Joey Daccord est le premier joueur issu du programme de hockey d’Arizona State à faire ses débuts dans la LNH.

Le pionnier d’Arizona State

BUFFALO — En 2016, Greg Powers avait la lourde tâche de lancer un programme de hockey universitaire de première division dans le désert de l’Arizona. Quand est venu le temps de recruter son gardien de but numéro un, il a eu droit à un petit coup de pouce de dame Nature.

C’était l’hiver. Quand Powers a passé un premier coup de fil à Joey Daccord, ce dernier tentait de circuler sur l’autoroute, dans la région de Boston. En pleine tempête de neige.

Daccord est capable d’en rire, aujourd’hui. « Le soleil fut un excellent premier argument de vente », a-t-il déclaré, à quelques heures de jouer son premier match dans la LNH.

Powers et son adjoint chez les Sun Devils d’Arizona State, Andrew Matheson, étaient dans les gradins du KeyBank Arena, jeudi. Ils ont fait le long voyage pour assister aux grands débuts de leur ancien protégé dans les rangs professionnels.

Daccord est le tout premier joueur issu du programme à faire le saut chez les pros.

Lorsque croisé, plus tôt durant la journée, le très fier entraîneur-chef se souvenait fort bien du premier contact.

« Je n’ai pas attendu qu’un blizzard frappe Boston pour lui passer un coup de fil. Ce fut une heureuse coïncidence », dit-il.

« Le soleil est un atout qui nous permet d’attirer plusieurs joueurs. Cela dit, je répète toujours la même chose aux kids. Le soleil peut être une des bonnes raisons d’accepter notre offre. Ça ne peut pas être la seule raison, toutefois. Ceux qui se joignent à nous doivent être motivés face à la perspective de construire un programme de hockey. Nous avons une tradition à construire. »

« Joey a très vite compris tout cela. »

Daccord a été le gardien de but numéro un des Sun Devils pendant leurs trois premières saisons.

Au départ, les victoires étaient rares.

Les Sénateurs n’étaient pas entièrement convaincus du potentiel du gardien qu’ils avaient repêché en septième ronde.

Trop hyperactif. Tendance à exagérer chaque mouvement dans le but de se livrer en spectacle, disait l’entraîneur des gardiens Pierre Groulx.

Powers, lui, voyait un peu plus loin que ça.

« Cette évaluation n’était pas fausse, dit-il. Joey était fort habile, mais il avait un peu tendance à trop analyser chaque situation. Son approche mentale a évolué avec le temps. Il a gagné de la maturité dans la dernière année. On a noté une différence dans sa façon de se préparer avant les matches, dans l’an trois. »

Ce changement lui a permis d’évoluer sur la glace, également.

« Il réussit plus facilement à rebondir après avoir alloué un but. »

« Il a toujours été habile, physiquement. Ses années à l’université lui ont permis de se développer mentalement », complète Powers.

Confiance

Les statistiques de Daccord n’étaient pas trop impressionnantes, durant les saisons perdantes. Il y a un truc, toutefois, qui ne faisait pas défaut.

Quand on a rencontré le jeune gardien, en début de semaine, on a vite compris qu’il ne manquait pas de confiance en ses moyens.

« Il y a un truc qui ne fera jamais défaut, chez Joey. Il ne manquera jamais de confiance », assure Greg Powers.

Ce trait de personnalité devrait l’aider à connaître du succès au niveau supérieur, selon l’entraîneur.

« Quand il va sauter sur la patinoire pour affronter des joueurs de la LNH, malgré son manque d’expérience, il sera convaincu qu’il peut gagner. »

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Bobby Ryan blessé

Personne n’avait vraiment remarqué, mais Bobby Ryan s’est éclipsé avant la fin du match de mercredi. Il s’est infligé une blessure en bloquant un lancer, contre les Rangers de New York. Cette blessure, pas trop sérieuse, l’a quand même tenu à l’écart du jeu, jeudi. « Nous gardons espoir de le revoir dans la formation pour notre dernier match de la saison régulière, samedi. Ce n’est rien de grave. Il n’y aura pas de conséquences à long terme. Il ressent juste un peu trop de douleur, en ce moment pour jouer », a expliqué Marc Crawford. La blessure subie par Ryan a permis à un autre vétéran, Mikkel Boedker, de reprendre sa place dans la formation débutante. Le Danois de 29 ans a été laissé de côté lors des trois dernières rencontres. « J’avais déjà prévu de l’utiliser contre les Sabres, avant même que Bobby se blesse », soutient Crawford. Boedker présentait jeudi matin le pire différentiel de toute l’équipe, à moins 23. « Il a besoin d’une belle opportunité, insiste l’entraîneur-chef. Jusqu’ici, il a surtout été bon dans les unités spéciales. Il est probablement le meilleur joueur de toute notre équipe lors des percées en zone offensive. Nous aimerions quand même qu’il soit plus constant et plus déterminé. »

Une saison historique pour les recrues

Un autre détail qui nous avait échappé, mercredi. Les points obtenus par Brady Tkachuk et Colin White, à New York, ont permis aux Sénateurs d’égaler un record d’équipe. Ensemble, les joueurs de première année des Sénateurs ont inscrit 150 points depuis le début de la saison. Il y a très longtemps, en 1993-94, les recrues d’Ottawa avaient aussi réussi à inscrire 150 points. Cette année-là, Alexeï Yashin et Alexandre Daigle avaient mené le bal, en connaissant des saisons de 79 et de 51 points. Cette année, Maxime Lajoie, Rudolfs Balcers, Christian Wolanin, Christian Jaros, Drake Batherson, Max Véronneau, Alex Formenton et Filip Chlapik ont mis l’épaule à la roue. « On me dit que Joey Daccord est vraiment habile quand vient le temps de manier la rondelle. Qui sait ? Il pourrait aussi participer au pointage », dit Marc Crawford. La deuxième équipe qui a obtenu le plus de points de la part de ses recrues cette saison se situe à Vancouver. Les Canucks sont loin derrière. Leurs joueurs de première année ont récolté seulement 80 points, jusqu’ici.