Curtis Lazar aurait bien aimé assister au match à Edmonton, hier soir.

Lazar n'a que le championnat de la LHOuest en tête

Au bout du fil, hier matin, un jeune homme déçu.
Les Sénateurs étaient à Edmonton. Leur plus bel espoir, Curtis Lazar, a passé l'hiver au grand complet à Edmonton. Hier matin, cependant, il n'était pas là. Avec ses coéquipiers des Oil Kings de la LHOuest, il se trouvait quelque part sur la route, dans les Prairies. Il se préparait pour un gros match à Swift Current.
«Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'aurais voulu assister à ce match. J'aurais bien aimé voir les gars», dit-il.
Quand la direction des Sénateurs veut voir son premier choix du dernier repêchage, elle peut se fier aux technologies modernes. Une toute nouvelle vidéo disponible sur Youtube depuis dimanche met en valeur ses belles qualités de joueur d'équipe.
On peut voir le défenseur de six pieds et six pouces Ben Betker frapper dangereusement, par-derrière, un joueur des Oil Kings. Lazar, qui mesure à peine six pieds, n'écoute que son courage. Il lui saute dessus pour le ruer de coups de poing.
Quand on lui parle de cette vidéo, on sent monter chez lui un certain malaise.
«Je crois que depuis le début de ma carrière dans la LHOuest, j'ai écopé d'une pénalité pour avoir été l'instigateur dans les trois quarts de mes combats...»
«Ça signifie que je ne passe pas mon temps à chercher le trouble. Toutefois, quand il est nécessaire de se battre, je ne recule jamais.»
Les statistiques donnent raison à Lazar. Il n'a passé que 26 minutes au banc des pénalités depuis le début de la saison. Il est, en revanche, le deuxième meilleur marqueur de son équipe. Il a disputé hier son 52e match de la saison. Dans les 51 premiers, il a récolté 65 points.
Il présentait surtout un impressionnant différentiel de plus 40.
La LNH dès l'automne?
Avec des statistiques semblables, il y a des gens qui croient - et ils sont de plus en plus nombreux - qu'il évoluera dans la LNH en octobre prochain.
«J'en suis conscient et je trouve ça flatteur. Je réalise que la perception des gens a changé à la suite de mon passage au Championnat mondial junior. La vérité, c'est que je ne pense pas à tout cela. Quand je pense au mondial junior, je garde surtout le souvenir d'un tournoi qui a pris fin sur une fausse note pour Équipe Canada. J'ai une nouvelle chance de remporter un championnat, cette saison, avec les Oil Kings. C'est vraiment la seule chose qui me préoccupe pour l'instant.»
Si les Sénateurs veulent prendre des nouvelles, il n'y a pas que Youtube. Le directeur général associé Randy Lee échange des courriels avec Lazar sur une base hebdomadaire depuis le début de la saison. Un exercice qui serait fort révélateur.
«Nous communiquons avec tous nos espoirs. Nous leur demandons de nous faire part de leurs objectifs, de leurs réussites, de leurs échecs. Pour certains, il s'agit clairement d'un fardeau. Pour d'autres, c'est quelque chose d'important. Curtis appartient clairement à la deuxième catégorie. Je dirais qu'il fait partie des trois espoirs qui ont pris ces échanges le plus au sérieux cette saison», note l'homme de hockey.
«Il a pris le temps de nous envoyer de longs messages durant lesquels il nous décrivait, dans les moindres détails, son expérience au Championnat mondial junior. Curtis n'est pas qu'un joueur de caractère. Il est un jeune homme très mature, bien décidé à devenir un hockeyeur d'exception.»
Sstlaurent@ledroit.com