Robin Lehner a une fois de plus offert une excellente performance face à son ancienne équipe.

Lehner a le dernier mot

C’est tout ou rien cette saison pour les Sénateurs d’Ottawa et les Sabres de Buffalo.

Quand ils perdent, et ils perdent souvent, ils s’inclinent la plupart du temps par un seul but, ou ils se font déclasser par trois buts ou plus.

Pas surprenant, donc, que leur duel de jeudi soir au Centre Canadian Tire, devant une petite foule de 13 377 amateurs, ait été décidé par la marge d’un seul filet, les visiteurs remportant un gain de 4-3 en tirs de barrage dans cette autre bataille des bas fonds du classement de la LNH.

Un but de Jacob Josefson lors du concours d’habileté a tranché le débat entre les clubs de 29e (Ottawa) et 31e place (Buffalo) dans la LNH.

Ça donne 22 revers par la marge d’un but aux Sénateurs, un sommet dans la LNH qui se veut un de plus que Buffalo et Detroit. Ottawa a une fiche de 15-11-11 lors des parties qui se décident par un but, incluant 2-7 lors des fusillades.

Pour ce qui est des défaites par plus de trois buts, Ottawa est deuxième dans le circuit Bettman avec 17, derrière les 18 de Vancouver. Buffalo suit à 16.

En arrêtant Bobby Ryan et Mike Hoffman après un but de Matt Duchene, le gardien des Sabres Robin Lehner, mis à l’épreuve 40 fois, a porté sa fiche à 6-0-3 contre son ancien club, même s’il n’améliorera pas sa moyenne de 1,57 et son taux d’efficacité de ,950 contre Ottawa avant le match.

Il a gâché la soirée de Ryan Dzingel, auteur d’un doublé à la veille de son 26e anniversaire de naissance. Celui-ci était partout sur la glace, étant frustré sur une échappée en plus de rater le filet sur une autre bonne chance. Et son tir qui avait déjoué Lehner en deuxième a manqué le filet et Hoffman a ensuite poussé le disque en plein sur le poteau, où il est resté avant que Lehner ne gèle le disque.

« Nous avons joué un bon match avec 40 tirs au but, mais Robin a été pas mal bon. Ça aurait pu être encore mieux. C’était un bon effort, mais pas encore assez bon, a commenté Dzingel. Si ça n’avait pas été pour mon tour du chapeau, “Hoff” aurait probablement marqué là-dessus, il voulait que ça rentre pour moi. Il a attendu, puis il y a touché, mais la rondelle roulait de la mauvaise manière. C’était de la malchance... je n’ai vu ça que dans mes pires cauchemars. Mais c’était le fun de jouer avec Duchene et Hoffman. »

Thomas Chabot avait brisé une égalité de 2-2 en fin de deuxième tiers, appuyant l’attaque pour saisir une belle passe de Magnus Paajarvi et déjouer le gardien Robin Lehner d’un tir précis du côté de la mitaine. Paajarvi obtenait ainsi son 100e point en carrière par la même occasion.

Dzingel a réussi son doublé au cours de ce même engagement pour transformer un déficit de 0-1 en avance de 2-1, profitant à chaque fois de stratégies amorcées par le centre Matt Duchene. Il l’a repéré dans l’enclave pour son premier, puis il a causé un revirement pour le second avant que Karlsson, avec son 50e point de la campagne, et Mike Hoffman ne poursuivent le jeu.

« C’était beau de voir Dzingel aller, on a “cliqué” tous les trois. Comme ligne, on aurait pu en avoir bien plus que deux, c’est certain. On joue tous de la même façon et ça marche bien. Perdre ce match fait mal un peu parce qu’on méritait mieux », a souligné Duchene.

Marco Scandella et Sam Reinhart, sur une passe du Franco-ontarien Benoît Pouliot, ont compté lors des deux premiers tiers, tandis que Scott Wilson a créé l’égalité au tout début de la troisième période, déjouant Craig Anderson d’un coup de revers.

Anderson a fait face à 34 tirs au total, réalisant un gros arrêt de la mitaine en prolongation contre Nicholas Baptiste, l’attaquant des Sabres originaire d’Ottawa qui s’amenait seul devant lui.

Chabot a réparé son erreur

Thomas Chabot a compté son sixième but de la campagne contre les Sabres, ce qui dépasse la production d’Erik Karlsson à sa saison recrue (cinq), en moins de matches (27 contre 60).

« Honnêtement, les comparaisons comme ça ne m’importent pas tellement, a dit le défenseur recrue après le revers de 4-3 en tirs de barrage. C’est quelque chose que j’essaie de travailler, prendre plus de tirs au filet et créer plus d’attaque. Si tu lances plus, tu as évidemment plus de chance que ça rentre. J’ai eu quatre tirs ce soir. »

Malchance

L’arrière de 20 ans était particulièrement content de racheter ainsi une erreur commise sur le deuxième but des Sabres, quand il a chuté en tentant un virage brusque. « Quand j’ai essayé de virer, je suis tombé. Ça m’était arrivé en première aussi et je pensais que ma lame de patin était rendue trop courte, mais ce n’était pas le cas. C’est juste de la malchance, mais quand j’ai vu la chance en montant la glace alors que (Magnus) Paajarvi m’avait vu, c’était quand même très important pour moi de la mettre dedans, encore plus qu’à la normale après ce qui était arrivé. C’est certain que j’étais content d’avoir compté », a-t-il raconté.

L’entraîneur-chef Guy Boucher a aimé la réaction de son jeune joueur. « C’est pour ça qu’il est là, il va faire quelques erreurs, mais la réalité est qu’il gagne beaucoup d’expérience. Il a montré beaucoup de caractère, tout comme le reste de l’équipe d’ailleurs. On a tout fait sauf lancer l’évier de la cuisine, il faut donner du crédit à leur gardien », a-t-il dit.