Craig Anderson a toujours de la difficulté à digérer le revers de 3-2 en 2e en prolongation contre Pittsburgh lors du match numéro 7, mais il est reconnaissant d'avoir pu se rendre aussi loin avec ses coéquipiers.

Le cancer de Nicholle Anderson en rémission

Quelques heures avant le septième match des Sénateurs à Pittsburgh jeudi dernier, Craig Anderson a reçu une nouvelle qui a remis en perspective l'élimination éventuelle des siens aux mains des Penguins : le cancer de son épouse Nicholle est en rémission.
« Elle ne voulait pas me le dire en premier. Mais finalement, après une scanographie et un dernier test d'imagerie par résonance magnétique, elle me l'a dit après l'entraînement matinal, a-t-il relaté samedi alors que les joueurs des Sénateurs vidaient leur vestiaire au Centre Canadian Tire. C'était un grand soulagement de savoir qu'elle est libre du cancer. Elle devra cependant continuer à passer des tests à tous les trois mois pour les deux prochaines années, on se croise les doigts que le cancer ne reviendra pas. »
Craig et Nicholle Anderson
Anderson avait appris en octobre dernier que son épouse avait un cancer rare à la gorge, quittant puis rejoignant son équipe pour obtenir un blanchissage émotif à Edmonton. Il a ensuite raté près de deux mois d'activités en décembre et janvier pour être à son chevet pendant ses traitements.
« C'est un gros poids enlevé de nos épaules de savoir que les choses vont dans la bonne direction », a ajouté Anderson, qui est probablement le favori pour remporter le trophée Masterton pour la persévérance et l'esprit d'équipe qui sera remis le mois prochain à Las Vegas.
Plus tard dans la même journée, Nicholle Anderson a publié un message sur son blogue où elle confirmait la bonne nouvelle.
« En avril, ma scanographie a été programmée pour le 24 mai 2017. Qui aurait pensé que mon mari jouerait le septième match de la finale de l'Est en ce jour où j'allais avoir une nouvelle qui serait soit fantastique, ou qui voudrait dire de recommencer la bataille ? C'était énorme au niveau émotionnel. Comment dire au gardien, de toutes les positions, une nouvelle qui est bonne ou mauvaise ? Je ne voulais pas qu'il soit affecté mentalement, et je ne voulais pas que ses coéquipiers soient affectés non plus alors qu'ils vivaient leur rêve de jeunesse. Je n'allais pas être la personne qui briserait leur monde. J'ai partagé la nouvelle avec des proches dans ma famille et Craig, mais je voulais le résultat d'un test d'imagerie à résonance magnétique avant de le dire à tout le monde », a-t-elle raconté.
« Je crois vraiment que le hockey et cette épopée en séries m'ont aidé à travers tout ça. Je ne pourrais pas demander de meilleurs souvenirs », a-t-elle ajouté notamment sur son blogue (stickbynik.com).
Pour ce qui est de la défaite de 3-2 en prolongation contre les Penguins, le cerbère de 36 ans a dit qu'il avait encore de la difficulté à la digérer.
« La réalité commence à prendre le dessus, mais ça fait encore mal, a-t-il indiqué. Nous avons eu une bonne expérience de nous rendre aussi loin, on sait maintenant à quel point il est difficile de se rendre où nous étions. Quand tu n'as jamais été aussi loin... On a déjà participé aux séries, mais pour atteindre la finale d'association, c'est encore plus exigeant. C'est un bon apprentissage et nous allons être plus prêts pour la prochaine fois. Quand tu te réveilles et que tu réalises qu'il ne reste plus que quatre ou trois équipes dans la course (pour la coupe Stanley), tu te comptes chanceux d'être là et tu veux profiter du moment parce que tu ne sais pas quand le moment va prendre fin. »
Anderson a parlé d'une année de « montagnes russes » au niveau des émotions. « J'ai utilisé le hockey et mes coéquipiers pour m'évader pendant trois heures de ce qui se passait dans la vraie vie. Sur la glace, j'étais en paix, je ne m'inquiétais de rien », a-t-il ajouté.
Rien ne bat le petit doigt de Méthot
Le rapport de l'infirmerie des Sénateurs à la fin de leur épopée printanière n'était pas encore complet, mais il était assez long merci.
De sévères entorses aux chevilles pour Mark Borowiecki et Alexandre Burrows, un index gauche fracturé pour Cody Ceci et des microfactures au talon gauche d'Erik Karlsson n'étaient que quelques-uns des « bobos » qui ont affligé certains joueurs.
Il y en a d'autres certainement. Selon nos informations, Derick Brassard a joué la majorité des séries avec une épaule amochée et les prochains jours permettront de déterminer s'il aura besoin d'être opéré à nouveau (il l'a été aux deux épaules quand il était plus jeune, à sa dernière saison junior et sa deuxième saison à Columbus).
Mais pour l'honnêteté dans le dévoilement des blessures, rien ne battait le défenseur Marc Méthot, qui est revenu sur son bout de doigt arraché par un coup de bâton de Sidney Crosby à la fin mars. Il a raté le premier match de la série contre Boston et est revenu par la suite pour être solide, en particulier contre le 87 des Penguins en finale de l'Est. 
« Le bout pendait sur le côté quand j'ai enlevé mon gant, a-t-il relaté, montrant une photo comme preuve à l'appui. Les docteurs ont été tellement bons pour le recoudre. Ils ont sauvé le bout du doigt. Si j'étais allé à l'hôpital et perdu 15 ou 20 minutes, je l'aurais peut-être perdu complètement. On aurait dit qu'il avait été brûlé. »
Méthot a joué en série avec un gant spécialement remodelé, permettant à son auriculaire d'être attaché à son annulaire. Il regagne tranquillement de la sensation et son ongle est en train de repousser, même si le doigt ne sera jamais comme avant.
Crosby lui a envoyé un texto une semaine après l'incident pour dire qu'il aimerait lui parler, mais Méthot n'a pas répondu. Dans la ligne de poignées de mains après le septième match jeudi dernier, ils n'en ont pas parlé. « J'ai dit: "Bonne chance." Il a dit: "Merci" », a-t-il raconté.
Alexandre Burrows, de son côté, ne pouvait cacher sa frustration de ne pas avoir pu jouer les dernières parties de la série contre les Penguins, s'étant blessé lors d'une collision avec Ian Cole lors du troisième match. Il espérait être de retour pour la finale. « C'est très frustrant. En tant que joueur, c'est sûrement la pire chose qui soit. Encourager tes coéquipiers de la salle médicale quand tu as sacrifié tellement pour pouvoir aider l'équipe sur la glace, puis que tu te fais dire que c'est impossible, tu ne pourras pas jouer, c'est dur... Je faisais de la physio pendant tous les matches en me rongeant les ongles », a-t-il indiqué.
Karlsson, meilleur compteur des siens avec deux buts et 16 passes pour 18 points, a confirmé qu'il jouait avec un pied qui était gelé à chaque match. « Je suis content que ce ne fût pas pire que ce l'était, j'ai pu performer au niveau qui était nécessaire pour avoir du succès. Tout le monde composait avec quelque chose, c'est dommage que ce soit arrivé à la fin de l'année, mais ce n'était rien que je ne pouvais pas combattre », a noté le capitaine des Sénateurs, qui devra subir un test d'imagerie à résonnance magnétique cette semaine pour déterminer l'étendue des dommages.
Clarke MacArthur, qui a raté la majorité de la saison en raison d'une sévère commotion cérébrale, devra se prêter au même test lui aussi parce qu'il confiait avoir certains problèmes avec son cou. « Je n'étais pas à mon meilleur, je pense. Je dois prendre une semaine pour penser. J'adore encore ce sport, mais je dois parler aux médecins et voir où je m'en vais, a-t-il dit quand il s'est fait demander s'il entendait être de retour l'an prochain. Je vais jouer si je le peux. »
Borowiecki a révélé de son côté qu'il avait eu deux ligaments et un muscle déchirés à une cheville lors du deuxième match contre Boston. Il serait revenu au jeu en finale lui aussi, si les Sénateurs l'avaient atteinte. « Je suis content que les gars se soient rendus aussi loin, a-t-il noté. Pendant que je réhabilitais ma cheville, j'ai aussi pu travailler le haut de mon corps. J'ai eu une déchirure du labrum d'une épaule en janvier et c'était au point où j'aurais eu besoin d'une opération à la fin de l'année. Mais ça ne sera pas nécessaire finalement. »