La brigade défensive des Sénateurs, dont fait partie la recrue Maxime Lajoie, montre des signes encourageants.

Les Sénateurs pas en si mauvaise posture

Ils sont bons derniers au classement général de la LNH à la pause du Match des étoiles en cette saison où les droits sur leur premier choix au repêchage appartiennent à l’Avalanche du Colorado.

L’incertitude plane toujours quant à l’avenir de leurs trois meilleurs attaquants – Mark Stone, Matt Duchene et Ryan Dzingel – qui pourraient devenir des joueurs autonomes sans compensation le 1er juillet prochain, ou être échangés avant la date limite des transactions du 25 février, dans exactement un mois donc, s’ils ne signent pas de prolongations de contrat.

Les pires scénarios d’apocalypse pourraient encore se réaliser pour les Sénateurs d’Ottawa dans le dernier droit de cette saison 2018-2019, en particulier si Duchene, le joueur qui a coûté ce fameux premier choix qui pourrait valoir les meilleures chances à la loterie du repêchage à son détenteur, devait être expédié sous d’autres cieux.

Mais pendant que la plupart de leurs joueurs se prélassent sur des plages du sud de l’hémisphère, laissant sur les réseaux sociaux des images qui font baver d’envie leurs partisans dans la capitale, il faut se demander une chose : est-ce que cette campagne est si pire que ça pour ce club qui a clairement avoué être en reconstruction après avoir échangé son joueur de concession, Erik Karlsson, au premier jour du camp d’entraînement ?

Il ne sera pas question ici des problèmes hors-glace de la franchise, en particulier ceux du propriétaire Eugene Melnyk qui est impliqué dans des poursuites et contre-poursuites pour des millions de dollars avec son partenaire John Ruddy concernant le projet de redéveloppement des plaines LeBreton. Oublions aussi les problèmes aux guichets du club, qui n’a attiré en moyenne que 14 424 amateurs à ses 26 premiers matches à domicile de la saison, un peu plus de 1000 de moins que la saison dernière (moyenne de 15 422 en 39 matches locaux).

D’un strict point de vue hockey, le club dirigé par Guy Boucher n’est pas en si mauvaise posture que ça alors qu’au point de vue du développement des espoirs de l’équipe, celui-ci peut dire mission accomplie.

L’exemple le plus probant est certes celui de Thomas Chabot, qui va représenter son équipe à San Jose ce soir et demain au milieu de sa deuxième saison complète chez les professionnels. Clairement, les Sénateurs ont bien fait de le renvoyer chez les juniors à 19 ans, pour dominer contre des joueurs de son âge. Idem pour la décision de lui faire commencer la saison dernière dans la Ligue américaine, à Belleville.

Mais l’arrière québécois n’est pas la seule histoire à succès du DG Pierre Dorion. Son autre premier choix de 2015, Colin White, a bien profité de son année passée majoritairement à Belleville l’an dernier et il s’impose cette saison comme centre d’un des deux premiers trios, entre Mark Stone, le meilleur joueur du club, et Brady Tkachuk. Ce dernier, premier choix au dernier repêchage (4e au total) s’avère une valeur sûre. Dorion ne devrait pas trop regretter d’avoir utilisé cette sélection au lieu de la refiler à l’Avalanche pour conserver celui de 2019, option qu’il avait dans la transaction Duchene.

Une brigade défensive qui utilise à profusion les recrues Maxime Lajoie et Christian Jaros a également montré des signes de progression au fil de la campagne. En première moitié de saison, les Sénateurs ont alloué 40 lancers ou plus (jusqu’à un sommet de 54 tirs dans un revers à Dallas) à pas moins de 11 reprises. Avant d’avoir une commotion cérébrale à la fin décembre, le vétéran Craig Anderson était le gardien le plus occupé de la LNH. Mais ils n’ont pas alloué plus de 40 lancers depuis le 15 décembre dans un revers contre Montréal, et Boucher faisait remarquer cette semaine qu’une diminution du nombre de chances de compter qui sont allouées, d’après les statistiques compilées par l’équipe, avait été observée. Les chances que le pilote québécois reste en poste après cette saison, la dernière de son contrat, dépendent probablement d’une amélioration continue du jeu défensif.

N’eût été la série de huit revers de suite pendant qu’Anderson était au rancart, les Sénateurs joueraient environ pour ,500 et même si ce n’était pas suffisant pour être dans la course aux séries éliminatoires dans l’association de l’Est, ce ne serait toujours pas la catastrophe qui était anticipée par la plupart des « experts » en début de saison.

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Stone dans la course au trophée Selke

Comme s’il avait besoin d’un argument de plus dans ses négociations de contrat avec les Sénateurs, Mark Stone commence à voir son jeu défensif être reconnu ailleurs que dans la capitale nationale.

L’attaquant des Sénateurs a terminé au troisième rang parmi les candidats au trophée Selke de meilleur attaquant défensif dans le cadre d’un scrutin d’avant-pause du Match des étoiles mené par la Professional Hockey Writers Association (PHWA), organisme qui rassemble les journalistes affectés à la couverture des activités des 31 équipes du circuit Bettman. Il a été devancé au scrutin par le centre des Bruins de Boston Patrice Bergeron, qui a gagné ce trophée à quatre reprises, et par le centre des Panthers de la Floride Aleksander Barkov.

Meilleur compteur des Sénateurs avec ses 50 points (dont 22 buts) en 50 matches, Stone domine la LNH à nouveau cette saison pour les rondelles soutirées à l’adversaire, lui qui en a 76, soit huit de plus que son plus proche poursuivant, Connor McDavid, des Oilers d’Edmonton. Il avait terminé au premier rang à ce chapitre en 2015-2016 et en 2016-2017, en plus de finir à égalité avec Ryan O’Reilly en 2014-2015. Une blessure qui lui a fait rater une vingtaine de matches la saison dernière l’a empêché d’être dans la course pour conserver ce titre.

Stone est le seul Sénateur à avoir été considéré pour les différents trophées qui seront attribués en fin de saison. Les recrues Brady Tkachuk et Colin White ont vu Elias Petersson (Vancouver), Rasmus Dahlin (Buffalo) et Miro Heiskanen (Dallas) les devancer comme candidats au trophée Calder.