Malgré sa blessure au tendon d’Achille, Jean-Gabriel Pageau continue de s’entraîner en faisant des poids et haltères pour développer le haut de son corps. «Je vais revenir avec les épaules de Borowiecki», a-t-il blagué.

Le moral de Pageau est bon

MONT-TREMBLANT - Le début de sa saison ayant été retardé indéfiniment, Jean-Gabriel Pageau n’est quand même pas un homme oublié chez les Sénateurs d’Ottawa.

Le centre gatinois a beau être contraint à rater quatre à six mois d’action en raison d’une déchirure du tendon d’Achille subie dès les premières heures du camp d’entraînement, il y a deux semaines, il a accompagné ses coéquipiers lors de leur retraite de deux jours au Mont-Tremblant pour se forger un meilleur esprit d’équipe.

Dans ses premiers commentaires publics depuis sa blessure qui a nécessité une opération, Pageau a laissé entendre que le pire était passé. « La première semaine a été la pire, quand j’ai réalisé que je n’allais pas commencer l’année avec l’équipe. C’est tellement différent, ça fait cinq ans que je commence l’année ici. C’est ça qui est le plus dur. Mais une fois que c’est passé, j’ai pu me fixer d’autres buts à court terme. C’est ce que je vais essayer de faire, me fixer des objectifs à chaque deux semaines et essayer de m’améliorer chaque fois », a-t-il raconté.

Pageau se souvient encore trop bien du moment où sa blessure est survenue, alors qu’il tentait de battre son propre temps à un exercice de mobilité autour de cônes qui est standard chez les Sénateurs.

« C’est un exercice que j’ai fait souvent tout l’été. C’était mon deuxième test de la journée, et c’est évidemment décevant. Tu tentes de faire le plus de répétitions possible en 15 secondes. Malheureusement, ça a snappé à ma deuxième tentative. J’essayais de battre mon premier chrono. J’essaie toujours de me pousser à faire mieux, et j’ai poussé un peu trop fort. C’est quelque chose qui peut arriver à une personne normale n’importe quand. C’est arrivé à mon père (Jean) en jouant au tennis avec moi il y a une couple d’années. Ce n’est pas drôle quand ça arrive à quelqu’un d’autre, et c’est encore pire quand ça t’arrive », a-t-il relaté.

Lorsque sa blessure est survenue, il pensait que quelqu’un lui avait marché sur le pied. « J’ai entendu un bruit, un genre de ‘toc’. J’ai regardé derrière moi et j’étais fâché en premier, mais j’ai juste vu Tom Pyatt derrière moi et il ne m’aurait jamais fait ça. Je ne pouvais pas me relever, je savais que quelque chose n’allait pas », a-t-il poursuivi.

Opéré le soir même, Pageau a déjà fait des progrès dans sa réhabilitation alors que son plâtre initial lui a été enlevé. « Je marche avec des béquilles, et avec la botte qui a remplacé le plâtre, je me sens comme si j’étais en talons hauts. Mais c’est bon de voir une progression comme ça, mentalement en tout cas... Les thérapeutes peuvent déjà commencer leur travail, et dans une couple de semaines, je devrais pouvoir commencer à faire du vélo stationnaire pour garder mon ‘cardio’ », souligne-t-il.


«  La première semaine a été la pire, quand j’ai réalisé que je n’allais pas commencer l’année avec l’équipe.  »
Jean-Gabriel Pageau

Pageau n’a pas perdu son sens de l’humour à travers cette épreuve alors qu’il a noté que rien ne l’empêchait de faire des poids et haltères pour développer le haut de son corps. « Je vais revenir avec les épaules de (Mark) Borowiecki », a-t-il blagué.

Pageau relatait que son père, qui était dans la cinquantaine lorsqu’il s’est blessé en tentant d’aller récupérer un amorti de son rejeton, a eu besoin d’environ six mois pour revenir de cette blessure. Comme il est plus jeune (25 ans) et en meilleure forme, il s’attend évidemment à récupérer plus vite que ça. Mais il ne pense pas qu’il puisse être en mesure de faire les choses aussi rapidement que son ancien coéquipier Erik Karlsson, revenu en 10 semaines lorsque son tendon d’Achille avait été lacéré à 70 % par un coup de patin en 2013. « C’est une blessure difficile, tu ne veux pas revenir trop rapidement et te blesser à nouveau. Évidemment, je veux être le plus proche possible d’être à 100 % pour pouvoir aider l’équipe à mon retour... Mais ça ne sera pas en 10 semaines », a-t-il dit.

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Un leader quand même

Jean-Gabriel Pageau a eu de la difficulté à accepter que sa chance de pivoter le deuxième trio des Sénateurs, entre Mark Stone et Brady Tkachuk, lui ait été enlevée de façon aussi bête, quand son tendon d’Achille s’est déchiré et lui est remonté dans le mollet.

Mais maintenant qu’il ne peut plus rien y faire, il se rend à l’évidence et même s’il ratera au moins les quatre premiers mois de la saison, il entend quand même jouer un rôle de leader au sein de la troupe de Guy Boucher.

« En arrivant pour une grosse année comme ça, avec plusieurs nouveaux visages, un groupe jeune, mon rôle aurait été plus important. Mentalement, ça a été difficile à accepter. Mais je vais être près de l’équipe pour les prochains mois, peut-être pas sur la route, mais j’ai l’intention d’être positif autour d’eux. C’est tout ce que je peux faire. Je vais être là chaque jour pour eux et pour faire ma réhabilitation », a-t-il indiqué lundi pendant que ses coéquipiers pratiquaient à l’aréna du Mont-Tremblant à St-Jovite.

Pageau était donc heureux de se joindre au reste de l’équipe pour cette retraite fermée. Il a quand même participé au tournoi de golf, entendant « finir les coups roulés pour mon partenaire Chris Wideman, même si je ne sais pas comment je me suis retrouvé sur l’équipe du reste du monde, ça doit être parce que je parle français », a-t-il blagué. 

« Il reste un gros morceau de notre équipe. C’est malheureux ce qui lui est arrivé, tu ne veux jamais voir ça. Il voulait venir, il veut faire partie de cette équipe et on veut qu’il sente qu’il en fait encore partie. Il a un long chemin devant lui, ce ne sera pas facile, si on peut lui soutirer un sourire à l’occasion, tant mieux », a dit Mark Stone. 

« Il fait partie du groupe. Les gars le respectent, l’aiment beaucoup. Ils sentent qu’il apporte beaucoup à l’équipe, donc de l’avoir autour, c’est important. Il n’est plus un jeune avec nous, on lui demande d’être un leader et d’aider nos jeunes, ce qu’il peut faire en étant ici », a noté l’entraîneur-chef Guy Boucher.