Pierre Dorion, Erik Karlsson, Eugene Melnyk et Guy Boucher

Le camp des Sénateurs en 5 questions

Le propriétaire Eugene Melnyk l’a déclaré officiellement dans sa bizarre vidéo de lundi soir, les Sénateurs d’Ottawa sont en reconstruction. Celle-ci débute jeudi avec l’ouverture de leur camp d’entraînement, un camp où de nombreuses questions devraient obtenir des réponses alors que l’organisation, qui s’est enveloppée dans un « code du silence » au cours de l’été après une saison 2017-2018 désastreuse, va enfin recommencer à communiquer avec les médias et les partisans. Alors que le directeur général Pierre Dorion se prépare aujourd’hui à effectuer ses premiers commentaires publics depuis le repêchage de juin à Dallas, lors de rencontres éditoriales prévues en même temps que le tournoi de golf de l’équipe au Royal Ottawa, en voici cinq.

1: Est-ce qu’Erik Karlsson sera là ? Si oui, pour combien de temps ?

Le capitaine et joueur de concession des Sénateurs fait l’objet de rumeurs d’échange depuis le début de l’année 2018 et si elles ont diminué en intensité au cours des dernières semaines, son départ semble inévitable alors que son image n’est plus une des principales affichées sur le Centre Canadian Tire. Il a refusé l’offre de prolongation de contrat de l’équipe et pourrait donc devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet prochain. Le DG Pierre Dorion n’a d’autre choix que de tenter d’obtenir le meilleur retour possible pour le double récipiendaire du trophée Norris, qui est près de son apogée à l’âge de 28 ans. Karlsson, lui, a patiné régulièrement avec ses coéquipiers à Ottawa et a réitéré mardi qu’il donnerait une entrevue jeudi à l’ouverture du camp.

2: Marian Gaborik va-t-il passer son examen médical ?

L’attaquant obtenu des Kings de Los Angeles dans l’échange de Dion Phaneuf a été opéré au dos à la fin de la saison dernière et il n’a pas été vu dans la capitale au cours des derniers jours. Il ne serait pas surprenant que comme Clarke MacArthur l’an dernier (commotion), les médecins de l’équipe ne lui permettent pas de sauter sur la patinoire. Le vétéran de 36 ans verrait alors son nom être placé sur la liste des blessés à long terme et une compagnie d’assurance paierait une bonne partie de son salaire de 4,875 millions $, lui à qui il reste trois ans au contrat. 

3: Qui obtiendra le poste de deuxième centre ?

Acquis à gros prix l’an dernier contre Kyle Turris notamment, Matt Duchene est incontestablement le centre numéro un depuis le départ de Derick Brassard pour Pittsburgh. Qui l’appuiera dans le top-6 est une question brûlante du camp. Jean-Gabriel Pageau l’a fait en fin de saison et il représente une option, même si ses entraîneurs le voient plus comme un troisième centre pour jouer dans les deux sens de la glace. Est-ce que Logan Brown est prêt à faire le saut dans la LNH directement des rangs juniors, lui qui n’a pas connu un gros camp des recrues ? Douteux. Colin White et Filip Chlapik sont d’autres options dans le mouvement jeunesse du club. Le vétéran Zack Smith pourrait aussi retourner au centre en attendant une meilleure option.

4: Brady Tkachuk va-t-il se tailler un poste ?

Le premier choix de l’équipe au dernier repêchage, quatrième au total, s’est vu offrir un numéro (le 7) qui laisse présager qu’il y a un poste pour lui à Ottawa dès cette saison, même s’il a l’option d’aller jouer à Belleville dans la Ligue américaine, ou encore London chez les juniors. Il a bien affiché ses couleurs avec un gros match contre Montréal (deux buts) au tournoi des recrues à Laval vendredi dernier. Pariez un « p’tit 2 $ » qu’il va au moins avoir un essai de neuf matches en début de saison.

5: Quels ajustements Guy Boucher va-t-il apporter ?

Retenu pour la troisième et dernière année de son contrat avec les Sénateurs, l’entraîneur-chef Guy Boucher a déclaré lors du dernier camp de développement qu’il était prêt à incorporer plusieurs jeunes joueurs dans son alignement, parlant même d’en mettre un sur chaque trio. C’est un changement de cap pour celui qui se fiait surtout à ses vétérans à ses deux premières années. Il a aussi passé une partie de l’été à étudier les systèmes des meilleures équipes du circuit « pour être les meilleurs voleurs d’idées », ce qui laisse croire que son système de jeu fera l’objet de modifications en profondeur.