Le gardien des Sabres, Robin Lehner, a stoppé Matt Duchene et plusieurs autres attaquants des Sénateurs, mardi soir à Buffalo, pour aider les locaux a remporté le match par la marque de 3-2.

Le fond du baril

Le fond du baril a été atteint par les Sénateurs d’Ottawa mardi soir. Ou l’a-t-il été vraiment ?

Une défaite de 3-2 contre le seul club détenant un pire dossier qu’eux dans l’Est, les Sabres de Buffalo, laisse croire que ça pourrait difficilement être pire pour la troupe de Guy Boucher, qui a conclu un désastreux voyage de sept parties en encaissant un cinquième revers de suite devant 17 454 amateurs au KeyBank Center.

Après 15 jours sur la route, ils vont maintenant revenir au Centre Canadian Tire, enfin, pour tenter d’arrêter une séquence où ils n’ont qu’un gain en 13 matches (1-10-2) depuis leur retour de Suède contre des Rangers de New York qui les attendaient confortablement à leur hôtel mardi soir.

Et ensuite, ce sera un match qui devait être le fait saillant d’une belle saison de 25e anniversaire de fondation du club, une Classique 100 contre les Canadiens de Montréal, en plein air samedi soir au parc Lansdowne. Une saison qui semble de plus en plus perdue maintenant.

«C’est la même histoire que lors de bien des matches, nous avons nos chances de compter, on n’en profite pas, puis ils vont à l’autre bout et ils marquent sur leurs chances. Ce ne sont pas des circonstances normales, chaque but semble plus important, plus pesant. Et quand ils en comptent un deuxième, la pente est encore plus abrupte que normalement», analysait l’entraîneur-chef Guy Boucher après coup.

Boucher se consolait d’avoir vu les siens tenter au moins d’effacer un déficit de 3-0 après deux périodes.

Cody Ceci leur a d’abord évité l’humiliation d’un deuxième blanc d’affilée, et un quatrième lors des cinq derniers matches du périple, en déjouant son ancien coéquipier Robin Lehner à la septième minute du troisième tiers, saisissant le retour de son propre tir sur le poteau. Lehner qui a eu la vie relativement facile face aux 26 tirs de routine des Sénateurs, a aussi été déjoué en fin de partie par Derick Brassard quand Ottawa avait retiré son gardien à la faveur d’un sixième attaquant. Ça s’est cependant avéré trop peu, trop tard. 

Lehner continue à faire damner son ancien club, demeurant invaincu en temps réglementaire contre eux (5-0-2).

À l’autre bout de la patinoire, le gardien substitut Mike Condon n’a pas été à la hauteur, en particulier sur le premier but du match, l’œuvre du Franco-ontarien Benoît Pouliot, originaire d’Alfred. Celui-ci l’a pris en défaut d’un tir du revers qui semblait inoffensif mais qui lui est passé entre les jambières. 

«C’est certainement un but que je voudrais ravoir. Je pense avoir bien couvert la glace, je n’ai aucune idée où la rondelle est passée. Celui-là est de ma faute», a commenté Condon après ce match où il a fait face à 25 lancers.

Kyle Okposo a doublé l’avance des siens 72 secondes plus tard quand il a été laissé seul dans l’enclave, puis Evander Kane a ajouté un troisième but dans cette période médiane fatidique en avantage numérique, avec un bon tir sur réception,

Juste auparavant, l’attaque à cinq des Sénateurs avait raté une bonne chance de revenir dans le match en étant peu menaçante pendant une supériorité numérique de deux hommes, ainsi que sur le cinq contre quatre qui a suivi.

«C’est un de ces matches qui n’était pas bon ou mauvais. On aurait eu besoin de pousser un peu plus, nous avons commis quelques erreurs et ils ont capitalisé sur celles-ci. On a obtenu quelques chances sur l’avantage numérique, mais ça ne nous a pas encouragés à aller de l’avant, a dit le capitaine Erik Karlsson, qui a obtenu une passe sur le but de Brassard. On doit retourner à la maison et figurer ce qui ne va pas. Dans une telle situation, on cherche à trouver des solutions à des choses qu’on n’a pas vécu auparavant, alors qu’on doit retourner à la base, la fondation et la racine de ce qui nous a permis de connaître du succès.»

UN MAIGRE PRIX DE CONSOLATION

Derick Brassard a enfin obtenu son 400e point en carrière, mais il l’aurait volontiers échangé contre les deux points qui accompagnent une victoire.

Le Gatinois n’a pas célébré très fort quand son but à 52 secondes de la fin à réduit l’écart à 3-2, ce qui s’est avéré le pointage final de ce revers des Sénateurs contre les Sabres.

«J’aime bien mieux les victoires que les points», a-t-il soupiré au milieu d’un vestiaire assez désert.

«Il est temps pour nous de retourner à la maison et de se regrouper en jouant devant nos partisans. Je ne sais pas trop quoi dire, dans la LNH, il n’y a pas de matches faciles», a-t-il ajouté, lui qui marquait un premier but en 21 matches, obtenant un premier point en huit parties.

Brassard s’est porté à la défense du gardien Mike Condon pour le premier but où il a été faible, le revers de Benoit Pouliot lui passant entre les jambières. Avant de se rendre, Pouliot est entré allègrement dans la zone des visiteurs, se démarquant de quatre joueurs successivement (Mark Stone, Brassard, Dion Phaneuf et Cody Ceci) pour prendre son tir.

«J’étais en zone neutre avec (Pouliot) et j’avais l’impression qu’il tenait mon bâton. Notre défenseur (Phaneuf) a tenté de le frapper et comme mon bâton traînait en arrière, je n’avais pas rienm pour le “checker”. Aussitôt qu’il l’a lâché, il avait un coup de patin sur moi. Notre autre défenseur (Ceci), je ne sais pas s’il jouait un deux contre un ou quoi. Condon nous avait donné une bonne première période, il nous tenait dans la “game” et ces buts-là vont arriver. Ça prend cinq joueurs sur la patinoire, le gars a passé à travers nous autres, ça ne devrait pas arriver», a dit Brassard au sujet de Pouliot, son ancien compagnon de trio avec les Rangers de New York.

Ce dernier a été un peu surpris de son rendre au filet aussi facilement. «J’ai levé la tête à la dernière seconde et j’ai vu qu’il s’amenait pour me frapper, il m’a surpris un peu mais j’ai réussi à me faufiler et les choses ont bien été après ça», a dit l’attaquant originaire d’Alfred.

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