Stars on Ice », le 26 avril.

À Toronto, Maple Leaf Sports and Entertainment a créé un fonds d’aide à ses employés auquel les joueurs des cinq équipes professionnelles (Maple Leafs, Blue Jays, Raptors, Toronto FC et Argonauts) vont contribuer, alors que les joueurs du Canadien ont annoncé lundi qu’ils combleraient le manque à gagner d’un programme de l’équipe visant à combler le manque à gagner entre ce que l’équipe paiera et leur salaire normal. En Floride, le gardien Sergeï Bobrovsky va verser 100 000 $ de son salaire de 10 M$ à un tel fonds, ses coéquipiers égalant la mise.

La LNH a pour sa part décrété que les trois derniers chèques de paie des joueurs, jusqu’au début avril, leur seront versés normalement, malgré la suspension des activités jeudi dernier.

Pour le reste, Chabot est comme un peu tout le monde, vivant dans l’incertitude et observant un isolement volontaire de 14 jours vu qu’il était en Californie quand Gary Bettman a décrété cet arrêt de travail sans précédent.

« C’est pas mal différent. On vit au jour le jour, sans savoir ce qui va se passer. J’essaie de rester en forme du mieux que je le peux, avec l’équipement que j’ai ici à la maison, parce qu’on ne sait pas si ça va repartir. Ce n’est pas trop pire parce qu’on est encore en forme à la fin d’une longue saison, et ça fait passer le temps. On va aussi prendre des marches avec le chien, en essayant de ne pas être trop près du monde. On regarde des films et des séries. Ça fait des journées un peu longues et plates, alors qu’on devrait normalement être en train de jouer au hockey », relate-t-il.

Chabot était toujours à Ottawa au moment de l’entrevue, entendant y passer encore quelques jours avant de prendre le chemin de son patelin de Sainte-Marie de Beauce, où il passe ses étés près de ses parents.

« Je vais aller passer du temps avec eux. Mon père est enseignant et comme les écoles sont fermées, il est en vacances forcées lui aussi, pour au moins deux semaines. Ma mère était coiffeuse, mais elle a un autre travail maintenant. On va aller passer un peu de bon temps en famille avec eux », a-t-il ajouté.

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SOULAGEMENT TEMPORAIRE À BELLEVILLE

Comme ceux de la LNH, les joueurs de la Ligue américaine de hockey, dont ceux des Senators de Belleville, sont libres de retourner chez eux pendant cette pause forcée par la pandémie du coronavirus.

La Ligue en a fait l’annonce après une réunion via appel-conférence de son Bureau des gouverneurs lundi, par l’entremise d’un court communiqué disant qu’elle «a avisé ses clubs que la suspension indéfinie du jeu dans la LAH ne sera pas levée avant mai».

Pour l’entraîneur-chef des petits Senators Troy Mann, c’est un soulagement — possiblement temporaire — de savoir que des séries éliminatoires pourraient bel et bien avoir lieu.

«Il y a eu beaucoup de travail qui a été fait par nos joueurs pour en arriver où nous en étions, en tête de notre division, et ce serait une énorme déception si on n’avait pas la possibilité de voir jusqu’où on aurait pu se rendre, a-t-il commenté lorsque joint par Le Droit lundi, avant l’annonce de la ligue. Mais évidemment, il y a des plus grands enjeux que la coupe Calder à l’heure actuelle dans le monde.»

Mann a tenu une dernière réunion avec ses joueurs jeudi dernier en après-midi, au lendemain d’un revers à Laval et alors que son club aurait dû prendre l’autobus en direction de Utica, alors que «la situation était très fluide, changeant d’heure en heure». Les directives étant les mêmes que pour la LNH à ce moment, les joueurs avaient comme direction de rester en isolement à Belleville. Elles sont donc les mêmes maintenant qu’il y a eu cette nouvelle directive lundi.

Mann a indiqué que la pandémie a causé un changement de plan en ce qui a trait à une opération à un poignet dont le défenseur Erik Brännström avait besoin. «Il était en route vers New York quand il a eu le message de revenir, ce que ce n’était plus possible de faire l’opération. Je n’ai pas eu de mise à jour, mais je pense qu’ils vont essayer de la faire à Ottawa», a-t-il révélé.