Malheureusement pour les Panthers, Jean-Gabriel Pageau était en grande forme.

Le 44 marque à 4:44

Si les Panthers de la Floride ratent les séries par un petit point, ils pourront blâmer Jean-Gabriel Pageau.

Le centre gatinois des Sénateurs d’Ottawa a fait la différence dans un gain de 3-2 des siens en prolongation jeudi soir au Centre Canadian Tire, envoyant les 15 095 spectateurs, qui étaient assez de bonne humeur pour partir une vague spontanée, à la maison heureux quand il a compté son deuxième but de la rencontre sur un tir de punition.

Drôle de hasard, le numéro 44 a compté à 4:44 de la quatrième période, utilisant la même stratégie que le 9 mars dernier quand il a obtenu un autre tir de punition contre les Flames de Calgary.

Les Panthers ont raté une chance de réduire l’écart qui les sépare des Devils du New Jersey, qui ont récolté un point eux aussi pour un revers en prolongation de 4-3 contre Pittsburgh au même moment. Ils accusent toujours trois points de recul sur le dernier rang donnant accès aux séries éliminatoires.

Jean-Gabriel Pageau a mis fin à une séquence de six revers consécutifs avec son but en prolongation.

« Finalement, une victoire, on va pouvoir sourire, a lancé Pageau après avoir mis fin à une série de six revers de suite des siens. Je n’ai pas demandé de conseils cette fois, j’étais un peu à bout de souffle, donc j’ai juste essayé de le reprendre et c’est la seule feinte que je connais, donc je l’ai utilisée à nouveau... Notre trio a eu de bonnes chances lors des deux derniers matches, l’autre soir c’était (Mike) Hoffman, ce soir c’était moi. Je suis content qu’il y en ait deux qui soient rentrées et qu’on ait remporté le match. Il y a des gens qui disent que ces matches-là ne veulent rien dire pour nous, mais pour nous, au contraire, ils sont très importants, on cherche à s’améliorer et construire notre confiance. »

Pageau avait aussi frappé le poteau en échappée lors de la meilleure chance de compter d’un premier tiers sans but, mais il s’est bien repris en début de deuxième quand il a profité du fait que le gardien James Reimer était un peu mêlé après une couple d’arrêts pour revenir rapidement de derrière le filet et loger le disque dans une cage béante.

Les Panthers ont cependant répliqué avec deux buts en l’espace de 91 secondes quelques instants plus tard. Aaron Ekblad a d’abord compté en s’amenant dans l’enclave pour prendre un tir voilé en avantage numérique. Max McCormick était au cachot pour un bâton élevé à l’endroit de Mackenzie Weegar. ce qui n’aurait pas dû être appelé puisqu’il ne faisait que compléter son mouvement après une tentative de tir ratée.

Le gardien Craig Anderson s’est ensuite fait surprendre par un tir de l’enclave d’Evgeny Dadonov du côté du bloqueur.

Reimer a préservé l’avance des siens jusqu’en fin de période médiane avec de bons arrêts de la mitaine aux dépens de Filip Chlapik et Pageau, mais il n’a rien pu faire quand Magnus Paajarvi a créé l’égalité 2-2 à 16 secondes du début du troisième tiers, redirigeant un tir/passe de Zack Smith. 

Le capitaine Erik Karlsson a obtenu sa 50e passe de la campagne sur ce dernier jeu, atteignant ce plateau pour la cinquième fois de sa carrière, seulement le 14e défenseur à réaliser l’exploit dans l’histoire de la LNH.

Anderson, qui a réalisé 24 arrêts, s’est surtout illustré en prolongation quand il a frustré Mike Matheson de la jambière alors qu’il s’est présenté seul devant lui.

« C’est ça la prolongation, il y a beaucoup de glace. On a bien fait pas mal toute l’année en prolongation à trois contre trois... C’était bien de voir Pageau marquer comme ça, c’était comme les tirs de barrage, mais ça compte comme un but pour lui. C’est drôle, il m’a regardé et j’ai pu lire ses lèvres, il a dit qu’il allait lancer entre les jambières (de Reimer) », a dit Anderson.

Les Sénateurs ont porté leur fiche dans les matches qui vont en prolongation à 10-11.

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KARLSSON JOUE AVEC LE CŒUR GROS

La victoire contre les Panthers va ramener un peu de joie dans le vestiaire des Sénateurs, ce qui ne pourra que faire du bien à Erik Karlsson.

Après le match, le capitaine a livré ses premiers commentaires depuis le décès subit de l’enfant que son épouse Melinda attendait plus tard ce printemps, au début de la semaine dernière. Il était visiblement encore secoué.

« Je suis OK, a-t-il commencé par dire. Ce furent des moments extrêmement difficiles, une situation dans laquelle on ne s’attendait vraiment pas à se retrouver. C’est malheureux et je veux remercier mes coéquipiers pour leur compréhension, tout comme l’organisation et les gens de cette communauté et de la ligue, et d’autres qu’on ne connaît pas pour leur appui et pour nous avoir donné le temps de vivre notre deuil. Ça veut dire beaucoup pour nous quand on y pense, tous ces gens que l’on connaît et d’autres qu’on ne connaît pas qui nous aident à traverser ça. Ça va nous prendre beaucoup de temps pour revenir à la normale, je pense que mon épouse maîtrise la situation mieux qu’on pourrait le penser quand tu ne peux être préparé pour ça. »

Karlsson a ajouté que revenir au jeu lors des trois derniers matches à domicile l’a aidé un peu. « C’est difficile d’être motivé à jouer, mais en même temps, c’est un réconfort de retrouver une routine et penser à autre chose pour un bout de temps. Les gars dans ce vestiaire veulent dire beaucoup pour moi et ils me donnent tout ce dont j’ai besoin à ce moment-ci, ça m’aide beaucoup », a dit Karlsson, qui a l’intention de jouer les deux prochains matches, à Detroit samedi et contre Winnipeg lundi, et il verra ensuite pour le dernier voyage de la saison.