Le capitaine Erik Karlsson est l'un des joueurs qui voient la différence dans ce changement. « On a beaucoup mieux joué que lors de nos parties précédentes.»

«Le repos est une arme»

Les hockeyeurs sont normalement des créatures de routine.
Ils pratiquent presque tous les jours, habituellement aux mêmes heures, et même le matin d'un match. 
Cette saison avec les Sénateurs d'Ottawa, le nouvel entraîneur-chef Guy Boucher a non seulement changé le système de jeu pour réduire considérablement les chances de marquer accordées, mais il a aussi modifié les horaires considérés auparavant comme « normaux ».
Au lendemain de ses parties locales, le club s'entraîne dorénavant à midi plutôt qu'à 10 h 30. Lors de certains voyages plus longs, le vol de retour sera le lendemain du dernier match plutôt qu'immédiatement après celui-ci, pour éviter d'arriver au petit matin.
Le dernier exemple d'un changement d'horaire qui s'est avéré payant a été samedi, lors du gain de 2-0 contre les Panthers de la Floride survenu un jour après un congé non prévu à l'horaire. La pratique matinale de samedi a aussi été optionnelle et peu de joueurs ont patiné. « Le repos est une arme », a répété Boucher à quelques occasions.
« Le pari (samedi) était que les gars avaient besoin de repos et qu'on aurait plus d'énergie au début du match (grâce au congé) et c'est exactement ce qui est arrivé », a-t-il noté après le match de samedi qui a porté la fiche du club à 15-8-2.
Les joueurs tenaient à faire paraître leur patron pour un génie avec cette décision, pour des raisons égoïstes.
« On s'en est parlé avant le match, il faudrait faire ça plus souvent (gagner après un congé) pour pouvoir faire ça plus souvent, avoir moins de pratiques, a blagué Derick Brassard, l'auteur du deuxième but des siens. C'était un gros match pour nous avant de partir pour un voyage de plusieurs jours qui sera un gros défi pour nous. »
Le périple auquel il faisait allusion s'est mis en branle dimanche alors que l'horaire habituel a encore une fois été chamboulé, le club partant pour Pittsburgh sur l'heure du midi plutôt qu'à 15 h comme d'habitude, plusieurs joueurs et membres du personnel ayant des billets pour le match des Steelers.
Après avoir visité les champions de la coupe Stanley lundi soir, les Sénateurs vont s'envoler mardi matin vers la Californie, où ils visiteront les Sharks de San Jose mercredi, puis les Kings de Los Angeles samedi et les Ducks d'Anaheim dimanche.
« On a beaucoup mieux joué (samedi) que lors de nos parties précédentes (des revers contre Philadelphie et Buffalo), c'était bien de retrouver notre énergie avant d'aller sur la route pour des parties difficiles. Ça va commencer lundi contre probablement la meilleure équipe de la ligue, ça va être un défi pour nous. On doit essayer d'avoir autant d'énergie sinon plus pour jouer contre Pittsburgh », soulignait le capitaine Erik Karlsson samedi soir.
Boucher était d'accord : « On s'en va à Pittsburgh et c'est sur que ça va être difficile, mais on a joué d'autres parties difficiles, que ce soit à Montréal, à New York. On s'attend à un long périple où il va falloir être à notre meilleur. Gagner comme ça en jouant de façon solide à la maison, c'est certain que ça nous donne confiance, mais on avait déjà confiance. Ce n'est pas quelque chose qu'on a perdu. On joue très bien depuis un bout de temps, même avec des gars blessés, des nouveaux et notre back-up. La relève nous a beaucoup aidés récemment, c'est gage de positif pour nous autres pour le 'stretch' qui s'en vient », a-t-il indiqué.
Le voyage en Californie sera allongé d'une soirée alors qu'après un dernier match à Anaheim dimanche après-midi, l'équipe ne rentrera dans la capitale que le lendemain, après la tenue du traditionnel souper des recrues.
MacArthur veut toujours revenir
Sa routine quotidienne commence à être pesante sur les épaules de Clarke MacArthur, qui s'entraîne avec ses coéquipiers tous les jours en attendant d'obtenir le feu vert des médecins pour revenir de sa quatrième commotion cérébrale en 18 mois. 
«Je me sens comme un golfeur qui va au champ de pratique tous les jours sans jamais aller sur le terrain pour jouer», a-t-il récemment confié. L'attaquant de 31 ans pense cependant voir la lumière au bout du tunnel. 
Samedi, au lendemain d'une déclaration du d.g. Pierre Dorion disant qu'il était convaincu que MacArthur jouerait cette saison, ce dernier a réitéré son intention d'effectuer un retour : «C'est mon intention, je veux jouer dès qu'ils (les médecins) vont me dire que je peux le faire. Les choses vont lentement de mieux en mieux... J'espère pouvoir faire des exercices avec contact à la fin du voyage en Californie. Il y aura des tests ensuite, mais dès que je vais avoir le feu vert des médecins, c'est certain que je joue. Il y a un risque, mais je suis prêt à l'assumer», a déclaré MacArthur, qui est du voyage amorcé dimanche tout comme les autres blessés, Bobby Ryan et Marc Méthot. Il vise un retour le 7 janvier prochain, après une pause de cinq jours après les Fêtes.