Anthony Duclair (au centre) veut que l'environnement de travail «soit sain pour tout le monde» dans la LNH.

Le racisme au hockey doit cesser, martèle Duclair

Occupé à remplir les filets adverses, Anthony Duclair s’est tenu assez loin du débat qui fait actuellement rage à travers la LNH, en particulier depuis les accusations de racisme déposées par Akim Aliu à l’endroit de Bill Peters, qui a depuis perdu son poste d’entraîneur-chef des Flames de Calgary.

Avant un passage dans son patelin de Montréal, où le joueur de couleur des Sénateurs d’Ottawa a lui-même dû composer avec quelques épisodes de racisme, Duclair s’est cependant déclaré encouragé par les mesures adoptées par la LNH, le commissaire Gary Bettman en tête, lors de la réunion du Bureau des gouverneurs présentement en cours dans le nord de la Californie. Un code de conduite sera notamment adopté, et les équipes seront tenues d’avertir les dirigeants du circuit dès que leurs employés, les entraîneurs en particulier, auront un comportement inapproprié.

« Je pense que ce sont des pas dans la bonne direction. Quand tu entends des histoires comme ça [celle d’Aliu], c’est un choc de savoir que c’est arrivé dans la LNH ou au niveau professionnel. Mais je pense que pour le futur, pour les jeunes joueurs qui s’en viennent, d’avoir ces règlements-là, ça va ouvrir des yeux », a-t-il affirmé.

« On a un slogan, "Le hockey est pour tout le monde", et c’est pour une bonne raison. C’est plus pour le futur, on ne veut pas que ça arrive encore, certainement pas dans les niveaux pour les plus jeunes... C’est une excellente initiative de la LNH et l’AJLNH [l’Association des joueurs] d’implanter ça. On ne veut pas que ça se reproduise. On veut que l’environnement soit sain pour tout le monde. Moi aussi, j’ai fait face à du racisme quand j’étais plus jeune, et il faut que ça cesse », a ajouté Duclair, qui pense avoir rencontré Aliu une seule fois, lorsqu’il était un jeune joueur dans la LNH.

Les propos de Duclair ont été appuyés par la « conscience sociale » du vestiaire des Sénateurs, le défenseur Mark Borowiecki. « Je n’ai pas lu la déclaration de Gary Bettman, mais ma femme m’a dressé un résumé de la situation et d’après ce qu’elle me dit, les gens à la tête de la ligue ont le cœur à la bonne place, ils s’engagent à faire progresser notre sport », a-t-il noté.

Concernant une ligne téléphonique où des joueurs, présents et anciens, pourraient rapporter des incidents, Borowiecki ne sait pas à quel point elle sera utilisée. « Il vaut mieux avoir cette ligne et ne pas en avoir besoin que de souhaiter en avoir une si un gars est dans le trouble... Le monde change, c’est certain. Pour le meilleur ou pour le pire, nous pratiquons un sport très masculin. On nous enseigne de jouer et nous la fermer, et même de jouer à travers des douleurs mentales. Mais si vous voulez obtenir le meilleur de vos employés, vous ne voulez pas qu’ils soient en mauvaise santé mentale », a-t-il souligné.

Pendant que le monde de la LNH change autour de lui, Anthony Duclair veut continuer à maximiser son talent, comme il le fait depuis son arrivée à Ottawa la saison dernière dans l’échange qui a envoyé Ryan Dzingel à Columbus. Avec ses cinq buts à ses trois derniers matches, il en a maintenant 15 en 31 matches cette saison, et 23 en 52 parties avec les Sénateurs depuis son acquisition.

« Ça roule bien, j’ai des bons commentaires des entraîneurs et de mes coéquipiers. Je vais juste continuer à faire ce que je fais », souligne-t-il.

Le moment est évidemment bien choisi pour passer par le Centre Bell mercredi soir. «C’est tout le temps le fun de jouer au Centre Bell, il y a toujours de la famille et des amis qui sont là, souligne l’ancien des Lions du Lac St-Louis au niveau midget AAA. En étant sur une bonne séquence, c’est encore plus le fun de rentrer à Montréal, en pleine confiance.»

Celui-ci n’aura pas l’occasion de se mesurer à son ancien coéquipier des Lions, l’attaquant Jonathan Drouin, actuellement au rancart chez le Tricolore.

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NAMESTNIKOV FRUSTRÉ

Les trois joueurs russes des Sénateurs ne sont pas les plus bavards en entrevue, et le défenseur Nikita Zaitsev se tient particulièrement loin des journalistes depuis que son ex-femme l’a accusé vendredi dernier de s’être rendu en Russie pour kidnapper ses deux filles, vidéo sur Instagram à l’appui.

Artem Anisimov, Vladislav Namestnikov et Anders Nilsson

Pour obtenir un commentaire concernant la décision de l’Agence mondiale antidopage de bannir la Russie de toutes les compétitions internationales par équipe, incluant le Championnat mondial de hockey, on s’est tourné vers Vladislav Namestnikov mardi.

« Ce n’était pas la meilleure nouvelle à apprendre en se réveillant, mais c’est la décision du comité et je ne sais pas trop quoi dire. De ce que je comprends, on va pouvoir quand même aller aux Olympiques ou aux Championnats mondiaux, juste pas en portant les couleurs de la Russie. Ce n’est pas idéal. C’est frustrant parce que j’ai toujours rêvé d’aller aux Olympiques, mais on ne peut rien y faire en tant qu’athlètes », a dit l’attaquant de 27 ans qui a endossé les couleurs de son pays à la Coupe du monde de 2016 et au Championnat mondial de 2017.