Les Sénateurs se sont bien défendus face au Canadien, samedi. Ils devront travailler fort toute la saison s’ils veulent connaître du succès.

Le travail, la nouvelle arme de Boucher

Guy Boucher donne encore des journées de congé à ses joueurs. C’est obligatoire selon la convention collective qui lie la LNH à l’Association des joueurs.

Mais l’entraîneur-chef des Sénateurs qui avait comme mantra que le « repos est une arme » au cours de ses deux premières saisons à la barre de l’équipe semble déterminé à ce que ses joueurs travaillent plus fort lors des entraînements cette saison. Lundi, il a commandé un exercice de plus de 90 minutes pour une deuxième fois en six jours, couronné avec une vingtaine de minutes d’exercices de patinage à la fin.

Avec les départs du capitaine Erik Karlsson et du franc-tireur Mike Hoffman, son club a moins d’habiletés offensives, et l’idée semble être de compenser par du travail acharné pendant des matches complets.

« Le match de samedi à Montréal était le premier où nous avons réussi à maintenir notre identité de travail pendant 60 minutes. Le précédent (vendredi contre Chicago) est un exemple parfait d’un match où nous avons travaillé plus fort que l’autre équipe pendant une période et quart, puis après ça, on s’est mis à se fier sur nos habiletés, et nous n’en avons pas suffisamment, il faut se dire les vraies choses. Je pense que c’est bon que les joueurs réalisent que nous avons certaines habiletés, mais nous n’allons pas gagner en jouant de façon plus habile que Toronto, Tampa Bay ou les autres clubs du genre », a-t-il expliqué après coup.

« Nous allons avoir une jeune équipe avec quelques vétérans et pour gagner, il faudra travailler plus fort que l’adversaire, comme le New Jersey, qui était dans une situation similaire, l’a fait l’an passé. Nos gars sont intelligents, ils le savent. Surtout si vous demandez à un Mark Stone, qui est très brillant. Dès qu’on va lever le pied de la pédale, nous allons être dans le trouble », a-t-il ajouté.

Stone, qui est le « de facto » capitaine même si le club n’en nommera pas un pour l’instant, abondait dans le même sens.

« Nous allons devoir utiliser notre éthique de travail à notre avantage, a-t-il dit. Si vous regardez les meilleures équipes de la ligue, elles travaillent plus fort que leurs adversaires et elles laissent ensuite leurs habiletés prendre le dessus. Parfois, la saison dernière, on essayait juste de se fier à nos habiletés. Cette année, il va falloir que ça change », a-t-il noté.

Pour ce faire, il faut s’attendre à ce que Boucher continue de presser le citron afin d’extraire le plus de jus de ses ouailles.

« Chaque jour, nous devons les pousser aussi fort qu’on le peut hors de leur zone de confort, afin de gagner une coche ou deux au niveau de l’endurance et de la dureté du mental, et ça, ça vient avec des pratiques longues et difficiles. Nos leaders font du bon travail pour s’assurer de montrer un bon exemple », a souligné Boucher.

Le défenseur Mark Borowiecki est un de ces leaders et il a gagné plus d’une course organisée par Boucher, qui déterminait les gagnants aux différentes lignes sur la glace.

« C’était fantastique comme pratique, a noté l’arrière à caractère défensif. Nous avons travaillé fort. Pendant que ça se déroule, tu n’as pas vraiment de plaisir. Mais c’est un de ces maux nécessaires. À la fin, ça nous rapproche un peu plus, nous sommes tous passés au travers ensemble. Ça permet de tisser des liens, et nos jeunes joueurs peuvent voir le rythme que nous allons tenter d’établir cette saison. Et il en va de même pour nos vétérans, qui doivent tous montrer la bonne façon de jouer à un groupe de jeunes joueurs pas mal spécial, des jeunes qui ont une bonne attitude sur la glace comme en dehors de celle-ci. »

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Max McCormick a retrouvé la santé.

MCCORMICK A PASSÉ LE TEST

Blessé à l’aine une semaine avant le début du camp d’entraînement, l’attaquant Max McCormick a pu pratiquer avec le reste de ses coéquipiers lundi.

Après la séance de 90 minutes qui s’est terminée avec des exercices de patinage intense, il était heureux de rapporter qu’il n’avait pas ressenti de douleur.

« C’était un excellent test, je suis heureux de voir comment je me suis senti. Je n’ai eu aucun problème, donc maintenant, je peux me concentrer sur les prochains jours. J’ai hâte de jouer », a raconté l’attaquant de 26 ans après coup.

McCormick a patiné en solitaire avec le responsable du conditionnement Chris Schwartz pendant quelques jours, et il a ensuite commencé à s’entraîner la semaine avec le groupe qui a pris le chemin de Belleville en fin de semaine. 

Il doit maintenant faire du rattrapage pour assurer sa place avec les Sénateurs, alors que le camp entame sa phase finale. Guy Boucher a déjà confirmé qu’il sera en uniforme jeudi à Chicago lors du cinquième et avant-dernier match du calendrier préparatoire des siens.

McCormick en est à sa quatrième saison dans l’organisation des Sénateurs, avec qui il a joué 57 matches dans la LNH, dont 30 l’an dernier alors qu’il a récolté trois buts et deux passes.

Dans sa quête d’un poste cette année, il a un certain avantage sur d’autres aspirants comme Filip Chlapik et Colin White : il a un contrat à sens unique, signé à l’été 2017, devant lui rapporter 650 000 $ cette saison, qu’il joue à Ottawa ou Belleville.

« Ça me donne un peu de confiance de savoir qu’ils (les dirigeants de l’équipe) pensent que je peux cadrer dans leurs plans. Ça fait que tu es un peu plus à l’aise, mais en même temps, il y a toujours des gars qui veulent prendre ton travail et tu dois mériter ton rôle chaque jour dans cette ligue, donc je vais y aller jour après jour... Mon rôle ne change pas, ça demeure d’apporter de l’énergie à l’équipe », a souligné l’Américain originaire du Wisconsin, coéquipier de Ryan Dzingel à l’université Ohio State.

Interrogé à savoir si son club avait la latitude voulue pour céder un joueur qui a un contrat à sens unique au club-école de Belleville, comme McCormick ou le défenseur Ben Harpur, Guy Boucher a répondu : « Ça, c’est une question pour (le DG) Pierre (Dorion). »