La défaite de lundi face aux Rangers « a été une bonne claque dans la face », a avoué l'entraîneur des Sénateurs, Guy Boucher.

«Le pire match des séries»

New York - Après quelques heures de sommeil dans la ville qui ne dort jamais, Guy Boucher était tout aussi catégorique que la veille: ses Sénateurs d'Ottawa ont joué de loin leur pire match des séries mardi soir quand les Rangers de New York leur ont infligé un revers de 4-1 au Madison Square Garden.
L'entraîneur-chef québécois était tout aussi certain d'une chose : il s'attend à ce que son club revienne en force lors du quatrième match de cette série qu'il mène toujours 2-1, jeudi soir, toujours sur Broadway.
«Ce n'était même pas proche de tous nos autres matches, estimait-il mercredi, au lendemain de ce neuvième match du tournoi printanier de la LNH. Je vais être franc, je savais que ça allait arriver, je ne savais juste pas quand. Il y a une autre équipe de l'autre côté et le niveau d'urgence varie d'un match à l'autre et on savait qu'eux ne voudraient pas que ça vienne 3-0, c'était do or die et pour nous, ce ne l'était pas. Même si on se le dit mentalement, tant que tu ne le vis pas émotionnellement, c'est presque impossible à reproduire. On n'est pas les seuls, tous les autres clubs qui menaient 2-0 (Edmonton et Pittsburgh) n'ont pas gagné le troisième match.»
Dans son évaluation, les Sénateurs avaient disputé de bonnes parties lors de leurs deux revers de la série précédente contre les Bruins de Boston, remportée 4-2 au premier tour. Ce qui n'a pas été le cas lors du troisième match contre les New-Yorkais.
«Ça a été une bonne claque dans la face. On s'est aperçu que c'est ça, la vraie urgence quand tu as le dos contre le mur, c'est ça que ça donne. Dans notre apprentissage, on ne se fera pas surprendre. Ceci étant dit, ça ne veut pas dire que l'autre équipe n'aura pas des moments où elle va prendre le momentum et mettre de la pression, estime-t-il. Mais j'ai confiance qu'on va rebondir, on l'a fait toute l'année. On ne gagnait peut-être pas toujours le match suivant après un mauvais match, mais on jouait bien.»
Alors que ses joueurs ont parlé cette semaine du système 1-3-1 de Boucher qui permet de créer des revirements en zone neutre et à leur ligne bleue comme du «mur de Kanata», le pilote pense que les problèmes des siens mardi étaient moins reliés aux «X et O» qu'à l'intensité déployée sur la patinoire.
«Notre but est de se regrouper et de mettre notre équipe sur la glace avec notre intensité. De l'autre côté, ils n'ont rien changé, ils sont juste venus avec tellement d'intensité, avec le désir de vaincre, ils ont payé le prix tellement, ils ont bloqué tellement de lancers, c'est à nous d'égaler ça... N'importe quel système fonctionne, et n'importe quel système ne fonctionne pas. C'est le travail à l'intérieur de ton système qui fait que ça fonctionne ou pas. Les systèmes sont tous bons, ils ont tous leurs avantages et désavantages. Mais il n'y en a pas un seul qui est bon quand les joueurs à l'intérieur du système ne donnent pas l'intensité, l'éthique de travail, la discipline dont on a besoin... Une maison, c'est bien beau, mais si tu ne travailles pas à l'intérieur de ta maison pour que tout soit en ordre, bien ce ne sera pas en ordre, c'est aussi simple que ça», a-t-il imagé.
Les quelques vétérans de l'équipe qui ont rencontré les médias à l'hôtel du club à Manhattan en cette journée de congé d'entraînement étaient d'accord avec leur patron.
«Eux, ils avaient vraiment le couteau entre les dents, ils voulaient vraiment gagner et on l'a senti dès le départ. Alors que nous, on disait toutes les bonnes choses avant le match, qu'on allait être prêts pour les 10 premières minutes, qu'on allait 'compétitionner' et qu'on voulait le match. Mais eux, leurs actions ont parlé pas mal plus fort que les nôtres», a noté l'attaquant Alexandre Burrows.
«Tout est une question d'émotions, pensait Clarke MacArthur de son côté. Si on joue en voulant gagner et qu'on fait les petits jeux courageux qu'on doit faire pour gagner, ça va marcher. Les X et les O, à ce stade-ci, tout le monde sait ce qu'il doit faire. Si tu n'es pas à ta place par un pied, tu peux récupérer si tu fais les bonnes choses.»
Méthot et les «Z au carré»
Le duo de Mats Zuccerello et Mika Zibanejad a donné des maux de tête aux Sénateurs lors du match de mardi, le premier y allant d'un but et une passe alors que le second a récolté une passe tout en décochant six tirs au but de Craig Anderson.
Pour le défenseur Marc Méthot, il semble évident qu'il faudra que son club s'ajuste pour mieux contrôler les élans des «Z au carré», comme ils sont surnommés par le New York Post. «Ce sont de bons joueurs, très rapides. Il va falloir qu'on soit plus physique contre eux, mais quand tu joues contre des gars comme ça, ce n'est pas toujours facile de les frapper et de les trouver sur la glace, ce sont de bons patineurs. Ça va être un bon défi pour nous (jeudi soir)», a confié Méthot mercredi.