Les Kings gâchent la rentrée de Dave Cameron

Ça s'est passé exactement comme Dave Cameron l'avait imaginé. Sauf pour un petit détail.
«Dans mes rêves, j'ai toujours gagné mon premier match en carrière», avoue-t-il.
Le nouvel entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa n'a pas gagné, jeudi soir. Les champions en titre de la Coupe Stanley, les Kings de Los Angeles, ont gâché sa rentrée en signant une victoire de 5-3 au Centre Canadian Tire.
«Je ne suis pas déçu. Pas fâché. L'effort était au rendez-vous», a déclaré Cameron après coup.
«Nous n'avons pas changé le système de jeu tant que ça. Une petite modification ici, une petite modification là... C'est juste qu'au hockey, les erreurs sont inévitables. Chaque fois qu'on commet une erreur, on espère que la rondelle ne se retrouve pas dans le fond de notre filet. Et ce soir, comme on affrontait une très bonne équipe, certaines erreurs nous ont coûté cher.»
Les Sénateurs avaient pourtant l'air d'une équipe plus solide défensivement en début de rencontre.
Les Kings, qui avaient décoché 72 tirs au but à leurs deux dernières parties, n'ont pas été foutus de diriger une seule rondelle vers le filet de Craig Anderson dans la première moitié de la première période.
Quand ils ont finalement réussi à briser la glace, ils se trouvaient en supériorité numérique.
Rythme défaillant
Il aurait pratiquement fallu que les Sénateurs maintiennent ce rythme pendant toute la soirée pour gagner ce match. Sur papier, tout semblait avantager le club visiteur.
Anderson, d'abord, perd tout le temps quand il affronte les Kings. Ce n'est pas des farces. En 13 parties contre eux, depuis le début de sa carrière, le gardien américain de 33 ans avait signé une seule victoire.
Ça lui fait maintenant une victoire en 14 matches.
Les Sénateurs ont été dans le trouble à partir du moment où le défenseur Matt Greene a ouvert la marque au deuxième tiers.
Les Kings n'avaient pas encore subi la défaite en temps réglementaire, cette saison, dans les 14 parties où ils avaient ouvert la marque.
Les Sénateurs ont bien essayé de se battre pour leur nouvel entraîneur. Habituée à jouer du hockey de rattrapage, l'équipe a réussi à revenir de l'arrière pour niveler la marque au début du troisième tiers.
Bobby Ryan a marqué un des plus beaux buts de l'année dans la LNH vers la fin de la deuxième période. Mark Stone a mis fin à une disette de 11 matches sans marquer en déjouant Jon Quick durant une infériorité numérique au début de la troisième.
Ça ne devait pas durer. Trente-six secondes après le but de Stone, les Kings ont profité de ce qu'il restait de leur supériorité numérique pour reprendre les devants.
On a même vu Stone en gros plan, sur le tableau indicateur, sacrer lorsque le Slovène Anze Kopitar a marqué le but qui a brisé les reins de son équipe.
Trevor Lewis a été l'autre joueur à déjouer Anderson. Tanner Pearson a poussé une rondelle dans un filet désert en toute fin de soirée.
Le gardien des Sénateurs a encaissé un septième revers à ses huit dernières parties.
L'autre marqueur des Sénateurs, Jared Cowen, a réussi un tour du chapeau à la Gordie Howe dans cette soirée.
Ryan n'a pas à lancer pour marquer
Il n'est pas facile de décocher de bons lancers avec un annulaire fracturé. Bobby Ryan n'a peut-être pas besoin de lancer pour marquer. Il n'a qu'à déposer, délicatement, la rondelle au fond du filet.
C'est ce qu'il a fait jeudi soir. Lentement, il a servi une belle tasse de café au défenseur des Kings Brayden McNabb avant de servir une superbe feinte à Jonathan Quick.
En plus de mettre un terme à une séquence de sept matches sans marquer, Ryan s'est instantanément retrouvé dans les finalistes pour le titre du plus beau but de l'année.
«C'était un drôle de jeu. Quand j'ai ramassé la rondelle, j'ai bien vu qu'il y avait un bel espace entre leurs deux défenseurs. Je me suis dit qu'en me montrant patient, je réussirais peut-être à me faufiler entre les deux. C'est exactement ce qui s'est produit», explique-t-il.
Ryan n'avait pas marqué pendant un moment, mais il avait inscrit quatre mentions d'aide dans les deux parties précédentes. Le joueur à qui on doit geler la main droite avant chaque partie a donc inscrit cinq points à ses trois dernières rencontres.
«La soirée a été longue pour ma main. Elle a reçu un coup de bâton, une rondelle perdue, un coup de patin... Ça va me faire mal quand ça va dégeler, mais au moins, la blessure ne peut pas s'aggraver. Une fracture, c'est une fracture.» McNabb a été impliqué dans un autre gros jeu contre un ailier droit des Sénateurs. Il a envoyé Chris Neil à l'infirmerie avec une solide mise en échec.
«Chris est blessé à un genou. Il ne s'absentera pas pendant quelques jours. Il devrait rater quelques semaines», a indiqué Dave Cameron après la rencontre. «Il a été frappé à quelques occasions durant le match. Il est fier. Il voulait continuer à jouer. Ce n'était pas possible», a-t-il ajouté.