La série est allée aussi loin qu'elle pouvait aller, mais ce sont finalement les Penguins de Pittsburgh qui ont le dernier mot.

Le rêve des Sénateurs prend fin

PITTSBURGH - L'équipe cendrillon que sont les Sénateurs d'Ottawa n'ira pas au bal qu'est la finale de la coupe Stanley, un pas de deux avec les Predators de Nashville.
Les Penguins de Pittsburgh ont mis fin à leur danse du printemps mémorable grâce à un but de Chris Kunitz à 5:09 de la deuxième prolongation qui leur procurait un gain de 3-2 lors d'un septième match de cette finale de l'Est enlevante au PPG Paints Arena.
Son tir sur réception en acceptant la passe de Sidney Crosby dans l'enclave a battu un gardien Craig Anderson voilé alors que Jean-Gabriel Pageau a tenté de bloquer le 42e tir dirigé vers la cage ottavienne.
Les Sénateurs ont été incapables d'exorciser leurs vieux démons lors des septièmes matches, ayant encaissé des défaites à leurs cinq précédents. Les Penguins, qui tentent de défendre leur titre remporté l'an dernier, mettaient pour leur part fin à une série de sept défaites consécutives lors des parties décisives à domicile après avoir perdu la sixième rencontre.
C'était le huitième match des Sénateurs au cours du tournoi printanier qui nécessitait de la prolongation et ils n'en ont perdu que deux.
«Nous avons perdu contre la meilleure équipe de la ligue, ils ont joué un peu mieux pour un peu plus longtemps que nous, a commenté le capitaine Erik Karlsson. C'est très décevant de perdre ce match, d'être si près et en même temps si loin. C'est une expérience dont il faudra apprendre, y réfléchir cet été et revenir l'an prochain en sachant un peu plus ce que ça prend pour atteindre notre objectif.»
Ryan Dzingel avait poussé ce match décisif en prolongation en marquant avec un peu plus de cinq minutes à faire au temps réglementaire, saisissant le retour du tir d'Erik Karlsson qui venait de frapper le poteau puis le dos du gardien Matt Murray.
Un but de Justin Schultz, qui revenait au jeu après une absence de quatre parties pour cause de blessure, avait brisé l'égalité avec 8:36 à faire au troisième tiers, son tir de la pointe déjouant un gardien Craig Anderson voilé. Pittsburgh profitait d'un premier jeu de puissance du match alors que Dion Phaneuf s'est fait prendre à commettre de l'obstruction à l'endroit de Phil Kessel quelques secondes plus tôt, sur ce qui allait être un dégagement illégal des Penguins.
«C'est la pire sensation que j'ai jamais ressentie, c'est difficile à expliquer. On peut tenir notre tête haute, mais présentement, ça fait mal. Nous avions un groupe spécial qui a surmonté bien des choses toute l'année. On n'a pas lâché dans ce match et c'était une sensation incroyable quand on a égalé parce que j'étais au cachot quand ils ont marqué (le deuxième but)», a confié Phaneuf.
Après presque 30 minutes de jeu intense mais sans but, les Penguins ont ouvert le pointage quand Chris Kunitz a redirigé la passe de Connor Sheary sur une descente à deux contre un où Karlsson a été incapable de couper la passe.
La foule était en délire mais elle a été refroidie rapidement parce que Karlsson a refilé à Mark Stone sur une attaque à trois contre trois et celui-ci a atteint la lucarne du côté de la mitaine contre le gardien Matt Murray. Stone a étiré sa jambe arrière au maximum pour éviter un hors-jeu de peu à la ligne bleue.
Karlsson, qui a égalé puis dépassé Dany Heatley et Jason Spezza (2007) pour le plus de passes au cours des séries d'une seule saison avec ses 15e et 16e mentions d'assistance, avait été lancé en zone neutre par une belle passe de Jean-Gabriel Pageau, qui récoltait son 10e point des séries, sa deuxième passe.
«C'est tellement dur de se rendre là, avec le groupe de gars qui l'a fait, c'est assez remarquable. C'était le 'fun' comme 'run', mais quand tu arrives aussi proche et que tu perds, c'est sur que c'est décevant. (Sur le but gagnant), c'est un jeu qui arrive vite, Anderson ne l'a pas vue, j'étais devant lui. On a manqué des chances, eux aussi. C'est un jeu d'erreurs et c'est allé en leur faveur ce soir», a noté le centre gatinois.
L'entraîneur-chef Guy Boucher était à court de mots après le match : «J'aurais besoin de deux heures pour parler de ces gars-là, de tout ce qu'ils ont traversé, certaines choses connues, d'autres pas. Ils ont tout donné, ils y ont mis leur âme. C'est vraiment difficile, ils méritent d'être félicités pour leur résilience, comment ils se sont regroupés. C'était un groupe très, très spécial», a-t-il commenté.
Matt Murray a repoussé 27 des 29 lancers des Sénateurs devant la cage des Penguins, incluant seulement deux dans chacune des deux périodes de prolongation, où les Sénateurs n'ont pas vraiment obtenu de chance de marquer.