Mike Condon s'est bien défendu, mais c'est son compatriote Scott Darling qui a signé la victoire.

Les Hawks à l'arraché

Avant une importante série aller-retour contre les Canadiens de Montréal en fin de semaine, les Sénateurs d'Ottawa n'avaient pas le luxe de regarder plus loin que le bout de leur nez jeudi alors que les meneurs dans l'Ouest, les Blackhawks de Chicago, étaient de passage au Centre Canadian Tire jeudi soir.
Ils ne l'ont pas fait alors qu'ils ont offert toute une opposition avant de s'incliner 2-1 devant une bonne foule de 18 638 amateurs, incluant de nombreux partisans du club qui a gagné trois coupes Stanley au cours des sept saisons précédentes.
Un but en avantage numérique de Richard Panik, sur des passes des gros canons Patrick Kane et Jonathan Toews, avec 3:01 à faire dans le match a fait la différence dans ce match, permettant aux Blackhawks (45-20-5) de remporter un 10e gain à leurs 11 dernières sorties à l'étranger. Ce revers freinait une séquence de sept matches où les Sénateurs (39-23-7) récoltaient au moins un point de classement et les a empêchés de passer devant Montréal, qui a un point d'avance, au premier rang dans la division Atlantique.
« C'était une bonne bataille pendant 60 minutes entre deux bonnes équipes, a analysé Erik Karlsson. Les deux gardiens ont bien joué alors qu'on s'est échangé des chances de compter. On s'est placé dans une bonne position sauf qu'on a écopé de punitions à la fin qui ont été coûteuses. »
Le défenseur des Hawks Duncan Keith avait ouvert le pointage à mi-chemin du troisième engagement alors que le retour de son tir arrêté par le gardien des Sénateurs Mike Condon a ricoché sur Marc Méthot pour ensuite franchir tout juste la ligne des buts, un but confirmé par la reprise vidéo examinée par la suite.
Réplique de Turris
Les Sénateurs ont répliqué moins de trois minutes plus tard alors qu'un tir sur réception de Kyle Turris a secoué les cordages en avantage numérique. Karlsson et Mike Hoffman ont obtenu des aides, mais c'est le Gatinois Jean-Gabriel Pageau, disputant un 187e match consécutif (9e dans l'histoire du club), qui en a été le grand responsable puisqu'il a forcé Brent Seabrook à le faire trébucher.
« On a beaucoup mieux joué au sein de notre structure que lors du match précédent (un revers de 2-1 en prolongation contre Tampa Bay) », a noté Turris.
Condon et Scott Darling, deux Américains qui se connaissent très bien alors qu'ils s'entraînent ensemble pendant la saison estivale, se sont livré tout un duel de gardiens. C'est donc 1-1 entre eux puisque Condon avait eu raison de lui 4-3 le 20 décembre à Chicago.
Condon a réussi le meilleur de ses 26 arrêts de la soirée quand il a sorti la mitaine pour frustrer Artemi Panarin au milieu du deuxième engagement, corrigeant ainsi une bévue du centre Derick Brassard, dont la tentative de dégagement par derrière son filet a ricoché sur l'extérieur du filet et s'est retrouvée en plein dans l'enclave.
Darling, qui a effectué 33 arrêts, avait pour sa part sorti la jambière pour stopper Bobby Ryan et Mike Hoffman en première, et il a eu l'aide du poteau à sa gauche au troisième tiers quand un tir voilé de Chris Wideman l'a trompé, mais a frappé la quincaillerie.
« Il (Darling) a bien joué, je dois lui lever mon chapeau. C'était un bon duel de gardiens pour un bout de temps. On a bien joué en défensive pour les limiter à deux buts. Sur le premier but, je pensais que le retour irait plus loin, mais la rondelle a frappé un patin. J'ai tenté de m'étendre de tout mon long elle, mais elle a tout juste franchi la ligne », a souligné le gardien substitut, toujours d'office en l'absence de Craig Anderson, blessé.
L'ancien Sénateur Marian Hossa disputait un 1300e match en carrière là où tout a commencé pour lui et ses anciens partisans lui ont réservé une belle ovation quand ce fait d'armes a été souligné en troisième période.
Des excuses pour Brassard
L'arbitre gatinois Francis Charron et son collègue Chris Rooney ne se sont pas fait trop d'amis au Centre Canadian Tire jeudi soir.
Les Blackhawks ont compté le but gagnant sur un avantage numérique en fin de troisième tiers où il venait de bénéficier de 23 secondes à cinq contre trois, Derick Brassard et Marc Méthot s'étant retrouvés au cachot en même temps. Méthot a été puni pour avoir cinglé le bâton de Marian Hossa, un vétéran qui a flairé l'occasion en échappant son hockey sous l'impact. Ce même Brassard avait vu un bâton élevé de Marcus Kruger à son endroit en fin deuxième période rester impuni, ce qui aurait pu donner un cinq contre trois à son club.
« L'arbitre (Charron) est venu me voir pour s'excuser par après, c'était une belle marque de respect... C'est frustrant un peu, il y a eu deux occasions dans le match où on aurait pu avoir des cinq contre trois, ce sont des choses qu'on ne peut pas contrôler. Je ne dis pas qu'on aurait compté, mais tout est une affaire de momentum et dans un match serré, un appel comme ça peut changer les choses. Ma punition en était une, j'ai essayé de checker le gars, mais je l'ai fait un peu trop fort, son bâton a cassé. Ça, ça arrive souvent. Méthot, lui, essaie juste de garder le poteau et être fort, il (Hossa) a levé ses bras dans les airs, il a influencé la décision un peu », a confié Brassard.
L'entraîneur-chef Guy Boucher avait dit avant le match que les Hawks sont le « standard doré » dans la LNH depuis une décennie, ce à quoi toutes les équipes aspirent. Il était donc content de voir son club leur offrir un autre bon duel, comme en décembre quand ils l'ont emporté 4-3 au United Center.
« Leur gardien a été excellent, le nôtre aussi. C'était un match égal entre deux équipes qui jouaient très serré. C'était un match des séries, on aurait mérité autant qu'eux d'avoir un point de classement, peut-être même deux. Ça s'est joué sur l'avantage numérique en fin de match, un début de cinq contre trois qu'on avait à tuer et après à cinq contre quatre, c'était un jeu parfait. Ce genre de match vire d'un côté comme de l'autre », a souligné Boucher, qui n'a pas trop voulu s'aventurer sur le sujet glissant de l'arbitrage, à part pour dire que la punition de Méthot « pourrait être argumentée » et qu'il y avait deux punitions claires qui n'ont pas été appelées (celle à Brassard et une autre pour avoir fait trébucher) pendant une attaque à cinq des siens en deuxième.