L'entraîneur des Sénateurs, Paul MacLean.

Les Sénateurs se battront pour leur fierté

La réalité que les mathématiques sont une science implacable a rattrapé les Sénateurs d'Ottawa hier.
Au lendemain d'un humiliant revers de 8-4 contre les Rangers de New York, un club qu'ils avaient de minces espoirs de rattraper, leurs chances de participer aux séries étaient réduites à 2,4%, selon le site Sports Club Stats, qui se spécialise dans l'évaluation de telles probabilités.
Accusant sept points de retard sur les Blue Jackets de Columbus, le club qui occupe la dernière place de «quatrième as» donnant accès à la danse du printemps, avec seulement 14 parties à jouer en saison régulière, le capitaine Jason Spezza parlait encore hier que le match de ce soir contre le Lightning de Tampa Bay au Centre Canadian Tire devra absolument être gagné par son club.
Mais après un entraînement qui a suivi une brève réunion des joueurs derrière les portes closes du vestiaire, il a aussi laissé entendre que les siens devront «jouer pour la fierté» d'ici la fin de la campagne.
Du travail, peu de réponses
«On cherche encore des réponses, on ne sait pas trop quoi faire. On vient à l'aréna, on travaille, mais on doit faire quelque chose de mal. Je pense que le message des entraîneurs passe encore, ils nous préparent bien. C'est à nous (les joueurs) d'aller sur la glace et de jouer», a ajouté le vétéran centre.
Le système de jeu mis de l'avant par l'entraîneur-chef Paul MacLean n'est pas remis en question, soulignait de son côté l'attaquant Clarke MacArthur, qui s'est imposé à sa première saison à Ottawa comme un bon vétéran capable de bien analyser les situations.
«Dans la LNH, les systèmes sont relativement tous pareils. La différence, c'est le niveau de compétition de chaque club. Le nôtre n'est pas assez bon, il doit être beaucoup plus élevé que ça. Si on ne patine pas, qu'on ne se replie pas et qu'on n'est pas fier de notre jeu en zone défensive, comment allons-nous gagner des parties? Quand on accorde huit buts, je me sens mal pour les gardiens. C'est inacceptable de donner des buts à des gars seuls à l'embouchure du filet. Il faut commencer d'abord à resserrer le jeu dans notre zone... Nous sommes trop nonchalants sur bien des jeux», a-t-il souligné.
Les problèmes causés par des revirements dans leur propre territoire ne sont rien de nouveau pour ce club qui a été affligé par cette plaie dès le début de la campagne. Le problème semblait moins prévalent en janvier et février, mais après la pause olympique, le naturel est revenu au galop. Ottawa a alloué trois buts ou plus lors de 12 de ses 15 dernières sorties.
«Je n'étais pas là l'an passé. Mais il y a eu des joueurs ajoutés à l'alignement, en plus de blessés qui sont revenus. Peut-être qu'on croyait que ce serait plus facile dès le premier jour, mais cette ligue va vous rendre humble rapidement. Si vous n'êtes pas professionnel et que vous n'êtes pas prêt à chaque match, c'est ce qui va arriver... C'est difficile de répondre aux questions, car on se les pose nous aussi», a noté MacArthur, parlant aussi d'un groupe «fragile» qui s'effondre à la moindre occasion.
«Que l'on se qualifie pour les séries ou non, on a quand même beaucoup de preuves à faire dans ces 14 dernières parties. Il faut qu'il y ait de la fierté. Pour les gens qui achètent des billets, et pour être capable soi-même de mieux dormir la nuit, il faut faire un meilleur travail pour donner tout ce qu'on a dans le réservoir chaque soir. Si on fait ça, on va mériter un peu plus de respect», a-t-il ajouté.