L’équipe des Jets a un bon jeune gardien en Connor Hellebuick, quelques excellents vétérans et surtout une multitude de jeunes attaquants talentueux.

Les Jets, un modèle de reconstruction

Alors qu’ils complétaient leur difficile saison à domicile lundi soir, les Sénateurs d’Ottawa et leurs partisans n’avaient qu’à regarder leurs adversaires, les Jets de Winnipeg, pour avoir une idée de la bonne façon de reconstruire rapidement leur formation.

La troupe dirigée par Paul Maurice a un bon jeune gardien en Connor Hellebuick, quelques excellents vétérans – Blake Wheeler, Bryan Little, Paul Stastny, acquis à la date limite des échanges, et Dustin Byfuglien à la ligne bleue, quoiqu’il n’a pas joué lundi – et surtout une multitude de jeunes attaquants talentueux, les Patrik Laine, Nikolaj Ehlers et Mark Scheifele venant en tête de liste. Ils sont imposants, ils sont habiles et ils patinent tous à fond de train.

Il y a trois ans pourtant, ils ont complété la saison 2015-2016 avec la sixième pire fiche de la LNH, avant de gagner la loterie pour le deuxième choix au repêchage, ce qui leur a permis de mettre la main sur Laine, qui lutte avec Alex Ovechkin, des Capitals, pour le trophée Maurice-Richard de meilleur buteur du circuit Bettman.

Si les Sénateurs demeurent au 30e rang qu’ils occupaient lundi, ils auront au pire un choix parmi les cinq premiers au repêchage de juin prochain à Dallas.

« À ma première année (à Winnipeg, en 2014-2015), on avait une équipe plus vieille, on avait fait les séries puis on avait perdu en quatre, s’est rappelé le vétéran québécois Mathieu Perreault. L’année d’après, ils ont vraiment viré de bord et ils ont commencé à faire jouer les jeunes. On a été deux ans à avoir de la misère, on n’a pas fait les séries. Puis là, ça s’en vient, tout est finalement ensemble. C’est sur qu’on a quand même été assez chanceux avec la loterie du draft, on a pu avoir un gars comme Laine qui compte 40 buts par année, ça ne se trouve pas nulle part des joueurs comme ça. »

Les Jets ont été patients avec leurs espoirs pour les développer, et ils ont aussi fait preuve de patience envers l’entraîneur-chef Paul Maurice, qui a eu à faire face à plusieurs rumeurs de congédiement lors des deux campagnes précédentes où son club a raté les séries (de peu l’an passé malgré une fiche positive de 40-35-7).

« Il n’y a qu’une seule bonne chose qui peut arriver quand tu rates les séries, c’est que tu peux obtenir un très bon joueur. Ce sont des moments douloureux, on l’a vécu pour deux saisons de suite, mais nous avons obtenu de bons joueurs au repêchage qui ont eu un impact majeur pour que notre équipe soit bonne présentement. Ce n’est pas plaisant, mais la consolation de tout ça est que tu peux obtenir un joueur qui va changer ton look complètement », a-t-il indiqué lundi.

Son homologue des Sénateurs Guy Boucher a parlé des Jets lundi comme d’un club « paqueté, qui une chance de gagner la coupe à mon avis, avec énormément de profondeur ».

« Ils ont été patients, ils ont importé les bons gars et ils ont gardé les bons gars. Ils sont demeurés dans la même direction et ils sont récompensés maintenant, c’est une belle histoire », a-t-il dit ensuite.

Est-ce qu’iis pourraient être un modèle à suivre pour la reconstruction de son propre club, s’est-il fait demander ?

« On va avoir notre propre façon de faire les choses... Ça a été bien fait, de la bonne façon. C’est pas juste une question de choix de repêchage, c’est une question de décisions, de culture, tout ça. Mais il faut se dire les vraies choses aussi, c’est aussi un exemple que souvent il faut passer par le détour du repêchage, tu ne finis pas au classement où tu aurais voulu finir. Toutes les équipes qui sont les tops dans la ligue en ce moment ont fait la même chose. Pittsburgh a fini des années dans la cave, Washington la même chose, ça a été pareil pour Chicago... Il faut prendre un pas de recul pour pouvoir avancer plus tard. C’est là où on est en ce moment. Tout le monde parle du repêchage qui s’en vient, et il est très important pour nous parce que ça peut avoir un impact immédiat, c’est génial si tu peux rentrer un gars directement dans l’alignement », a-t-il élaboré en français.

LES SÉNATEURS EN BREF

Stone cas douteux

L’attaquant Mark Stone a patiné à nouveau avec ses coéquipiers en matinée, mais il n’a pas affronté le club de son patelin de Winnipeg en soirée, n’étant pas encore suffisamment rétabli de sa blessure à une jambe. 

«Je vais pratiquer à nouveau (mardi) et on va voir après ça (s’il sera du voyage à Buffalo, Pittsburgh et Boston), a-t-il indiqué. Je ne pense pas que ce soit super-important de revenir au jeu (cette semaine), nous allons avoir six mois de congé après ça. Si je peux jouer, tant mieux, sinon, je serai prêt pour l’an prochain. Il y a une chance qu’ils (les thérapeutes du club) ne me laissent pas jouer, ils ne voudront pas prendre de risque.» 

Pour la même raison, il doute pouvoir accepter une invitation d’Équipe Canada. «J’ai été blessé deux fois cette année et une l’an passé. Si tu risques une blessure, c’est difficile de dire oui à ces tournois. Je vasi devoir décliner si je ne suis pas à 100%», a-t-il indiqué.

Duchene dit non à Hockey Canada

Invité à porter les couleurs du Canada pour une septième fois en neuf ans, le centre Matt Duchene a poliment décliné cette invitation, a-t-il fait savoir lundi matin. 

«J’aimerais avoir un peu de temps pour me reposer. Les deux dernières années ont été un peu folles, il se passait beaucoup de choses. Je veux passer du temps avec ma femme et ma famille pour décompresser et revenir frais et dispos, très affamé pour la saison prochaine», a-t-il indiqué.

Entre les lignes

Laissé de côté lors des trois matches précédents, le défenseur Ben Harpur est revenu dans l’alignement lundi alors que Guy Boucher a décidé d’utiliser sept défenseurs contre les Jets. «Aucun des six autres défenseurs méritait d’être laissé de côté, mais on a besoin de sa taille contre un club avec des joueurs imposants», a-t-il expliqué. Filip Chlapikl est l’attaquant qui a été laissé de côté.

Sa saison terminée à London, l’attaquant Alex Formenton a été cédé au club-école de Belleville lundi.

L’entraîneur des gardiens Pierre Groulx était de retour dans le giron de l’équipe lundi alors que son club a souligné la journée de sensibilisation à l’autisme (un de ses fils en est atteint). Il a passé le week-end à Belleville avec l’espoir Filip Gustavsson, qui a subi un premier revers vendredi (4-1 à Syracuse) avant d’être parfait en relève à Marcus Hogberg samedi dans un revers de 4-2 contre Lehigh Valley. Gustavsson va jouer mercredi contre Springfield et le club décidera ensuite s’il obtiendra un départ lors d’un des deux derniers matches, à Pittsburgh ou Boston.