Jason Spezza a inscrit, lundi, le but égalisateur des Sénateurs contre les Predators.

Le lent réveil de Jason Spezza

Jason Spezza ne connaît pas une très bonne saison, il est le premier à le reconnaître.
Il connaît, en revanche, une intéressante fin de saison.
Le capitaine s'est retrouvé sur la glace lors de quatre des cinq buts marqués par les Sénateurs, samedi après-midi, à Winnipeg. Puis, lundi, il a participé activement à la remontée des Sénateurs, participant aux trois buts de l'équipe au troisième tiers.
Il serait facile d'attribuer tout le mérite à son nouvel ailier Ales Hemsky. Les patrons ont peut-être, enfin trouvé quelqu'un capable de jouer avec lui.
Spezza pense que ce serait réducteur.
«Nous avons développé une complicité très rapidement, je vous l'accorde. Nous avons eu la chance de jouer trois matches consécutifs ensemble, ça ne peut pas nuire. De façon générale et personnelle, dernièrement, je trouve que je joue mieux. Je patine mieux», affirme-t-il.
Vérification faite, le réveil offensif de Spezza s'est fait quelques semaines avant l'arrivée de Hemsky.
Il a livré une première grosse performance le 4 février, à Saint-Louis. Ce soir-là, dans une surprenante victoire contre les puissants Blues, il a inscrit trois points. Ce match a donné le ton à une séquence faste durant laquelle il a inscrit 14 points en neuf parties.
«Au début de la saison, je n'étais visiblement pas au sommet de ma forme. J'avais passé l'hiver précédent au grand complet sur la liste des blessés. Je vous disais que j'étais correct. En fait, j'essayais de me convaincre que j'étais correct. En réalité, il m'a fallu jouer une bonne vingtaine de matches avant de retrouver mes points de repère.»
On a demandé à Spezza si les rumeurs l'impliquant à l'approche de la date limite des transactions l'ont fouetté. «Pas du tout, a-t-il répondu. Elles ne m'ont même pas fait réagir. Tout plein de noms ont été lancés dans les derniers jours. Je n'ai jamais été inquiet.»
Il n'y pense pas plus maintenant. Il entamera dans quelques mois la dernière saison du contrat de sept ans qu'il a signé après la participation de son équipe en finale de la coupe Stanley.
«Je ne pense pas à mon avenir. Je ne pense pas à ce qui pourrait m'arriver dans un an. Pour l'instant, une seule chose me préoccupe. Je veux participer aux séries éliminatoires le mois prochain et il me reste une quinzaine de parties pour aider mon équipe à se qualifier. Je n'ai pas le droit de commencer à penser à tout le reste. J'aurai bien le temps de le faire plus tard.»
Ami de Peverley
Spezza s'est quand même donné le droit de penser à Rich Peverley, hier.
Comme tous les joueurs de la LNH, le capitaine des Sénateurs a grimacé quand il a regardé la vidéo sur laquelle on voit l'attaquant d'expérience s'écrouler derrière le banc des Stars de Dallas, en proie à un malaise cardiaque.
«Je ne connais pas Rich beaucoup, mais je le connais depuis plusieurs années. Nous avons grandi ensemble», dit-il.
«Je connais assez Rich pour vous dire, bien sincèrement, qu'il est un vrai bon gars. J'ai eu peur pour lui.»
«Le hockey, c'est un sport ultra compétitif. Chaque jour, la terre peut arrêter de tourner pour une question de victoires ou de défaites. Il y a quand même des événements qui ont le don de vous secouer et de vous ramener à l'essentiel. Ces événements ont le don de remettre les choses en perspective.»
Sstlaurent@ledroit.com