Guy Boucher et ses hommes ont été incapables d’offrir une victoire à Alexandre Burrows lors de leur passage à Winnipeg.

Le Moose a lancé la carrière de Burrows

Les nuits peuvent y être longues, comme chantait Pierre Lalonde, mais ça n’empêche pas Alexandre Burrows de toujours aimer passer par Winnipeg, même quand c’est un détour en route vers la Californie.

C’est dans la capitale du Manitoba que le vétéran des Sénateurs a commencé à faire sa marque en tant que joueur jamais repêché, après deux saisons dans la ligue East Coast. Son séjour avec le Moose du Manitoba, de la Ligue américaine de hockey, lui a ensuite ouvert les portes de la LNH, avec les Canucks de Vancouver, et une visite au Bell MTS Place lui permettait de ressasser de bons souvenirs dimanche.

« Ça fait longtemps de ça, mais c’est ici que ma carrière a vraiment pris son envol. Après deux ans dans la East Coast, j’avais dit à mes parents que si je suis encore dans la “Coast” à Noël pour ma troisième année pro, il va falloir que je me trouve un emploi ou que je retourne à l’université pour trouver un emploi sérieux, parce qu’à 425 $ par semaine, je ne mettais pas trop d’argent de côté », s’est-il rappelé en entrevue avec Le Droit.

Burrows avait connu une excellente saison 2003-2004 avec l’Inferno de Columbia, avec 29 buts, 73 points et 194 minutes de punition en 68 parties, ce qui lui avait valu un essai de deux parties avec le Moose en fin de saison. À leur camp d’entraînement suivant, il avait cependant été cédé à nouveau à l’Inferno. Il n’a joué que quatre matches avec lui cependant, comptant cinq buts.

« Craig Heisinger, qui est l’adjoint au DG ici (avec les Jets) et était le DG du Moose à l’époque, m’a donné ma chance. C’était une année de lock-out dans la LNH et ils avaient changé le règlement qui obligeait les clubs à jouer avec 11 attaquants, ils avaient le droit de jouer avec 12 pour donner la chance à plus de joueurs et c’est ce qui m’a donné un break. J’ai joué 72 matches en ligne avec le Moose, je n’en ai pas manqué un », a poursuivi Burrows, qui avait produit 9 buts et 27 points en plus de passer 107 minutes au cachot cette saison-là.

Burrows était là quand le Moose a fermé le vétuste Winnipeg Arena pour inaugurer le MTS Center (maintenant Bell MTS Place) en novembre 2004. « Randy Carlisle était notre entraîneur. J’habitais juste ici en arrière de l’aréna. Tout le monde sait qu’il fait très froid ici l’hiver, ça me prenait une minute de course pour venir à l’aréna et on passait la journée ici, de 8 h à 16 h. Il n’y avait rien d’autre à l’aréna, on pratiquait le matin, les vétérans s’en allaient et les jeunes comme (Kevin) Bieksa, (Ryan) Kesler, (Rick) Rypien et moi, on passait du temps dans le gym et on retournait sur la glace pour prendre des lancers. C’est vraiment cette année-là que je me suis vraiment amélioré, ce qui m’a permis d’être rappelé dans la LNH l’année suivante et de regarder en avant au lieu de me demander si je devrais retourner à l’école », relate-t-il.

Le vétéran de 36 ans en est à sa 13e saison dans la LNH et il approche tranquillement du plateau des 900 matches disputés (celui contre les Jets était son 867e). Il a trois buts et trois passes à sa fiche en 24 parties cette saison (avant le match à Winnipeg).

Burrows connaît bien le propriétaire des Jets Mark Shipman (le Moose lui appartenait) et il est aussi content de voir que la formation manitobaine a du succès cette saison, occupant le premier rang du classement dans l’association Ouest. « Quand j’étais ici, j’ai été vraiment bien traité, le monde est passionné par leur équipe, ils veulent qu’elle ait du succès... C’est le fun de voir qu’ils ont du succès ici maintenant. Les partisans méritaient un club de la Ligue nationale et quand ils ont eu Atlanta (la franchise des Thrashers qui a déménagé en 2011), le monde critiquait un peu le choix ou leurs insuccès. Mais ils avaient un bon plan, ils ont pris de bonnes décisions au repêchage et on peut voir que le futur est brillant ici », a-t-il ajouté.

LES SÉNATEURS EN BREF

Chabot fait jaser

Le premier but dans la LNH de Thomas Chabot compté vendredi soir à Brooklyn a suscité énormément de réactions chez ses proches, ainsi que sur les réseaux sociaux. 

« J’ai reçu plusieurs messages d’amis en plus de mes parents, mes grands-parents, ma blonde, tous les gens qui m’ont suivi de près depuis que je joue au hockey. J’en ai d’anciens coéquipiers au hockey mineur ou junior, on suit nos carrières de loin encore. C’est spécial, ils sont tous contents de voir que j’ai du succès, ils savent que ça n’a pas nécessairement toujours été facile », a-t-il confié dimanche matin. 

Il a aussi reçu beaucoup de commentaires d’amateurs vu qu’il a une présence sur Twitter et Instagram. « Ça a sauté, mais sur les réseaux sociaux, tu es un héros un jour et tu peux être un zéro le lendemain », a-t-il blagué.

Des Jets améliorés

Les Jets occupaient le premier rang dans l’Ouest avant d’affronter les Sénateurs et selon le vétéran attaquant québécois Mathieu Perreault, il ne faut pas chercher de midi à 14 heures la raison de leurs succès. 

« Ça commence devant le filet, notre gardien (Connor Hellebuyck) fait les arrêts, ça fait une grande différence pour nous. Tu regardes notre alignement, c’est pas mal le même que l’an dernier. On a des jeunes qui gagnent de l’expérience et s’améliorent, les Mark Scheifele, Patrick Laine, Nik Ehlers et compagnie. Mais ça commence devant le filet », a-t-il souligné. Hellebuyck semble avoir été motivé par l’arrivée dans le portrait d’un nouveau gardien mis sous contrat l’été dernier, Steve Mason (blessé actuellement), son taux d’efficacité étant passé de ,907 l’an passé à ,923 avant qu’il affronte les Sénateurs.

Entre les lignes

  • Guy Boucher n’a pas apporté de changement à son alignement alors qu’il a pu compter sur les services de Bobby Ryan, même s’il avait son index (fracturé le mois dernier) endolori par un coup de bâton de Nick Leddy vendredi soir.
  • Zack Smith a porté un « A » d’assistant-capitaine sur son chandail pour un deuxième match de suite, ce qu’il considère comme « un énorme honneur », a-t-il dit samedi.
  • Les Sénateurs ont rapatrié l’attaquant Chris DiDomenico dans leur giron samedi alors qu’il avait été soumis au ballottage par le Lightning de Tampa Bay, qui l’avait obtenu par le même moyen 10 jours plus tôt. Il a été cédé aux Senators de Belleville et il était avec eux samedi soir, obtenant un but et une passe dans un revers de 5-4 en tirs de barrage.