Les leaders se lèvent

Le premier match de la série a été celui des acteurs de soutien. Le deuxième, celui des piliers.
Max Pacioretty, qui effectuait un retour au jeu, a marqué le premier but du Canadien de Montréal, vendredi soir. P.K. Subban, qui avait passé les 48 dernières heures sous les projecteurs pour de mauvaises raisons, a marqué le second.
Le jeune Alex Galchenyuk s'est chargé de ne pas trop faire durer le suspense durant la prolongation. Dans la quatrième minute, il a inscrit le but qui a permis au Tricolore de vaincre les Sénateurs d'Ottawa 3-2.
Le Canadien a donc fait le travail. En remportant ses deux matches à domicile, il a mis toute la pression sur ses adversaires, alors que la série se transporte dans la capitale nationale.
Le sourire dans le visage de Michel Therrien disait tout.
«Max? Il n'avait pas l'air d'un gars qui a raté les deux dernières semaines. Il était à 100 %. Il avait l'air d'un gars qui n'a pas raté une seule minute», a-t-il déclaré durant sa conférence de presse d'après-match.
«P.K.? Il a été P.K. Oui, il a marqué un gros but pour nous, mais si je regarde sa performance dans l'ensemble, je me dis qu'il a été solide jusqu'au bout.
Les meilleurs joueurs des Sénateurs ont aussi été à la hauteur dans ce match. À sa deuxième visite au Temple cette semaine, leur performance a été bien meilleure.
À commencer par Mark Stone.
Tout comme Pacioretty, le meilleur attaquant des Sénateurs a choisi d'effectuer un retour au jeu dans ce match. Son poignet droit le faisait clairement souffrir. La preuve, c'est qu'en près de 20 minutes de jeu, il n'a pas essayé de décocher un seul tir vers le filet de Carey Price.
«C'est parce que je n'ai pas vu une seule opportunité de lancer qui m'intéressait», prétend-il.
Il a pourtant tout fait le reste correctement. Il a provoqué quelques beaux revirements défensifs qui n'apparaissent pas sur la feuille de pointage. Il a joué dans les avantages comme dans les désavantages numériques. Il a préparé les deux buts de son équipe.
«Ça va. Je ressens une certaine douleur, mais ça ne devrait pas m'empêcher de jouer. Si les choses ne s'empirent pas pour moi dans les prochaines heures, si je continue de me sentir de la même façon, je ne vois pas pourquoi je raterais le match numéro trois», affirme-t-il.
Les Sénateurs apprennent ces jours-ci qu'ils ont encore des choses à apprendre avant de pouvoir se frotter aux meilleures formations de la LNH. Ils devront par exemple, dans les prochains mois et les prochaines années, apprendre à mieux défendre une avance.
Dans un deuxième match consécutif, vendredi, ils sont rentrés au vestiaire avec une avance d'un but au premier entracte. Clarke MacArthur a surpris Price avec un bon tir vers la fin de l'engagement initial.
Une formation qui souhaite avancer en séries ne peut simplement pas se permettre d'échapper une avance - si mince soit-elle - lors de deux parties consécutives à l'extérieur.
Les Sénateurs l'ont fait. Patrick Wiercioch a profité d'une rare supériorité numérique en fin de match pour forcer la tenue de la prolongation.
«Un retard de deux matches, c'est rien»
C'était comme si une directive avait été lancée, dans le vestiaire des Sénateurs, juste avant l'arrivée des journalistes.
Tous les joueurs, ou presque, répétaient inlassablement - avec des mots un peu différents - la même phrase.
«Nous jouons du hockey désespéré depuis deux mois et demi. Un retard de deux matches dans une série, ce n'est rien quand on pense qu'il nous a fallu effectuer une remontée de 14 points au classement pour simplement atteindre les séries», a lancé Patrick Wiercioch.
«Nous avons refusé de nous écraser alors qu'on nous croyait fichus. Ça ne va pas changer maintenant», a enchaîné Mark Stone.
«Nous faisons face à l'adversité depuis le moment où je suis arrivé devant le filet. La pression ne nous effraie pas. Nous sommes habitués à composer avec la pression», a complété Andrew Hammond.
À son deuxième match éliminatoire au Centre Bell, le Hamburglar a semblé nettement plus à l'aise. Il a stoppé 39 des 42 lancers du Canadien.
Il s'en voudra peut-être d'avoir laissé passer le dernier.
Le tir d'Alex Galchenyuk n'avait rien de spectaculaire. Il était à sa portée.
«Si j'aurais voulu que mon gardien arrête cette rondelle? Hé bien, je voudrais que mon gardien arrête toutes les rondelles», a dit Dave Cameron, avant de mettre le mot sur un plus gros bobo.
Eric Gryba a commis une gaffe monumentale sur la séquence décisive. Il a laissé la rondelle en plein dans l'enclave, en zone défensive.
«Dans un match de hockey, des tas de choses peuvent arriver. Nous n'avons cependant pas le droit de causer des revirements comme celui-là», reconnaît Cameron.
«Vous savez quoi? Dans notre remontée de la fin de saison, nous n'avons jamais pensé au nombre de points qu'il nous fallait. Nous y allions un match à la fois. Ça ne changera pas. Il faut juste trouver le moyen de remporter une partie. Une seule», a-t-il conclu.