Marc-André Fleury n'a eu que 22 arrêts à faire pour signer le jeu blanc, incluant six en troisième période.

Les Penguins l'emportent

PITTSBURGH - Les Sénateurs d'Ottawa ont encore donné énormément de fil à retordre aux Penguins de Pittsburgh, mais ces derniers ont réussi de peine et de misère à leur arracher un gain de 1-0 lundi soir au PPG Paints Arena.
Phil Kessel a brisé l'égalité qui persistait en saisissant le retour de son tir initialement bloqué par Jean-Gabriel Pageau pour déjouer le gardien Craig Anderson avec 6:55 à faire au troisième tiers, permettant aux Penguins de créer l'égalité 1-1 dans cette finale de l'Est.
C'était 0-0 après 40 minutes de jeu alors que Craig Anderson et Marc-André Fleury se disputaient un bon duel de gardiens, même si les bonnes chances de compter à leurs dépens n'étaient pas très nombreuses.
Fleury n'a eu que 22 arrêts à faire pour le jeu blanc, incluant six en troisième période, tous réussis après le but de Kessel. 
« C'était ce genre de bataille défensive où tu ne pouvais pas savoir quel bond allait faire la différence. Sur le but, la lame de mon patin est restée prise dans la glace. C'est plate, ça arrive à un défenseur ou un attaquant et rien n'arrive, mais ça m'arrive à moi et la rondelle est dans le filet, c'est plate », a commenté un Craig Anderson dépité dans le vestiaire des perdants.
Les Sénateurs ont joué un match particulièrement physique, surtout le défenseur Dion Phaneuf. Celui-ci a envoyé l'attaquant 
Bryan Rust au vestiaire au premier tiers avec une mise en échec légale alors que le joueur des Penguins s'amenait avec la rondelle dans l'enclave. Il a visiblement été sonné et il n'est pas revenu au jeu par la suite. Toujours en première, les Penguins ont perdu un autre soldat quand Mike Hoffman a poussé le défenseur Justin Schultz à quelques pieds de la bande, et que ce dernier a perdu l'équilibre pour chuter lourdement dans la bande. 
Les attaquants habiles de l'équipe locale ont été particulièrement frustrés par la surveillance étroite des visiteurs, les caméras de télévision montrant des images d'un Kessel très animé au banc des siens à plusieurs reprises, tandis que l'entraîneur-chef Mike Sullivan a dû calmer un Evgeny Malkin qui n'était pas de bonne humeur non plus.
Malgré cela, les Sénateurs n'ont pas obtenu de tirs au but pendant une vingtaine de minutes en fin de deuxième et jusqu'au but de Kessel.
« Nos deux premières périodes ont été bonnes, mais la troisième n'a vraiment pas été assez bonne, on a mal géré la rondelle, a analysé l'entraîneur-chef Guy Boucher. Ils ont de bons joueurs qui ont bien fait, on leur a trop donné la rondelle, ils ont pu gagner du momentum dans notre zone. Si je regarde la série dans l'ensemble, nous avons joué cinq bonnes périodes sur six, et la troisième ce soir a été coûteuse. »
Anderson a eu droit à un peu d'aide de son poteau en deuxième période alors que Jake Guentzel en a frappé un de plein fouet, le quatrième en deux parties de son club. Ce même Guentzel a aussi eu droit à un rude accueil de Phaneuf plus tard au deuxième tiers alors qu'il s'amenait au centre de la patinoire, mais il l'a vu au dernier instant pour éviter d'aller rejoindre Rust et Schultz au vestiaire.
Les Sénateurs n'ont pas capitalisé sur leur seule chance en avantage numérique en fin de premier tiers quand Conor Sheary a fait trébucher Chris Wideman, Marc-André Fleury arrêtant Mark Stone sur leur meilleure chance, un retour de tir de Marc Méthot bloqué devant lui. Ottawa n'a pas compté à ses 17 dernières chances sur l'attaque à cinq, une disette de sept parties.
Leur désavantage numérique compense cependant alors que l'adversaire n'a pas compté à ses 15 derniers jeux de puissance, après que les Penguins aient été contenus quand Erik Karlsson a fait une mauvaise chute et a entraîné Sidney Crosby sur la glace avec lui en début de deuxième.
La série va maintenant se transporter à Ottawa pour les matches trois et quatre, mercredi et vendredi au Centre Canadian Tire.
Phaneuf a bien essayé
PITTSBURGH - Dion Phaneuf n'a pas fait de quartiers lundi soir.
Dans la défaite des Sénateurs, le vétéran défenseur a distribué cinq mises en échec, deux particulièrement percutantes alors qu'il a envoyé Bryan Rust au vestiaire au premier tiers dans ce qui s'annonce comme une guerre d'usure. Et il a fait la vie dure à son ami Phil Kessel, qui a finalement compté l'unique but du match.
« Je fais tout ce que je peux pour donner du momentum à mon équipe, si la mise en échec est là, j'ai toujours été fier de la distribuer, a dit Phaneuf. On a bien joué au début, mais on a baissé de régime et on ne peut pas faire ça. On va se regrouper et revenir mercredi. Avec Phil, il n'est pas différent des autres gars qui portent un chandail de Pittsburgh. Les gens vont en parler plus parce qu'on a été des coéquipiers. »
« C'était un match robuste et il a fait du bon travail pour leur donner moins d'espace et de temps. Malheureusement, on n'a pas traduit ces mises en échec en quelque chose de mieux. Ce sont des choses qui arrivent. Nous n'avons pas joué de façon terrible, mais on doit aller de l'avant et trouver le moyen de générer plus d'offensive, de temps dans leur zone », a commenté le capitaine Erik Karlsson.
Dans un autre coin, le Gatinois Jean-Gabriel Pageau s'en voulait un peu pour le but de Kessel, marqué quand il a été incapable de contrôler le retour de son tir initial. « C'est toujours plate. C'est certain que j'aurais aimé le bloquer sans que ça se ramasse sur sa palette. C'est quelque chose qu'on ne contrôle pas, ils vont en compter aussi des buts. Nous aussi, on va avoir des bonds. On n'a pas besoin de rien changer, on ne peut que s'améliorer. On sait ce qu'on a à faire pour dominer dans un match, ça va être à nous de répondre avec du caractère, on l'a fait depuis le début de l'année », a-t-il confié.
Karlsson aime quand même la position dans laquelle son club se retrouve : « On pense déjà au prochain match, on l'aurait fait que l'on ait gagné ou perdu de toute façon. (...) Ils ont passé beaucoup de temps dans notre zone. Il faudra trouver un moyen d'en passer plus dans la leur », a-t-il dit. « Je regarde les choses avec perspective, si on m'avait dit qu'on jouerait cinq bonnes périodes sur six, je l'aurais pris. On aurait voulu avoir les deux matches, on a tout simplement manqué de calme avec la rondelle en sortie de zone lors de la troisième période », estimait Guy Boucher.