Le dg des Sénateurs, Bryan Murray.

Le divorce est consommé

On commençait à se faire à l'idée. Bryan Murray nous répétait presque quotidiennement, depuis une semaine, qu'il n'obtiendrait pas la lune en retour de Jason Spezza.
Le directeur général des Sénateurs d'Ottawa a fini par flancher. Un peu moins d'une heure avant l'ouverture de la chasse aux joueurs autonomes, hier matin, il a échangé son capitaine aux Stars de Dallas.
En retour, il a obtenu trois jeunes attaquants - Alex Chiasson, Alex Guptill et Nick Paul - qui ne deviendront pas de grandes vedettes dans la Ligue nationale de hockey.
Il a également arraché à son homologue Jim Nill un choix de deuxième ronde au repêchage de 2015.
Murray avait l'air un peu fatigué, quelques heures plus tard, quand il s'est présenté devant les journalistes pour s'expliquer.
Il a dit qu'il aurait pu échanger le centre vedette de 31 ans à trois équipes différentes en marge du repêchage amateur, la fin de semaine dernière. Pour différentes raisons, les négociations avec toutes ces formations ont avorté.
Il aurait pu se montrer patient et espérer qu'une offre plus généreuse lui soit faite dans les prochains mois.
Il avait frais en mémoire le fiasco que fut la transaction de Dany Heatley en 2009. «Je ne voulais surtout pas revivre un été comme celui-là, déclare-t-il. Je ne voulais pas lire des reportages dans les journaux chaque jour sur le sujet...»
Spezza sort de son mutisme
Le dossier est réglé. C'est au moins ça. Spezza est sorti de sa cachette.
Dans la dernière semaine, l'athlète d'exception avait réussi à se tenir bien loin des caméras. Il n'avait pas répondu aux messages lancés par les rares journalistes qui détenaient ses coordonnées personnelles.
Dans le cadre d'une conférence téléphonique organisée par sa nouvelle formation, il a déclaré qu'il n'avait pas été facile, pour lui, de prendre la décision de quitter l'organisation avec laquelle il a fait ses débuts dans la LNH il y a presque 12 ans.
«Je me suis assis avec Bryan pour discuter à la fin de la saison. La conversation a été très franche. Je lui ai dit ce que je pensais de l'organisation. Je lui ai fait savoir qu'il était préférable, pour moi, d'essayer autre chose. Bryan était du même avis. Il avait l'air de croire que, dans les meilleurs intérêts de l'équipe, il était préférable que je m'en aille.»
«Ça n'a pas été une décision facile à prendre. Vous savez tous à quel point j'aimais vivre à Ottawa. C'est juste que je veux gagner la coupe Stanley d'ici la fin de ma carrière. Je crois qu'un changement d'environnement peut m'aider à atteindre cet objectif.»
Spezza a tenu à répondre à ceux qui ont soutenu qu'il ne pouvait simplement plus continuer à travailler avec l'entraîneur-chef des Sénateurs, Paul MacLean. «Ma relation avec mon entraîneur n'a vraiment rien à voir avec ma décision», insiste-t-il.
Il sera heureux, en revanche, de retrouver au Texas un de ses nouveaux amis. En début d'après-midi, les Stars ont annoncé qu'ils avaient consenti un contrat de trois ans d'une valeur de 12 millions au joueur autonome sans compensation Ales Hemsky.
«C'est vraiment super. Personne ne m'avait prévenu. Je suis vraiment satisfait», s'est exclamé Spezza, visiblement excité.
«Nous avions beaucoup de complicité vers la fin de la dernière saison à Ottawa. Nous avons appris à nous connaître, et ce, très rapidement.»
Spezza et Hemsky affronteront les Sénateurs à deux reprises la saison prochaine: le 13 janvier à Dallas et le 29 janvier au Centre Canadian Tire.