Craig Anderson a effectué 25 arrêts et les Sénateurs ont signé un troisième gain de suite.

Les Bruins repoussés

Les Sénateurs d'Ottawa pourraient bien affronter les Bruins de Boston pour une première fois en séries éliminatoires ce printemps, et si c'est effectivement ce qui se produit, l'avant-goût qu'ils en ont donné lundi soir laisse présager un duel qui serait assez intense merci.
Les locaux l'ont emporté 4-2 devant 17 046 amateurs - dont de nombreux partisans de l'ancien club de Claude Julien - au Centre Canadian Tire, un quatrième gain de suite contre les Bostonnais en remontant à l'an dernier.
Cette victoire donnait aussi aux Sénateurs (36-22-6) une fiche parfaite de trois gains de suite lors de ce séjour à domicile, tout en repoussant les Bruins (34-26-6) à quatre points d'eux et du deuxième rang au classement de la division Atlantique.
Un but en avantage numérique de Mike Hoffman en troisième période a fait la différence et Alexandre Burrows a ajouté un but d'assurance dans un filet désert après que Brad Marchand ait répliqué au but de Hoffman sur une attaque à cinq lui aussi, son 30e de la campagne. Pour Burrows, c'était un troisième but et un quatrième point en trois parties depuis son acquisition de Vancouver la semaine dernière.
«Ce sont deux gros points au classement, contre une bonne équipe. Ils jouent bien de ce temps-ci, avec confiance. Ils sont très dangereux. Nos quatre lignes ont bien joué, nos six défenseurs aussi et on est allé chercher un gros but en avantage numérique», a souligné Burrows.
Hoffman a réussi son 20e de la saison pour faire 3-1, sur une superbe passe d'Erik Karlsson et la deuxième du match de Dion Phaneuf. «C'est bien d'arriver au plateau des 20 buts. Je visais 30 avant le début de la saison et il reste 20 matches (18 en fait), on ne sait jamais», a commenté Hoffman.
Les Sénateurs avaient marqué deux buts rapides sur leurs deux premiers tirs en début de rencontre, les Gatinois Derick Brassard et Jean-Gabriel Pageau secouant les cordages à 2:04 d'intervalle avant que le match ne soit vieux de quatre minutes. 
Brassard a d'abord pris un tir de loin qui s'est frayé un chemin à travers plusieurs corps pour surprendre le gardien Tuukka Rask entre les jambières, un but «tout francophone» alors que Marc Méthot et Burrows ont obtenu des passes sur le jeu.
Pageau a enchaîné en faisant dévier un tir de la pointe de Dion Phaneuf, qui avait raté l'entraînement matinal en raison d'un virus. 
Les locaux se sont ensuite assis sur cette avance pour le reste de l'engagement et ce qui devait arriver arriva, Patrice Bergeron réduisant l'écart à 2-1 en fin de période avec un tir voilé en provenance de l'enclave.
Les hommes de Guy Boucher ont repris l'initiative au deuxième tiers, grâce notamment à un bon travail en échec avant de la quatrième ligne de Chris Kelly avec Tommy Wingels et Viktor Stalberg, qui amorcé un travail d'embouteillage poursuivi par les lignes de Pageau et Brassard pour forcer l'entraîneur des Bruins Bruce Cassidy à utiliser son temps d'arrêt après un dégagement des siens. Rask a cependant résisté à cet assaut, avec l'aide de son poteau sur un tir de Phaneuf, et l'engagement s'est terminé sans but malgré la domination des Sénateurs au chapitre des tirs, 16 contre 5.
La période a été marquée par un remarquable repli du capitaine Erik Karlsson après que son tir à la ligne bleue adverse ait été bloqué par David Pastrnak, qui a tenté de s'échapper, mais a été rattrapé par le défenseur des Sénateurs alors qu'il s'approchait d'Anderson.
«On a bien sorti, on s'attendait à ce qu'ils reviennent en fin de première et en deuxième, mais je pense qu'on a bien contrôlé le match. Si les quatre lignes jouent comme ça, on va être dur à arrêter. Les Bruins ont une équipe assez compétitive, on va les revoir la semaine prochaine. On ne pense pas à qui on va affronter en séries, on veut juste jouer notre match, jouer de façon serrée contre eux», a noté Brassard.
Les Sénateurs disputeront maintenant leurs trois prochains matches à l'étranger, mercredi à Dallas, jeudi en Arizona et samedi au Colorado.
Une punition annulée qui fait jaser
Il n'arrive pas souvent que les arbitres annulent une punition, mais c'est arrivé à un moment clé dans le duel Sénateurs-Bruins.
Avec moins de cinq minutes à faire et un pointage de 3-2, Brad Marchand a vu son bâton se fracasser dans ses mains en tentant de prendre un tir dans l'enclave et Eric Furlatt était prêt à envoyer Mike Hoffman au cachot, pensant qu'il l'avait cinglé sur le jeu. Son collègue François St-Laurent l'a cependant convaincu de se raviser.
« Ça a pris beaucoup de courage de la part des officiels de faire ça. Je ne pense pas avoir jamais vu une punition être annulée comme ça. C'était un gros jeu parce que leur jeu de puissance fonctionnait bien », a commenté Hoffman.
La peste des Bruins était peu impressionnée. « Ils font juste inventer des façons d'interpréter les règles maintenant », a lancé Marchand dans le vestiaire des perdants.
Marchand a eu maille à partir avec Jean-Gabriel Pageau au cours de ce match, une fois en fin de deuxième quand il est tombé sur lui à la fin d'une échauffourée et une autre quand le Gatinois lui a donné un petit coup d'épaule et qu'il est tombé aux pieds du gardien Craig Anderson. « Il est un compétiteur qui travaille fort match après match, année après année. C'était juste correct, j'allais au filet et il ne voulait pas que je sois là. C'était la même chose pour moi, c'est notre job de protéger notre gardien. Les deux, on jouait notre game. Et on est gagnant quand il a un deux minutes et moi aussi », a noté Pageau, qui était heureux de son but, son premier en 11 parties. « Ça fait du bien, c'était un beau tir de Phaneuf, je n'ai presque pas eu besoin de bouger mon bâton », a-t-il ajouté.
Son entraîneur Guy Boucher a aimé encore une fois la contribution d'Alexandre Burrows et Viktor Stalberg, qui lui permettent de jouer à quatre trios. « Je regarde sur notre banc et il n'y a personne qui est fatigué », a-t-il souligné.