Tina Boileau remettant le trophée Jonathan-Pitre à Parker Kelly (à gauche) et Brady Tkachuk.

Le trophée Jonathan-Pitre à Tkachuk et Kelly

La première semaine de Brady Tkachuk à Ottawa aurait difficilement pu mieux se terminer. Il ne manquait que l’annonce de la signature d’un contrat et à l’entendre lundi, ça pourrait bien se régler bientôt.

Le premier choix du club au repêchage de Dallas il y a 10 jours, quatrième au total, a été nommé le corécipiendaire – avec Parker Kelly – du trophée Jonathan-Pitre à titre de joueur le plus travaillant du camp de développement qui s’est terminé par la victoire de son équipe, les Noirs, au tournoi à trois contre trois annuel.

C’est la première fois en 12 ans que le titre est partagé par deux espoirs, et la première fois aussi qu’un joueur repêché à peine quelques jours plus tôt repart avec celui-ci.

« C’est un énorme honneur. Je n’ai jamais rencontré Jonathan, mais avec ce que j’ai vu sur le vidéo et ce que d’autres gars qui l’ont rencontré m’ont dit, il était un bon gars et j’aurais vraiment souhaité le rencontrer », a-t-il dit au sujet de Jonathan Pitre, « l’enfant papillon » décédé en avril dernier après une longue bataille contre l’épidermolyse bulleuse.

Sa mère, Tina Boileau, était sur place pour remettre le prix aux deux jeunes hockeyeurs, âgés de 18 (Tkachuk) et 19 ans (Kelly).

« C’était un peu doux-amer, j’avais vu le vidéo auparavant (de son discours devant les espoirs au camp de 2015) et ce n’est pas facile de faire une présentation après. Mais le message est excellent, ces jeunes travaillent fort et ils le méritent. Je sais que Jonathan serait très fier de leur présenter ce prix... Il n’y a pas de mots pour décrire à quel point c’est un honneur de voir que son nom demeure bien vivant », a-t-elle confié avec émotion.

Pour Kelly, un joueur non repêché qui a été mis sous contrat l’an dernier après sa participation à ce camp et à celui des recrues, c’était une belle reconnaissance. « J’ai toujours été négligé, mais partout où je joue, j’essaie juste de travailler fort. J’ai été élevé comme ça, tu dois travailler pour tout... Il y a bien des bons joueurs ici, un gars comme Brady, 4e choix au total, et des gars comme Drake (Batherson) et Alex (Formenton). SI je peux montrer que je travaille autant qu’eux et que je suis meilleur, je vais me donner une chance de faire l’équipe un jour », a confié le centre de 5’ 11’’ qui devrait retourner pour une dernière année chez les juniors à Prince Albert.

Tkachuk, de son côté, pourrait avoir l’option de faire le saut dans la LNH dès l’automne, si les Sénateurs sont prêts à lui offrir un contrat afin de le convaincre de quitter Boston University. Ça lui permettrait de jouer au moins neuf matches en début de saison avant que le club décide s’il ne vaudrait pas mieux le céder au club junior qui détient ses droits, les Knights de London. Il pourrait aussi être cédé au club-école de Belleville dans la Ligue américaine.

« C’est clair dans ma tête ce que je veux faire, mais je vais quand même prendre mon temps, laisser retomber la poussière. Il n’y a pas vraiment de date butoir pour que je prenne une décision. Maintenant, je m’en vais à Toronto pour m’entraîner avec mon frère (Matthew, des Flames) sous les ordres de Gary Roberts (l’ancien des 67’s et des Leafs), j’ai beaucoup de travail à faire pour devenir plus fort et plus rapide. (...) Si je suis prêt, je suis prêt. Sinon, j’ai une autre année pour me développer », a-t-il indiqué.

Tkachuk a ajouté qu’il prendra la décision de concert avec sa famille, son père Keith en tête, ainsi qu’avec son agent. « Ils savent ce qui est le mieux pour moi », dit-il.

Le directeur du développement des joueurs Shean Donovan, qui supervisait le camp, a été impressionné par Tkachuk. « Dès le premier jour, il était toujours un des premiers à l’aréna, et il a été compétitif dans tout ce qu’on faisait », a-t-il souligné.

LES SÉNATEURS EN BREF

Chlapik tranche

Filip Chlapik a réussi l’unique but de la finale pour l’équipe des Noirs qui a remporté la finale du tournoi à trois contre trois contre les Rouges menés par Drake Batherson. 

Outre l’attaquant tchèque qui a terminé la saison à Ottawa l’an dernier et le premier choix Brady Tkachuk, les autres membres de cette formation étaient Miles Gendron, Boston Leier, Brady Lyle et Chase Stewart. 

« Nous avions l’équipe qui parlait le plus fort, on ne s’est pas gêné pour chirper les autres », a dit Tkachuk après cette victoire rendue possible par une victoire en tirs de barrage en demi-finale. 

Pour les Rouges, l’espoir finlandais Marcus Nurmi, auteur de deux buts lors du match intra-équipe de vendredi, s’est à nouveau illustré en secouant les cordages à au moins quatre reprises.

Entre les lignes

Parce qu’il avait des engagements scolaires, l’attaquant Angus Crookshank a raté le tournoi de lundi. Ce choix de cinquième ronde la semaine dernière s’en va à l’université du New Hampshire en septembre prochain. Il a cependant fait belle impression au camp.

Les preneurs aux livres de Bodog croient encore moins aux chances des Sénateurs de gagner la coupe Stanley l’an prochain, ayant réduit leurs chances à 150 contre un lundi (elles étaient de 100 contre 1 en juin). L’arrivée de John Tavares à Toronto a permis aux Maple Leafs de devenir les nouveaux favoris, à 7 contre 1.

Tavares, en passant, a été limité à 5 buts et 14 points en 27 matches, avec un différentiel de moins-5, en carrière contre les Sénateurs, qui le verront à Toronto dès le deuxième match de la saison régulière, le 6 octobre. Ses deux visites au Centre Canadian Tire en saison régulière seront en mars seulement, les 16 et 30.