L’avantage numérique des Sénateurs est toujours en quête de son premier but cette saison. « Il faut se battre pour les retours, c’est tout ce qu’il nous manque », résume l’entraîneur-chef Guy Boucher.

Les ratés du jeu de puissance

CALGARY — C’était prévisible sans son quart-arrière Erik Karlsson, l’attaque à cinq des Sénateurs d’Ottawa en arrache en ce début de saison.

L’entraîneur-chef Guy Boucher a pourtant consacré beaucoup plus de temps à cet aspect du jeu de son club lors de son deuxième camp d’entraînement, ce qui n’a donné aucun résultat après les trois premiers matches du calendrier, qui ont vu son club être blanchi en 16 chances avec l’avantage d’un homme ou plus. 

En débarquant à Calgary jeudi après une journée de congé à Vancouver, Boucher convenait que plus son équipe passe de temps sans marquer en supériorité  numérique, plus la pression – et la frustration – monte.

« Oui, la pression monte. Ça fait que vous essayez d’autres choses que celles qui vont rapporter. Lors du match précédent (contre Detroit), on était sur le bon chemin. Si on s’en était tenu à ça, probablement qu’on aurait compté un but, mais on n’a pas fait ça, on a commencé à faire des passes transversales, à attendre un jeu supplémentaire, et ce n’est pas assez bon », a commenté Boucher.

« C’est très simple. Nous n’étions pas bons pour entrer dans la zone, maintenant nous le sommes. Nous n’étions pas bons pour éliminer la pression (de l’adversaire), maintenant nous le sommes. Nous obtenons la structure que nous voulons, le problème que nous avons est qu’on n’arrive pas à aller à l’intérieur pour obtenir des buts sur des retours. Si vous regardez autour de la ligue, la plupart des buts des autres clubs sont sur des retours de lancers », a-t-il ajouté.

L’attaquant Mark Stone était d’accord avec son patron. 

« On doit lancer des rondelles au filet. À travers la ligue, les buts qui sont comptés sont autour du but adverse. J’ai vu Pittsburgh compter deux buts sur des retours (jeudi). Il faut lancer de partout, de tous les angles. Si on obtient des tirs d’en haut de la zone, ça va ouvrir le jeu et permettre plus de tirs des deux côtés. Il faut avoir une mentalité de tireurs pas mal plus. On fait de beaux jeux, mais pas assez près du filet », a souligné Stone.

Ce dernier regrettait particulièrement les occasions de déployer l’avantage numérique en prolongation lors des deux premiers matches, contre Washingon et Detroit. « Le jeu de puissance aurait pu nous gagner ces deux parties. Après ça, la pression monte. Elle est là et on doit composer avec. Ne pas marquer en 15 ou 16 chances, ça ne nous aidera pas à gagner des matches », dit-il.

« Il faut être plus déterminé à l’intérieur, près du gardien, se battre pour les retours. C’est tout ce qu’il nous manque. Il faut sortir du périmètre et obtenir des chances secondaires », a réitéré Boucher.

Les Sénateurs ne sont pas les seuls à éprouver des difficultés en avantage numérique en ce début de saison puisque quatre autres clubs (Montréal, Islanders de New York, Anaheim et Los Angeles) ont également été blanchis en ce début de campagne.

La bonne nouvelle dans leur cas est qu’à l’opposé, ils n’ont toujours pas accordé de but quand ils sont en désavantage numérique, en neuf occasions à court d’un homme.

Boucher demeure fort satisfait dans l’ensemble du début de saison de son club, considérant les absences de Karlsson et de Johnny Oduya, qui n’a pas rejoint l’équipe à Calgary et demeure donc un cas douteux pour les deux parties en Alberta, même si Boucher a dit à son sujet « qu’on ne sait jamais, il pourrait prendre un vol s’il a le feu vert des médecins ».

« Toute notre brigade défensive a montré de belles choses au milieu de cette adversité, alors qu’il nous manque des piliers. Notre gardien a bien joué également, mais de match en match, on donne de moins en moins de chances de compter, même si Erik et Oduya ne sont pas là », a-t-il souligné.

Boucher entendait discuter avec son personnel d’entraîneurs en soirée jeudi de la possibilité de conserver le même alignement que mardi à Vancouver, avec sept défenseurs incluant les jeunes Thomas Chabot et Christian Jaros, ou encore d’y aller avec quatre trios complets.

Réunion de la famille Stone

L’attaquant des Sénateurs Mark Stone affrontera son frère Michael, un défenseur, pour la première fois depuis qu’il est passé des Coyotes aux Flames la saison dernière, devant ses parents venus de Winnipeg pour l’occasion. Son aîné de deux ans est maintenant le père de jumeaux qui ont eu un an récemment, et il leur a rendu visite l’été dernier, ainsi que jeudi soir.

«Je connais la ville ici un peu mieux maintenant. C’est le fun d’être autour d’eux et de les voir développer leur personnalité», a dit «l’oncle» Stone.

«Je suis content pour lui, il est dans un meilleur environnement ici, après des années difficiles en Arizona. Jouer contre lui, j’y suis habitué. Je l’ai affronté deux fois en séries ici (à Calgary), on a joué l’un contre l’autre à la coupe Memorial aussi, puis une fois dans les mineures et plusieurs fois dans la LNH. Ce n’est rien de nouveau, mais ce n’est jamais plus facile de jouer contre ton frère. C’est le fun.»