Chris Wilkie a été acquis par les Sénateurs la fin de semaine dernière. Après avoir passé deux ans avec l’Université du Dakota du Nord, Wilkie a décidé de se joindre aux Tigers de Colorado College, mais il a été contraint de faire l’impasse sur la saison 2017-18.

Le chemin le plus long vers la LNH

Le nom de famille vous dit peut-être quelque chose. Chris Wilkie, l’espoir que les Sénateurs ont acquis dans une transaction, la fin de semaine dernière, est issu d’une famille de hockey.

Son père, David, a été le premier choix du Canadien de Montréal, lors du repêchage de 1992.

À l’époque, des journalistes un peu trop enthousiastes s’imaginaient même qu’il ferait partie de la réincarnation du « Big Three » défensif, avec ses coéquipiers Rory Fitzpatrick et Craig Rivet.

Wilkie, le père, a connu une carrière respectable de huit saisons dans les rangs professionnels. Il a joué 167 matches dans la Ligue nationale.

Personne ne commettra l’erreur de mettre trop de pression sur les épaules du fils.

Il n’y a pas de comparaison possible. Chris est attaquant. Un attaquant capable de produire à profusion.

Un attaquant qui a choisi d’emprunter le chemin le plus long pour atteindre ses objectifs.

En 2015, Wilkie a été repêché en sixième ronde par les Panthers de la Floride. Quelques mois plus tard, il se joignait à la grosse équipe de hockey de l’Université du Dakota du Nord.

« J’ai passé deux ans là-bas, raconte-t-il, au bout du fil. J’ai beaucoup aimé le temps passé sur le campus et sur la patinoire... Mais je n’étais pas trop satisfait de mes performances. »

À sa deuxième saison, dans une équipe réunissant Brock Boeser, Tyson Jost et Christian Wolanin, il a marqué un seul but en 30 parties.

« Ça ne fonctionnait pas, commente Wilkie. Ça ne fonctionnait pas pour moi, ni pour eux. J’avais besoin de changer d’air. J’ai décidé d’appuyer sur le bouton de redémarrage. J’ai décidé de me lancer dans un processus de transfert. »

Dans la NCAA, on ne change pas d’équipe aussi facilement que dans la LHJMQ.

Les joueurs qui choisissent de bouger doivent payer un gros prix. Ils doivent passer une saison complète sur les lignes de touche.

Tout, sauf jouer

Wilkie a trouvé, au Colorado, une institution qui était prête à l’accueillir.

Il s’est joint aux Tigers de Colorado College, mais il a été contraint de faire l’impasse sur la saison 2017-18.

« J’étais sur le campus. J’allais à mes cours. Je participais aux entraînements, chaque jour. En réalité, j’avais à peu près la même routine que tous les autres joueurs. Sauf que je ne participais pas aux matches », raconte-t-il.

« Je voyageais avec l’équipe. Je donnais un coup de pouce dans la préparation des vidéos. Les entraîneurs essayaient de m’occuper du mieux qu’ils pouvaient et j’en suis très reconnaissant. Grâce à eux, l’année a passé un peu plus vite. Parce qu’on va se le dire. Quand on s’entraîne chaque jour et qu’on ne joue pas, on peut trouver le temps très long. »

Wilkie ne regrette quand même pas sa décision.

À son retour au jeu, l’an dernier, il a produit à un rythme de — presque — un point par match.

C’est encore mieux, cet automne. La saison est jeune, mais il occupe le premier rang du classement des meilleurs marqueurs des Tigers. Il a marqué trois buts et inscrit six points en quatre rencontres.

Même s’il complétera son stage universitaire à 23 ans et neuf mois, l’ailier ne regrette pas sa décision.

« À ce moment-là, j’avais besoin de me rebâtir une confiance. Je devais aussi travailler à devenir un joueur plus complet. J’ai bien utilisé le temps qui était à ma disposition », de dire celui qui doit maintenant convaincre les Sénateurs de lui offrir un contrat.

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Trois espoirs au cœur des succès de UND

Les choses n’ont pas très bien fonctionné pour Chris Wilkie au Dakota du Nord. On compte quand même trois espoirs des Sénateurs, cette saison, au sein du puissant programme universitaire du midwest.

« Et nous sommes très contents de pouvoir compter sur eux », lance, au bout du fil, l’entraîneur-chef des Fighting Hawks, Brad Berry.

Il est question de Jacob Bernard-Docker, Shane Pinto et Jonny Tychonick.

« Pour les Sénateurs, il s’agit de très bons joueurs de hockey. Pour nous, il s’agit surtout de trois êtres humains de qualité », précise l’entraîneur.

Berry se montre particulièrement généreux quand vient le temps de parler de Pinto, le centre de six pieds et trois pouces que les Sénateurs ont repêché avec la toute première sélection de la deuxième ronde, l’été dernier.

Il ose même le comparer à deux des plus grandes vedettes que son université a vu passer depuis le début des années 2000, soit Jonathan Toews et Zach Parise.

Le coach ne parle pas nécessairement de talent.

Il estime que Pinto démontre autant de sérieux, dans son travail, que les deux autres.

« Il vit pratiquement à l’aréna », s’exclame-t-il.

« Enfin, il doit se rendre à ses cours et il se débrouille bien en salle de classe. Quand il se regarde, dans le miroir, il voit un futur joueur de la Ligue nationale. Et il fait absolument tout pour que ce projet se réalise. Son corps s’est transformé au cours des 12 derniers mois. Il est en train de devenir un homme devant nos yeux. »

Pinto a inscrit cinq points à ses six premières parties dans la NCAA. Les recrues, dans les rangs universitaires, ne connaissent pas toujours autant de succès, aussi rapidement.

« Toews, dans la LNH, on le surnomme Captain Serious. Il a hérité de ce surnom parce qu’il prend tout ce qu’il fait au sérieux. Shane n’a pas la même personnalité. Je fais cette comparaison parce que Toews et Parise n’ont pas joué chez nous très longtemps. Ils ont quand même trouvé une façon de profiter au maximum de ce que nous pouvions leur offrir. »

Les Fighting Hawks évoluent dans un aréna digne de la LNH. Grand Forks, ville d’environ 100 000 habitants, vit au rythme de son équipe de hockey universitaire.

Les Hawks viennent de faire une percée dans le top-15 des meilleures formations aux États-Unis.

Ils auront grand besoin de Bernard-Docker s’ils veulent prendre part au tournoi de fin de saison.

Deuxième joueur repêché en première ronde par les Sénateurs, en 2018, le défenseur droitier produit à un rythme d’un point par match depuis le début de la saison.

« L’an dernier, quand il s’est joint à nous, il sortait tout juste de l’école secondaire. Il a connu un bon départ, mais il a un peu ralenti à l’approche des Fêtes », reconnaît Berry.

« Il a connu un très bon été d’entraînement. On le sent déjà plus confiant. Sa façon de contrôler la rondelle, sa façon de se défendre dans notre territoire... Il a progressé à tous les niveaux. Nous avons perdu quelques joueurs et il en a profité. Nous l’utilisons dans toutes les situations. »